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jeudi 7 juillet 2022

DU SEPALE A LA TIGE

DU SEPALE A LA TIGE

 

Elle parlait d’amour, d’amitié, d’estime…

Savait de la souffrance atténuer l’éclat ;

Ses yeux perçaient du voile en l’état,

La chétive rayonne, son fluide sublime.

 

Elle disait des mots semblables au babil

De l’enfant pris au rets de la puérilité ;

Son cœur de fille-fleur, avec célérité,

Ecalait du mien l’allégorie habile.

 

Elle donnait au rire de doucereuses feintes,

A sa mutine moue, de folâtres effets…

Sa soif de liberté, en des songes surfaits,

Détissait de la peur les immuables plaintes.

 

J’aimais à sa balèvre aspirer, et sans gêne,

Le liquoreux reflux de ses balbutiements ;

Ivre de conviction, grisé d’abrègement,

Se faisait vestale d’itératives peines.

 

Elle avait survolé de chaque maladresse

Pavant de mon ego la fragile ramure,

Ces fièvres huées d’âpres murmures,

Et qu’élisent les vents confinés de détresse.

 

Elle me ferait l’amour si j’étais de la lie,

L’uval sédiment ennoblissant l’aplomb ;

Hélas ! l’agonie de mes soldats de plomb

A endeuillé la soif de mes riches délits.

 

Aurais-je été l’amant de ses nuits d’encre,

Le galant des quémandes siennes, l’ami

Qui de l’entrisme farde l’adynamie,

Laissant là s’enfoncer l’émerillon d’ancre ?

 

Du sépale à la tige, mes mains frôleraient

L’étrange matière de l’altier tubule,

La soyeuse bouture, la croche de barbule

Caressant de sa peau le satin effloré.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022