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vendredi 19 mars 2021

SOMBRES DEROUTES

 

SOMBRES DEROUTES

 

Sombres déroutes qui acculez l'étrange,

Pour le faire en ces temps consomptibles,

Renier de l'humain que vos rites dérangent,

La pensée novatrice, prenez encor pour cible,

L'innocent sous la toise; se peut-il que cessible,

Soit votre argumentaire, s'il vous crible

De vindictes accorées aux palpables mélanges,

D'admonestations, de subtiles louanges!

 

Sombres rétrocessions, qui rendez à César

Ce qui lui appartient, méprisant Le Seigneur

Dont la nue-propriété, sans possible hasard,

Éveille convoitise en l'âme du grogneur,

 

Promettez au plus faible, avant que de lier,

Ascétique purgatoire pour vomir ce passé

Auquel l'aviez_ hypocrite!_ au lourd pilier

Du catéchuménat, harnaché… oppressé,

 

Vous a suivi sans craindre d'en pâtir, hélas!

Sans douter du mésaise qui plus tard,

Le broierait corps et âme, quand l'audace

Civilise le faible, sans mal, anoblit le bâtard…

 

Sombres déroutes, défaites de monarques

Au col privé d'ajour, voyez poindre l'aurore

Aux champs piétinés de serves de la Parque!

Le vin de la colère fermente en l'amphore

Du péché dont le fat se croit toujours plus fort

Quand le sage implore possible renfort;

Ici, le réceptif cosmétique l'effort…

L'escamoteur, lui, n'osera bander l'arc

Pour ne point de l'archère, forer le contrefort;

Est-ce ainsi que le malheur emparque?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 18 mars 2021

FLOSCULUS* Petite fleur

 

FLOSCULUS*

Petite fleur

 

Petite fleur de mai, étoile mon jardin ;

Parfume-le, d'un nard appréciable !

En l’aube sertie de pyropes almandins,

Vois, fleur de ma jeunesse, à l’agréable,

Se lier l’utile, à l’heure où sur le sable,

Vaquent les naïades pistées du citadin !

 

Petite fleur, échauffe mes silences !

Donne ton à ma musarde, au matin

Point de l’azur en feu, au flot adamantin

De rosée déliée de vents chauds, en partance !

 

Aux printaniers cycles parfumés

De fragrances, j’ouvrais mon cœur,

En l’ouate de rires me voulant consumer,

Au duvet de regards allégés de rancœur,

 

Bercés de musiques, de phonies...

Les rétives amours, ces damoiselles,

Éclosent en l'espace figé sous atonie

De peurs circonstanciées, aux ailes

Déparées… aux moindres étincelles

De l'âme aux riches symphonies.

 

Fleur bleue du bonheur enchâssé

De pleurs mutilés, d’appréhension,

Viens pousser au tertre du passé,

Anoblir de mes peines, avant de trépasser,

Les secrètes fêlures de l’insoumission !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 17 mars 2021

TRIBUO* Plongée

 

TRIBUO*

Plongée



En plongeant du grand mât, les marins

Avivent du vertige, l’étrange sensation ;

En coulant dans la cuve du corail ivoirin,

Les tempêtes soulèvent les miasmes d’admixtion.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

VOTUM CREDERE* L’envie de croire

 


VOTUM CREDERE*

L’envie de croire

 

Croire, quand on vieillit, aux rêves

Pénétrés de tourments, aux songes éclatés ;

Renier malgré soi, cet amour d’un été

Aux froides larmes, et qui nous achèvent ;

Le temps pénètre des étreintes brèves,

La chaleur de l’angoisse épontée.

 

Croire au matin de l'avril sans liens

Agrémenté de la rosée vermeille,

Émargée sans soupirs de l’éveil,

Avec pour seuls accords, les remous éoliens

 

Du cœur lié aux désirs consomptibles,

Encloués aux manœuvres tronquées,

Aux faillites d’esprits alambiqués

Niant du bonheur l'échalier  accessible.


Croire en l’adolescence, quand le mal

Fait violence, puis déchire l’enfance

Illusionnée des furtives avances:

Hardiesse, approche proximale.

 

Se voir flétrir au miroir de l’attente,

Perdre pied, lorsque l'onde agite

Les vagues nues de la mer azurite

Influées de marées ascendantes.

