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dimanche 15 mai 2022

SÉDUCTEURS EMERITES

SÉDUCTEURS EMERITES


Autrefois les amants allumaient des désirs

Au cœur des rosières, de naïves soubrettes :

Mazettes coincées muées là en nymphettes

Au pied du nanti assoiffé de plaisirs…


Autrefois les fiers céladons flattaient

Des donzelles, le galbe prometteur ;

Roulant carrosse en séducteurs,

Dévirginaient le tendron, le hantaient.


Autrefois les galants de libertines cours,

Les damoiseaux poudrés de l’ombre

Faisaient aux suivantes la cour,

Promettant des richesses sans nombre.


Autrefois les poètes hissaient au pinacle

Les jeunes péronnelles, les couchant

Sur la page où dorment tant d’oracles,

Tant d’augures nous effarouchant.


*

Céans, les piètres lovelaces sombrent

En estaminet, grisés de roublardises,

Enivrés de cautèles plus sombres,

De froides manigances, de ringardises.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

samedi 14 mai 2022

HETEROCLITES SOUHAITS



HETEROCLITES SOUHAITS


Mon enfance a couru avant de s’envoler

Loin des terres herbues où dorment

Les soleils empourprés de vermeil


Ma jeunesse a dormi avant d’être volée

D’aggiornamento, d’inutiles réformes

Peuplant peu à peu le fragile sommeil.


Je l’entends murmurer au creuset de l’oubli,

De mielleuses complaintes, et qu’attisent

Les vents dont les frasques publient

De piètres vésanies proches de la hantise.


Mon enfance a griffé de ses rêves lointains

L’onirique substance, avant de s’écailler

Au miroir de ces ans dont le tain

Agrémente l'arceau de généreux matins.


A son dernier repos, triste, je l’ai posée 

Au marbre glacé de fantasmes éteints ;

A ses pieds, me suis seul reposé,

Pour voir du temps les désirs incertains.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

jeudi 12 mai 2022

COUCHES DANS L’OXALIDE


COUCHES DANS L’OXALIDE

 

Les premiers frissons accusent dépendance

Quand nos corps chavirent de la retenue ;

L’on sent peu à peu à même la peau nue,

Emerger le désir que pulpe la mordance

 

De profils sous étoupe pubienne,

Et qui de la jouissance renfloue l’ardeur

Calmement égrenée, que boude la pudeur

Refoulée de larmes alluviennes…

 

La chaleur de son cou emprisonne ma lèvre,

Et je sens se roidir mon souffle mis à mal

Par d’autres crispations, et qui de l’animal

Attisent le mépris d’inquisitives fièvres.

 

J’ai de malsains besoins, d’impudiques feux ;

Il semble que la peur enfante des affronts,

Puis clampe de la chair le néphron

Dont mon nerf agrémente l’enfeu.

 

Couchés pour voir éclore de la liberté,

Sans s’en faire jamais… sans biaiser,

La caloricité, et pour la déniaiser,

La pensée dont l’âme a héritée.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mercredi 11 mai 2022

NOIRCEUR


NOIRCEUR

Aux nuits de cendre, de poussiéreux matins,

Avions jadis semé de ductiles mensonges,

Des impostures, et que la crainte ronge ;

En d’oblongs gages, sous d’offensants satins,

 

Donnions à l’archiptère des ailes de géant,

Quand l’espace dévie de l’ouateuse nue,

Admonestant l’angoisse, tous les rêves ténus

Posés à la rambarde du chagrin béant.

 

Aux heures décalées de piètres souvenirs,

Minutes flambées du passé anémique,

Rivions au corset de dolentes mimiques,

Les sourires figés de la moue à bannir,

 

Pour écouter la vie en un long trémolo,

Anonner du présent les râles subjacents,

Pour ouïr la mort, ce spectre indécent

Hululer aux aurores, en un souffle pâlot.

 *

Quand l’aube balaiera des souhaits déchus

L’archaïque parvis, verrons la nébuleuse

Intrôner de facto aux secondes crayeuses

L’audace du culpa, le cran du moi fourchu.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mardi 10 mai 2022

ÎLE ET AILES


ÎLE ET AILES

 

Démembré sur l’asphalte de mes quinze ans,

Je fuyais des nuisibles offrandes le don

Fait aux icônes qui en automédon,

Guident Néoptolème, cet autosuffisant,

 

Jusques aux gémonies où la gloire confisque

A l’âme pénétrée de vains atermoiements,

De formelles attentes sans linéaments,

Au soir fractionné d’illusoires trochisques.

