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vendredi 9 avril 2021

NON LUDERE* Il ne faut pas jouer

 

NON LUDERE*

Il ne faut pas jouer

 

Ne pas jouer, quand l’amour admoneste

Les amants pris au piège du désir,

Les concubins de l’ombre, adeptes du plaisir

Consommé d’adultères, en des sites agrestes !

 

Ne pas se laisser prendre au filet du vice,

Quand les fièvres enserrent les coupables

Séduits de stupre, de débauches palpables,

De dépravation dentelée de caprices !

 

Il est de froids soleils, comme de lunes blêmes,

De fantaisistes rais, et qu’affolent les vents

Agressant l’inscient du damné survivant ;

 

En pécheur séduit de farandoles, sème

Au noir de l’esprit, et la nuit, et le jour, inique,

Le mépris et la honte enjôlant les cyniques.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 8 avril 2021

SEDUCTOR ILLE STRAITJACKET* Carcan de séducteur

 

SEDUCTOR ILLE

STRAITJACKET*

Carcan de séducteur

 

Qui est cet arrogant qui piétine mes fleurs,

Ce silène pansu de petite noblesse ?

Sera-ce en ce désordre que la colère blesse,

Que fuseront les larmes de la peur ?

 

Je m’étais fait à l’idée, qu’au soir

Où se lamentent les marquises poudrées,

Les belles, d’absinthe, de liqueur, enivrées,

L’homme se délie de ses vains accessoires,

 

Pour, au deuil de la riche bombance, repenti,

Faire sans ronds de jambe, génuflexe coulpe…

Hélas ! l’homme, cet animal, ce vieux poulpe,

S’accroche, en orgueilleux, en sombre abruti,

 

A l’orgueil du cosignataire parafant mainmise :

Titre placé en gloriole en l’intellect floué,

Edit de convenance que l’affect vient louer,

Avant que de se lier aux folles entremises.

 


Qui donc est ce félon paradant à confesse,

Ce renard affairé, sans pitance, ni gite ?

Ce ramenard rusé, qui en l’aube, s’agite,

Pour de son trouble, feindre maladresse ?

 

Il longe de ma ville, en preste chevau-léger,

Les friables murets où s’isolent aux froids

De sombres créatures éjectées du beffroi,

Aux lueurs pénétrant le dôme ennuagé.

 

Dilettantes, en ces vagabondages, mes pensées

S’harmonisent, pour enclore des mots,

Sans réticence aucune, surely dolcissimo,

La concision du langage que l’on dit insensé.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 7 avril 2021

QUAE OBLITUS* L’oubli de tout

 

QUAE OBLITUS*

L’oubli de tout

 

Ne plus se souvenir des dimanches roses,

Des vacances fleuries d’Isola Madre ;

Ne plus s’accrocher aux parois de l’adret,

Quand l’escale semble être: inutile pause.

 

Se cacher d'amants de la lande bohème,

Rosières blessées du couvent de Müstair ;

Nier du conciliabule, et sans vraiment le taire,

L’aveu qui du désir, empaume l’anathème.

 

Ne plus se laisser vaincre des rêves d’hier,

D’obtuses confessions de tristes repentis,

Qui de la thébaïde, sous le frêle appentis,

Se viennent purger d’étreintes ancillaires.

 

Oublier les mensonges du clergé romain,

L’apocryphe de niables encycliques,

D’épistoles tracées de nonces chimériques

Envoûtés de prélats à la toge carmin.

 

Pour ne garder de soi, ce que d’autres ignorent,

Il se faut prémunir des sages ordalies, ces édits

De grincheux podestats, dont l’action contredit

L’éphémère décence que l’arrogance honore.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

IRRADIATIO* Irradiation

 

IRRADIATIO*

Irradiation

 

Il fait déjà soleil sur les plaines d’avril ;

Le laboureur s’empresse d’écobuer

Les terres endormies, à deux lieues du bouvril

Où paissent les génisses, en l’azur embué.

 

Il fait déjà matin, au nord de Carcassonne ;

Sur les remparts romains, le fief médiéval ;

Vaquent les vents ; en l’aube, ils frissonnent,

S’épanouissent au soir, en ce gracieux val.

 

De diaphanes rais auréolent la nue, nimbent

La lame soulevée des marées, s’ajustent encor

Aux flots bleus en cacarde, comme au limbe

D’exosphère empuantie du relent de mucors.

 

Il fait jour aux plages talées de promeneurs,

Aux hautes criques surplombant Etretat ;

Les pierreuses bosses entravent le flâneur

Musardant sur la berge, d’où l’onde s’apprêta.

 

Il fait chaud sur la dune de Cerro Blanco,

Au centre de Badain Jaran, au désert de Gobi,

Quand les astres étoilent le Pila, en l’écho

Souffleté de tempêtes déportées de Serbie.