 

Dire : _ j’ai vécu sans comprendre

De l’autre, ce qu’il fallait savoir,

Et de l’ambition, accéder par devoir,

Aux claudicantes marches; prendre

De la science, quitte à me surprendre,

Le sinueux tunnel accédant au pouvoir.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 16 mars 2021

INSANI PARALLEL* Affolants parallèles

 

INSANI PARALLEL*

Affolants parallèles

 

Quand le désert avance, soulevant du bitume,

La replète trémie, les hommes agonisent

Au seuil des cités que les boucles enfument,

Pour au soir, disparaître, étranglés en la lise.

 

Quand les femmes accouchent, dépossédés

Du rêve dont s’auréole l’âme, les putains

Les brocardent, sans jamais accéder

Au désordre de la polyandrie, et qu’éteint

 

La morale de ces mères soumises, dames

Dont la douceur pose baume au cœur sage ;

Allaitant d’un sein pur, sans mixions agames,

La frêle créature que les rides encagent.

 

Quand les soleils déclinent au nord de Pavie,

Que les lunes ébranlent les marées, la mer

S’en vient vomir sa pulvérulence, ravie

De convulser le corail, le lichen trop amer.

 

Quand de malhabiles mains, l’adolescent

S’active le membre, sous les draps blancs,

La sève libérée du froid habitacle, consent  

A devenir, du flux masturbatoire troublant,

Vainqueur de l’onaniste qui, en se dédoublant,

Evacue la semence confisquée de son sang.

 

Alors, purgée du réceptif, la créature bafoue

Des Oracles d’En-Haut, Les Divins Préceptes ;

Le péché a maculé sa foi… il longe, tel le fou,

Humilié, larvé, souillé de messes ineptes,

Le parvis du Shéol, en prétentieux adepte…

La zélation cargue sa houppe de gorfou.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

AESTHETIC RETOUCHING* Esthétiques retouches

 

AESTHETIC RETOUCHING*

Esthétiques retouches

 

Je les ai, chaque jour, entoilées de désirs,

De fines émotions, rires en demi-teinte ;

Je les ai fait gravir, et dénuées de plaintes,

Les impossibles marches du fatal désir…

 

Je les ai fait danser au clair de mes lunes

Inondant le palier de la monotonie ;

M’ont accordé, sans feindre le déni,

D'y poser la nuit, aux liesses opportunes,

 

De sulfureux baisers, d’enjôleuses caresses,

Quand l’hiver à nos portes, souffle encor

D’intrusives poudrées gélifiant le corps

De maladroits amants que le remords oppresse.

 

Je les ai, aux soirs blêmes, étoilées de plumets

Irradiés d’aigrettes, pour parfumer l’absence

Entenaillant leurs rêves essartés, l’indécence

Enjuguée à la peur les voulant consumer,

 

L’ébranlement soudain… s’en est fallu de peu,

Que j’aie à m’aliéner en ces ires profanes,

Au licencieux, dont l’ordalie condamne,

En revêche tutrice aux préceptes pompeux,

L’insolente franchise dénervée… ou si peu,

Du noduleux cordon d’arbitraires râpeux,

En l’eustatisme dont les pleurs s'enrubannent.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 15 mars 2021

VACUUM MISCENDAM EBRIETATEM* Le vide de l'ivresse

 

VACUUM MISCENDAM 

EBRIETATEM*

Le vide de l'ivresse

 

Ivresses, désordres, en ces jours de deuil,

Confèrent à la gent nue, d'éphémères succès,

Enrichissant du vide attelé au décès,

La charpente mitée posée là, à son seuil.


Du requiem, aux fastes d'ordinariat,

Du mortifère tocsin, aux trompettes d'invite,

Il n'y a, je le crains, pour l'âme qui lévite,

D'issue aucune, en sa vie de paria.


Où vont les mondes asservis au Ciel,

Les cœurs ceints d'immonde Doxologie ? 

J'offrirai aux songes, en l'aube qui surgit,

La rosée première veloutée du miel


D' étamines, sans aura rubiconde,

Pour du ciel d'avril, aspirer quintessence,

Douillettement lovée en la munificence

Ecalée au matin, de l'absence profonde !


Les mensonges caracolent en l'esprit

D'échotiers dont les brèves enquillent

L'autosuffisant, sa superbe… cette grille

Essouffle des libertés, à renfort de mépris,


L'essentiel: précieux libre-arbitre

Drapant le sage arraisonné au port ;

Y accostent encor, les coraux tubipores

Aspirés de faisceaux ou de fins élytres.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021