 

Le souffle de mon île balayait de l’ennui,

Pour s'en mieux surprendre… parfois,

Tutélaire sorgue bercée de grands froids,

Rude assombrissement d’éphémères nuits.

 

Je voyais s’écailler des matins à venir,

Avant d’en sublimer l’artificieuse aura,

L’altérable rosée boudée du drosera,

Le farouche aiguail… et sans y parvenir.

 

En de riches quémandes, j’illusionnais

Et mon cœur, et ma soif éphébiques,

Egrugeant de mes ailes la voilure torique :

Fadasses effluences de l’affect ruiné.

 

Ai tant rêvé d’atteindre l’inaccessible faîte

De l’enfance piégée d’utopies contadines…

Ma fragile musarde fuit des citadines

L’enjôleuse moue écalée de défaites.

 

Solitairement, prisonnier de fantasmes,

Me suis laissé dupé de songes corrompus,

De flottantes chimères… hélas, n’ai pu

En baguer les disgracieux spasmes !

 

Sans île, et sans ailes_ refoulé sur la rade

D’insolvables amours, ai fini par sombrer

En vieil amant déchu, et par trop encombré

De fugaces désirs semble-t-il… décigrades.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mardi 3 mai 2022

SENESCENTS APHORISMES

SENESCENTS APHORISMES

 

Cachées entre les lignes, emmurées volontaires,

Mes pensées semblent liquéfiées… elles bordent

De chaque perspective que peu à peu décordent

La raison et l’espoir bridant l’imaginaire,

L’orgueil du glossateur, sa fougue d’avenaire

Ignorée de la gent bornant miséricorde…

 

De mes quinze ans fragiles, à la translation

Dont ma peau alimente le parallélisme,

Me purge des matins liés aux aphorismes :

Tenaces manigances, opiniâtres fusions.

 

Les doutes pénétrés de lourdes arguties,

Les folles controverses lestées de défiance

Calquent du savoir, en d’autres alliances,

La réelle valeur dont l’imbu se soucie.

 

Quel fol me précipite du haut de cet orgueil

Dont l’idoine abecque du lore de son rostre,

La saillante lèvre dressée en conirostre

Pour encor ânonner, empaumée à ce treuil !

 

Sans montre d’outrecuidance, je dénoue

Du vocable emprunté à mes pairs,

Joviale constance… est-ce à dire qu’on s’y perd

Quand l’emphase admoneste du joug

Rehaussant du sabir le subtil rajout,

L’inutile emprise, l’impossible repaire !

 

Au faîte de mots vrais, et avec assurance,

Plissant de l’invective le pompeux verbiage,

Je rassure, quand tonne le charriage,

L’ouïe en son éveil… si la crainte dérange.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

AU RYTHME DE L’ESPECE

AU RYTHME DE L’ESPECE

 

L’oiseau s’est envolé aux ombres qui s’effacent ;

Il a quitté du nid la duveteuse assise ;

Il n’est pour qui, en ces heures précises,

N’a vu de ses rémiges, la douceur qui l’enchâsse,

Aucune vision aux ides quand trépassent

Les ultimes plombées sur l’onde insoumise….

 

L’oiseau s’est envolé afin de disparaître

Entre les froids blizzards et la nue infidèle

Et qu’égrènent les vents piégeant l’asphodèle,

Les tempêtes butées neutralisées du reître.

 

Le soleil enclin aux tendres grâces éveille

Du miroir de l’étrange nature, l’écho

De ce reflet blessé de clichés afocaux

Où l’oiseau bleu lacère l’azurage vermeil.

 

Il n’est en cet ouvrage mollement poudré

D’indociles crachins nulle métamorphose

Roidissant du flou l’aura d’anamorphose

Aux lunes rapiécées chues au soir de l’adret.

 

Au rythme de l’espèce, il s’en vient quérir

Aux frimes d’abondance, avant reviviscence,

Conciliabules et menues confidences

Sous la toile froissée de bises à mûrir.

 

L’oiseau bleu en y posant parfois des ires

Eclatées, de cruelles bourrasques,

S’évertue à l’aube d’envies fantasques,

A ramener au souffle d’ondes apyres

D’immuables collyres retenus de la vasque.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022