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mercredi 14 juillet 2021

A JOUTES QUE VEUX-TU

A JOUTES QUE VEUX-TU

 

Serait-il de bon ton de couvrir de lauriers

L’enfant réceptif au savoir de ces pairs                        

Qui, arborant la palme, sans repaires,

Confessent encor, sans se l’approprier,

 

La tare de ce monde: ce cosmos éventé ?

Connaître sans savoir, est aberration

Pour qui vit sous la condamnation

Du Juge Eternel : Dieu Unique ; Le tenter

 

Est offense d'esprits éculés : blasphème

Nimbant le sectaire de laudes, ce rat

Pris en l’égout d’apocryphes, dont l’aura

Encense le sermon enchâssé d’anathèmes.

 

Doit-on couvrir de gloire le ménechme ravi

De faire accueil à Plaute ; ce clone de façade

Dont le gesticulaire et la carnation fade

Pommadent l’intellect empruntant ses parvis ?

 

Engraissé de sophisme, d’illusoires doublons,

Le rhéteur prend ses marques en-deçà du réel ;

S’étoffe de principes, de dogmes artificiels

Posés à même toile, en pigments de chablon.

 

Le fat se laisse traire, sans irascibilité ;

Ses mamelles dégorgent d’aberrations,

Ses pis giclent de la badauderie: ultime ration

Dont se délecte, sans mal, l’inexpérimenté.

 

A joutes que veux-tu, les sages du tiers-état

Attisent les brandons de l’autosuffisance,

Les rogatons de vieilles médisances

Drainées en la faconde que jadis abrita

La verve de Socrate, dont plus tard hérita

Lamproclès, cet idiot imbu d’antécédence.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 13 juillet 2021

FATALEMENT…

                                              FATALEMENT…                       

 

Ils se peut que les ombres traversent nos soleils,

Que les rêves maculent nos farouches sommeils ;

Il y aura des larmes en nos matins vermeils,

Quand bruineront les pleurs de l’aube en son éveil.

 

Il se peut que, troublés de tant d’absences

Sous le parhélie, nos cœurs fusionnent enfin,

Pour se mieux convenir, en apaisant la faim

Dont les jeunes amants accusent tolérance.

 

Il se peut que l’ivresse décélère nos songes,

La hardiesse pénètre les remords qui rongent,

Et que l’esprit défait, le malheur nous plonge

Au ventre du chaos qui en l’âme, s’allonge.

 

Il se peut que l’enfance revienne cogner

Aux portes de l’inanité, quand l’espoir s’effile,

Que les besoins vidés ne soient plus que marfil

Sans souplesse, ni baume pour soigner.

 

Il se peut que le temps admoneste au soir

Les noceurs fatigués de ces jours illusoires

Où le plaisir dépote les envies dérisoires :

D’aucuns diront_ bien sûr !... Cela est accessoire.

 

Claquemurés de vices, de luxure, les hommes

Ont éconduit la morale princière, les clausules

Dignes d’approbations, posées en abacules

Au tertre d’un futur dont ne peut jouir Rome.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 12 juillet 2021

ETRANGER

ETRANGER

 

Etranger sur la terre d’hommes

Sans foi, ni loi, qui consomment

Du mal l’insipide nanan, le fiel

Du péché, la chair artificielle ;

Regarde, et vois ces billes bleues

Tournoyer en l’azur dont le feu

Agrémente des rais sourds du soleil,

L’étrange calorifère ;il sommeille

L'été, sur la peau du cosmos,

Se repose au creux d’horribles bosses !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

EN L’EVEIL DE L’AMOUR

EN L’EVEIL DE L’AMOUR

 

J’ai su qu’elle m’aimait au renouveau d’avril,

Quand bourgeonnent les cœurs d’énamourés

Suspendus au filin de songes épurés

De la brume de nuits abhorrées du fébrile.

 

J’ai compris ses silences au matin renaissant

Sous la belle charmille obombrant Bagatelle ;

La fraîcheur des flots tombant en cascadelle,

Tempérait de l'allée, le souffle évanescent.

 

Mutines en ces aires dupées de complaisance,

Ces fossettes en l’agrément du rire, animaient

De la rose balèvre prête à me désarmer,

Les sauvages plissures ; là, sans condescendance,

 

S’approchant de ma soif, abreuvait, candide,

De généreuse lippe, quelque gouteux baiser

Dont seules, ont secret, les nymphes apaisées :

Capricieuses naïades, volages cariatides.

