Simulacre
A la tour du péché… s'y consument les cierges
Irradiant les prétentieuses vierges
Au teint glauque mouché d'étincelles.
Le syncrétisme tourne sans s'arrêter ;
Le froment y blanchit les vieux missels gris,
Au cérémonial d'ouailles baguées de mépris,
Quand souffle la curie richement apprêtée.
Le prêtre drapé d'une chasuble, avance,
Goupillon en main, suivi d'enfants de chœur,
Pose de l'autre main, ciboire sur le cœur,
Tel le reître égaré, sans défense.
C'est la gigue princière d'enragés !
Chacun pousse, de l'oratorio insane,
Contre-ut que l'adepte, s'il ricane,
Voit fondre aux laudes encagés.
Simulacre à deux sous de l'enfer…
La béguine asservie attise la bougie,
Pleure d'être _ en ces riches orgies,
Chaisière coincée ; voudrait tant se défaire
Du vil instinct piégeant la vestale
Trop souvent animée de licencieux désirs
Toujours prêts à éclore, avant que de moisir
Sous la chair conspuée de Tantale.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021