 

Alors… il fait silence aux portes d’Almina,

Au Ras de Nouadhibou, l’estuaire de Cochin…

Reverdissent les sentes, où hier chemina

Mélusine, l’étrange bravant mille crachins.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 6 avril 2021

AD APICEM TUI SUPERBAS* Au faîte de ta superbe

 

AD APICEM TUI SUPERBAS*

Au faîte de ta superbe

 

Laisse-moi te chausser d’un satin de trotte,

Poser à ton pied un soulier de reine !

Je veux te voir en l’aube, éthérée, souveraine,

Avancer aux reflets de spires d’actinotes…

 

Sur ta peau caressée des bises du matin,

Les nuances pénètrent la soie de tes longs cils

Balayant des cristaux, les miasmes indociles,

Epandus au porphyre de clignements mutins.

 

L’ivresse du confort de ma pépie frondeuse

Décélère des soifs crispées, hésitantes,

L’aboulie cognitive, la gêne balbutiante,

Dont j’honore, malgré moi la tutelle boudeuse.

 

Laisse-moi musarder au nord de ta vacance,

M’abreuver à la source de tes sentiments ;

Il me faut des déserts, enfreindre hardiment,

L’affligeante anhydrie, sans poser indulgence

 

Aux silences butés de vierges mélancolies,

Au mal processionnel de ces coulpes d’ascèse

Formolées de rites d’offertoires, n’en déplaise

Aux amantes froissées d’éphémères folies !

 

Aimerais, à ton cou, faire rouler des mues

Dizygotes, mais si proches… de précieuses

Perles aux translucides couvées, lieuses,

En ces erres pentues, ces libertés promues.

 

Sur le cuir de ton ventre cuivré, les replis

De la chair ceinte de cicatricules, gondolent

De tes quêtes, que les fièvres racolent,

Entretissant les rus, et qui s’y multiplient.

 

Pris au rets de cet ardent vertige, j’assume

Le délire contrefaisant du marasme premier,

Le vexant embarras… dois-je, coutumier

De binz, m’assujettir aux fielleuses coutumes

 

Dont l’idéal poudré de convenances, taille

Des coussinets au charme présupposé

D’énamourés isolés de l’espoir ?... Indisposés,

Peut-être, quand le doute et la foi bataillent,

 

Et qu’il faille, au moindre des peccavi, plier

Genoux, avant de s’amortir de craintes,

D’appréhension… ou de nuisibles plaintes

Bruinées sur la doublure du frêle palier

 

Foulé, voire refoulé du galant pincé de joutes

Sans sarcasme, ni gouaille ; en klephte libre

De dérober à la belle, sans la jamais poursuivre,

Le trésor palatin des vestales : charges dissoutes

 

De l’Ephésienne, quand l’amour illusionne

La serve rompue de mécaniques messes,

La camérière que l’onanisme agresse,

Au soir où le plaisir, malgré soi, contorsionne.

 

J’aimerais vaincre ces affres tissulaires,

Ces dermiques bâtis, prendre entre ses cuisses,

Le chenal du possible, glisser des interstices,

De ses brefs geignements, qu’accélèrent

Les brettes de l’accouplement, en l’obère

Du désastre affuté de regrets, s’ils régissent

Du vagabondage, la pérégrination : solitaire

Entreprise où le songe manœuvre, pour taire

Du tumulte de l’entrelacs, piégé des canisses,

Le souffle ahanant de vaillantes prémices.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 5 avril 2021

…IBIS EST* Il y a…

 

IBIS EST*

Il y a

 

Il y a des matins sans saveur, nuits blanches

Du sommeil coulant en avalanche ;

Des soleils rouges, de blafardes lunes,

Etés, hivers, au creux même des dunes...

Il y a des garçons sous les jupes des filles,

Evidemment… des femmes en résilles,

Et qu’engluent d’impostures, les mâles séducteurs ;

Il est des sous-hommes pétris de mots menteurs,

Larvaires profils... en reptation, se lovent

En l'ombre ; y œuvre le magnanime, l’alcôve

D'où naissent du conciliabule, l'offense

D'aveux sans agréments ; le sage les condense.

Et puis… il y a nous : deux cœurs en dérive…

Saurons-nous de quoi la vie nous prive ?

Qu’y pouvons-nous !...  Troublés de tant d’absences,

Nos désirs en bafouent les moindres attirances.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

 

SUPERIORE*… Plus haut…

 

SUPERIORE*…

Plus haut…

 

 

Éloigné du cosmos des hommes,

De leurs raccourcis, longeant sentier,

Je m’envole, puis, me donne entier,

Dévoilant céans, l’utopie de Rome,

 

J’écoute des prophètes, L’Oracle:

Célestes Promesses, en l’écho

Ignoré de sombres cléricaux

Conduisant l'âme en la débâcle.

 

N’est point d’océans perdus,

Qu'on puisse, malgré l’étendue,

Traverser aux tempêtes…

 

D'abnégation, naissent des fêtes,

Le cœur empli d’amour, l’esprit

S'il damne du gnostique, mépris.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021 (modifié)