SÉDUCTEURS EMERITES
Autrefois les amants allumaient des désirs
Au cœur des rosières, de naïves soubrettes :
Mazettes coincées muées là en nymphettes
Au pied du nanti assoiffé de plaisirs…
Autrefois les fiers céladons flattaient
Des donzelles, le galbe prometteur ;
Roulant carrosse en séducteurs,
Dévirginaient le tendron, le hantaient.
Autrefois les galants de libertines cours,
Les damoiseaux poudrés de l’ombre
Faisaient aux suivantes la cour,
Promettant des richesses sans nombre.
Autrefois les poètes hissaient au pinacle
Les jeunes péronnelles, les couchant
Sur la page où dorment tant d’oracles,
Tant d’augures nous effarouchant.
*
Céans, les piètres lovelaces sombrent
En estaminet, grisés de roublardises,
Enivrés de cautèles plus sombres,
De froides manigances, de ringardises.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
.jpg)





