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vendredi 25 décembre 2020

OVERSIZED SEMITIS INHAERENTES* Empreintes démesurées

 

OVERSIZED SEMITIS INHAERENTES*

Empreintes démesurées

 


Par-delà les barrières, où se meurent les vents,

Les soleils meurtrissent les dunes d’Issaouane ;

De jaunâtres frisures, d’étouffantes bardanes,

Brident les capitules ; au soir, les soulevant.

 

Par-delà les vallées prisonnières des pluies

Acidifiant le lit de nos cours d’eau, les lunes,

Des plis concaves, creusent d’inopportunes

Brèches, d’autres coulées, au ventre du puits.

 

Quand je redeviens moi, de mes larmes taries,

Mes cycliques errances, s’éveillent des lubies

Confortées en l’affect, par le souffle ébaubi

De roides pulsions… et qui me contrarient.

 


Je vis entre deux pôles, en triste somnambule

Coincé sous la barlongue d’une fresque gothique,

L’ossature d’un fief privé de son portique…

Y paissent les fantômes qui, la nuit, déambulent.

 

Par-delà les mensonges lestant le portefaix,

L’euphémisme de clercs ensoutanés, les fables

Prévaricatrices de la prosopopée : inénarrable

 Jésuitisme de nonces séducteurs, je fais

 

De mon mieux pour enclore du doute, parfois,

Le circonstancié… aussi, dois-je de l’aporétique,

Civiliser l’aristotélisme… pour de la poétique,

Contrefaire le lyrisme, s’il s’acquiert l’effroi.

 


Ma plume, de la variante, aspire contenance,

Sans se plaindre jamais, de vaines resucées…

Sera-ce inéluctable, ce trouble par trop poncé,

Et qu’investit la rime ceinte de résonnance ?

 

Par-delà les silences drapés de sanglots longs,

Le mutisme de vierges inassouvies,

J’effeuille les jours engainés de violons,

Dont l’archet, au pizzicato, me semble t-il, ravit

Le mélomane … des gémonies, je gravis

Avec lui, les pénibles degrés où seul, survit,

Le victorieux hissant, fier, le gonfalon.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 24 décembre 2020

PARIS SERVIT NOCTE* Paris, esclave de nuit

 

PARIS SERVIT NOCTE*

Paris, esclave de nuit

 

Avez-vous vu Paris, aux nuits de décembre ?

Cette ville fardée, où les femmes enquillent

La bohème, au support de leurs membres,

L’errance, aux  grillages de leurs résilles ?

 

Connaissez-vous Paname, l’aguicheuse,

Cette cité ivre du dispendieux dont font montre

Les nantis de boulevards, sans faucheuse,

Ni moissonneuse ?… au soir, on y rencontre,

 

Aux ruelles pavées d’artères germanopratines,

Amants en tapinois, folles de lupanar…

Mégères engrossées de frasques adultérines,

Bourgeoises maquillées, ridicules anars…

 

Savez-vous que le Paris de Zola, agonise

Au froid d’avenues crispées sous la neige

Floconnant les palaces où, s’idéalisent

Les prétentions ?… sans mal, s’y désagrègent,

 

Les flux guindés de camérières coincées

En la geôle d’une chambre sans vie, débarras

Sous les combles d’un immeuble poncé

De rudes mains… s’y affairent les rats,

 

Non ceux des caves pleines ! Juste les banquistes

Véreux ; ils cachent l’or volé aux consignataires,

Camés et rubis dérobés aux crédules artistes ;

Ces parjures bigames ne se peuvent que taire…

 

Qui a ouï Paris pleurer tristes matins… moi,

Je l’ai écoutée velouter de mensonges, sa défaite,

Pleine de déshérences, sous le joug de l’émoi,

Claustrée d’inharmonies, de blafardes fêtes…

 

Du melliflu dégorgé de ces noces d’opale,

Au nectar velouté de sa coupe vermeille…

De Balzac, à Sartre, peu à peu, s’empale

De remords, de subtils regrets, et qu’éveille

 

L’histoire délacée de breloques, d’affiquets,

Ces verroteries tape-à l’œil dont la catin

Duplique ses froufrous, qu’aime tant reluquer

Le gras négociant, à l’œuvre, dès matin…  

 

Aimeriez-vous de Paris, voir les voiles,

Ces satins dont le soyeux enjôle les plus sages ?

Sur sa peau frictionnée de poussières d’étoiles,

Les peintres, dont Utrillo, croquent des paysages,

 

Et qui n’existent pas, des perspectives nouées

A l’immodeste étoupe… ô comme on le comprend !