 

Epuisée de soupirs éthérés, elle posait

Sa tête sur mon épaule ; la douceur de sa peau

Faisait en l’air serein, frémir tel un carpeau,

D’agréables volutes empreintes de rosée…

 

J’aurais voulu saisir ces heures inexplorées

De l’âme par trop rétive, écluser des minutes,

Les profanes secondes, et qui souvent chahutent

A l’horloge des larmes s’y laissant murer.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

dimanche 11 juillet 2021

COMPLAINTE AMOUREUSE Alphonse Allais

COMPLAINTE AMOUREUSE

Alphonse Allais

 

Oui, dès l’instant que je vous vis,
Beauté féroce, vous me plûtes ;
De l’amour qu’en vos yeux je pris,
Sur-le-champ vous vous aperçûtes ;
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
Combien de soupirs je rendis !
De quelle cruauté vous fûtes !
Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les vœux que je vous offris !
En vain je priai, je gémis :
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis.
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes,
Et je ne sais comment vous pûtes
De sang-froid voir ce que j’y mis.
Ah! fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu’ingénument je vous le disse,
Qu’avec orgueil vous vous tussiez !
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me désespérassiez,
Et qu’en vain je m’opiniâtrasse,
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m’assassinassiez !

Alphonse Allais (1854-1905)

DOUX PARFUMS DE L’EVEIL

DOUX PARFUMS DE L’EVEIL

 

Les fleurs troublent de leur fragrance,

Revers écorchés et flaccides pulsions

Dont la métamorphose singée d'illusions

Amplifie du captieux l'ivresse des sens.

 

Des fleurs teintées, sans étamine :minces

Cicatricules d'anthères, de stigmates,

D'entailles, émane, quand elles éclatent,

L'exhalaison dont se grisent les princes.

 

Sous l'emprise du cœur écorché de silences,

Naissent d'incandescentes spires estivales :

Pépites nues aux riches chrysocales :

Trompeuse théurgie de métaux d'alliance.

 

Aux fleurs, les pouvoirs ! faîtes du pollen,

Aux temps à venir, nimbe de fécondité !…

Les soubrettes au cœur du bel été,

Se laissent séduire en des drapés de reine.


L'amant revêche dont l'amour atrophie

Le plaisir, l'audace, verra en ces rondes

Plein d'espoir en la sphère rubiconde,

S'accentuer le trouble de la dysmorphie


Réajustement auquel la chasteté aspire ;

Égrenant du chapelet des tares,

Les farragos coincés sous l'avatar

D'un nasigère qui ne jamais inspire.


Que faites-vous des fleurs de bohème ?

Celles dont aucuns prétendent encor

Dans leur rimaille de sinistres accords : _

Elles ont de leur nard, en l'aurore blême,

 

Piégé le prétendant aux excuses figées

Dont la rosière penchée à sa fenêtre,

Écale à escient, le fol aplomb du reître,

Ce Ménechme mortifié, par trop affligé

 

A l'idée de cueillir en l'aube souveraine,

Un bouquet de promesses, de gages,

Dont la pucelle jouit, accusant présage

Du bellâtre coincé en sa piètre dégaine.


Mes fleurs ont encor fuient à l'aube,

Les pollicitations, le roide béotisme ;

Se laissant effeuiller sans atavisme,

De doigts qui sans mal les enrobent.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021


LABORIEUX EMISSAIRES

LABORIEUX EMISSAIRES

 

Vous peinez aux champs, ouvriers du malheur ;

La mort s’en vient lisser vos pensées acrobates,

Et qui du séculier, en prestes dendrobates,

S’affranchissent des lois de prestes babeleurs.


Vos rêves écornés font la nique au réel : 

Ebats que l'onirisme atèle aux légendes,

Absurdes clichés... aux strates de salbande,

Aux journées dentelées de spires irisées.


Vous suez sous l’orage, puis frissonnez aux rais

Posés sur la barlongue de trop riches demeures ;

En de sombres contrastes affolant vos humeurs,

Votre désir de vivre s’étiole… puis, disparaît ;

 

Il n’est d’autres victoires en ces cessibles mues,

Que le juste paraître… pourvu, qu’en patenôtre,

De riches peccavi, puisiez loin de l’épeautre,

A La Divine Source… l’âme, le cœur, émus.

 

Aux heures plombées de craintes, méfiances,

Pusillanimes dupés d'ordalies amorales,

Longez les couloirs où s’enrayent les râles

De ceux qui, après vous, supputent la bombance.

 

Ma cruche est eau, mon panier n’est que pain,

Mais confiant aux Promesses reçues du Père :

Le Dieu d’Israël, je partage pitance, sans plaire

Aux mécréants larvés d’adages supins…

 

Ma paillasse accuse_ je le concède céans _

Mille et une carences… tant pis ! elle sera vôtre,

N’étant en de nobles pensées, nul autre,

Que condisciple du Seigneur Tout-Puissant :

Christ, mon Sauveur qui a versé Son sang

A La Croix du Calvaire où je me veux apôtre.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021