Aux folles frasques vénitiennes,
N’ai vu le faste de cérémonies…
M'en dois-je faire ?... j’épie
des persiennes,
La Dame voulant faire siennes,
Les saphiques, ces tribades amies.
Dussions-nous être vilipendés des traîtres !
Faudra du cran pour atteindre le col
Des minaudières ; voir le reître
Au sautoir leur servant de licol ;
Ce camé au drapé dont vous,
Vous seule sublimez prestance,
Sans convoitises… s’y dévoue,
L’impudent ivre de manigances ;
Prétend vous connaître… n’en croyez rien !
Ce laudateur, de votre or s’entiche…
De ce beau cœur défait de liens,
Se peut lier sans doute l’âme riche
De l’amant que le sommeil fuit,
Sans ovins franchissant clôture
Entrouverte pour vous, enfouie
Sous les draps, si l’angoisse torture
Peu à peu le bel aventurier
Dénouant dentelles, pinçant du corset,
L’armure, puis… en turbellarié,
Se vêt de songes trop corsés.
Mon parangon, faites-moi ménestrel
De bohème ; j’y chanterai l’amour !
Très chère, j’ai l’instinct du pétrel,
Ce vautour aux plumage lourd...
Des vallons, aux lacs intarissables
Embrumés de frimas, j'efface les traces
Accrochées aux buttes amodiables,
Sur les ruclons au remugle tenace.
Mon cœur, pour vous plaire,
Usurpe des contraintes, l’impair.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