Paris à tout vécu : des salves, aux huées…

Qu’importe ! Sur ses berges gelées, on surprend,

 

Le noceur prêt à se foutre en l’air, la possédée,

Muée en ectoplasme… se jette dans la Seine,

L’ivrogne en quête de larmes, pour scander

L’infortune, lui, ancien turfiste de Vincennes !

 

On aperçoit au jour naissant, les filles

Du couvent de Cluny, les jeunes ursulines,

En mutiques suivantes, loin des grilles,

Ces horribles barreaux, où déclinent

 

Les lueurs d’un soleil délavé, spires purgées

De nitescence… Paris sait tout cela ; le cache,

Lors, à ses fiers soupirants, par trop encagés

De formelles contraintes… du réel se détachent,

 

Pour draper de sophisme, de manichéisme,

L’arrogance du chauvin, prêt à faire feu

De tous bois, quand l’airain du syncrétisme

Tintinnabule aux nimbes de vents suiffeux.

 

Paris, musique d’arrière-cour, d’orgues de barbarie,

Mais aussi, Paris de l’opéra Garnier, de Pleyel,

Paris de l’Olympia, où s’en viennent, ahuries,

Les commères absoutes de fautes vénielles,

Paris, du Mikado, des clubs de Saint-Germain,

D’estaminets encrassés de pétun, d’alcool,

Paris que le péché retient de ferme main,

Où vierges et pédérastes se tutoient, s’accolent,

Avant de se vomir aux sybaritiques sources…

Y surnage l’épicurien aux rebonds de la fesse ;

Il aimerait tant remporter de la course,

Dont la turgide croupe, au jour, s’affaisse

Quand la pénétration transcende du plaisir,

La réelle offense faite au vulgum pecus noyé

De repentir… penaud, de se voir ici, gésir

Au pulpitum d’insanes peccavi, broyé de vices,

De désespoir, en Paris, la félonne, la nuit

Où se dévêtent l’âme, l’esprit, du novice

Dont on dira_ peut-être_ parce qu’il s’ennuie,

Il donne à sa misère d’autres succédanées…

Vois-tu, Paris d’Eugène Sue, de Boris Vian,

Ce que tu fais à tes fils cachés, ces damnés

Préférant tes liqueurs frelatées, au cristal d’Evian,

Refoulés_ on le sait ! _  d’hybrides déviants !…

 

Pris en étau, en tes bras sénescents, j’accuse

De l’inconfort dont tu me fais offrande,

D’impudiques clichés d’où parfois, fusent

Des remembrances canetées en guirlandes.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 23 décembre 2020

FRONDE PRIMULA* Marguerite effeuillée

 

FRONDE PRIMULA*

Marguerite effeuillée

 

En effeuillant la marguerite, avions, toi et moi,

Omis d’en affadir les intraçables teintes ;

Se peut-il au jeu de la séduction, sans feintes,

Que nos cœurs en dénigrent le troublant émoi ?

 

Qui de nous deux, veut s’assujettir aux rêves,

Ces cycliques pulsions d’amants suffoquant

En la terne matrice d’envies se révoquant,

Sans s’aliéner jamais, aux possibles trêves ?

 

Eparpillées, nos confessions surent, sans mal,

Absoudre des fantaisies, ces superstitions

De folâtres badines, sans présupposition,

Sans qu’il nous en coûte… en nous, l’animal,

 

Défait de sa fourrure, cherche en l’exuvie,

Commode réfection, plausible vêture, en l’hiver

Où s’écaillent parfois, de la peau, sans revers,

Les infimes lamelles dont le derme dévie…

 


Quand nous parlons d’amour, en conciliabule,

Grisés de remembrance, les chuchotis clampent

Du devenir, des clichés par-dessus la rampe

De fades souvenirs fardés d’un préambule,

 

Un dithyrambe de maladroit censeur,

Dont le panégyrique flatte le larron crispé

De froids sourires, tant ils semblent duper

Le cénacle féru d’arguties de penseurs.

 

Comme les pauvres gens… aux mâtines :

Miséreux de laudes, tristes trimardeurs,

Nous frôlons du passé, l’imparable lourdeur

Lestant d’ambitions, aux heures adamantines,

Et l’âme, et l’esprit, noués de cavatines,

D’arias mensongères, d’inusables comptines

Dont la puérilité entaille la candeur.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 22 décembre 2020

ISRAËL MON AMOUR, ISRAËL TERRE BENIE

 

ISRAËL MON AMOUR, ISRAËL TERRE BENIE

 

Mon cœur de Chrétien écoute battre le tien,

Mon âme de croyant prie avec passion,

Le même Dieu que toi, unie au même Lien :

La Paix de L’Eternel magnifié en Sion.

