LONG RUBAN DE DEFAITES
Le froid de tes hivers est un long parchemin ;
S’y perdent les colères d’enfants désenchantés,
Le cri d’amantes nues revenues enfanter
Des aurores meurtries au nord de ces chemins
Où les hommes s’égarent aux brumes dissolues,
Quand l’ivresse des mâles enchatonne au soir
Les rubis de ces lunes posées en accessoires
Sur la nue amoitie de solstices goulus.
L’angoisse de tes maux voudrait encor éteindre
De mes rêves charnus l’affriolant bedon ;
Tu évinces l’espoir dont tes frêles radons
Incommodent l’aura, et sans jamais l’atteindre.
Si je t’attends à l’aube des saisons fanées,
Au jour naissant de songes amputés
Et qu’isolent les vagues permutées,
C’est que l’aplomb piège nos profils tannés.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