Ta joie est mienne, tes larmes me rassurent ;

La haine du monde prouve que Le Créateur

T’a élue, Terre bénie consacrée, Lieu sûr

Pour celui dont la foi est l’esprit révélateur.

 

Prends courage ô peuple dont David a chanté

Les multiples promesses ! Les Célestes Louanges

Du Prophète, la nuit, viendront hanter

Les damnés, quand trompèteront les anges.

 

Israël, celui qui te touche, touche au Dieu Vivant ;

Ne crains point ! Proche, est la terre promise…

Elie et Moïse seront là, ces Soldats Survivants

Pour te serrer plus fort, loin des castes soumises

A la violence, et qui ne seront plus que vent…

Toi, fils béni d’Abraham, petit-fils d’Isaac,

Juif consacré au Grand Roi, Le Très-haut,

Ton nom, au Ciel, perce le voile opaque

Du sectaire en attente des Divins Fléaux !

 

Je t’aime Israël, ma précieuse complice !

Je t’aime enfant bénie, enfant du sacrifice !

 

 

Armand Mando ESPARTERO, ami d’Israël

VENATRIX* Chasseresse

 

VENATRIX*

Chasseresse

 

M’aviez à votre rets, sans remords, retenu,

Gelant du flux de constance, le débit

Enlisé aux accords dont l’esprit ébaubi

Anoblit la  coulée savamment retenue

Du réduplicatif, en l’itérative percée

Au fluctuant débord, sans en gercer

Du cylindre, le reflet longiligne… ténu.

 

M’en suis libéré, vainqueur de vos lubies…

Irai me reposer, sans crainte de roidir

Des miennes audaces, et sans le refroidir,

Mon cœur de troubadour estourbi

De votre inclémence… dois-je maudire

En l’espèce, vos grinçantes phobies ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020


lundi 21 décembre 2020

VERBA* Les mots

 

VERBA*

Les mots

 

Les mots dansent sur le fil de nos âmes ;

Prennent peur, souvent, prennent froid,

Au soir, quand vacillent les flammes

Du feu échauffant les piliers du beffroi,

 

De l’atonie, du vide, si la raison somnole ;

En faisant illusion, l’intellect sophistique

Chaque mot vrai, dont l’orgueil s’auréole,

Chaque pensée encernée de critiques.

 

En m’approchant plus près, j’ai vu

Dans la lumière des mots, l’éphémère,

En empreintes calquées aux revues

Parcourues d’amantes, devenues mères.

 

D’entêtantes poussières vacillent encor

 Sur les pages jaunies de vieux bouquins

D’arrière-boutiques au désuet décor ;

Y tâtonnent, perdus, les minables faquins.

 

 Nimbée du brouillard de nos lettres,

 Du blizzard oppressant nos missives,

La main tendue derrière la fenêtre,

De vains accords, aux notes incisives,

Balaie l’assertion dont les mots avivent

Le sophisme drainé au centre du mal être.

 

 Il ne reste plus traces… non aucune !

De ce que jadis, et, en de justes proses,

Nous placions, pour taire les lacunes ;

Il s’en faudra convaincre… sans pause !

 

J’ai peine à remonter de ce puits ;

Pourriez-vous en douter?

J’en doute parfois… la nuit

Quand les mots me viennent dérouter.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 20 décembre 2020

FINEM MORTUORUM CAPTIONEM* Trappe sans issue

 

FINEM MORTUORUM CAPTIONEM*

Trappe sans issue

 

Je marche dans la foule abrutie de huées ;

De disgracieux profils m’enserrent, me lient

Aux grimaces de rue, défiant des ordalies,

Les concises règles, ces humiliants fouets.

Je déambule au centre de la plèbe blessée

De la froideur des kaisers sans âme…

Je foule sans amertume le poudreux macadam,

Ses bordures meurtries, ses pavés encrassés.

 

Que ne serais-je moi, en ces froids errements !

Je me perds à comprendre, et sans y parvenir,

Du pecus, l’intention première, le col de l’avenir

Auquel s’accroche encor, lesté de faux serments,

De palabres soufflées de concussionnaires,

Le naïf enkysté de promesses, le gobeur

Pétri de suffisance… S'y cabre le regimbeur ;

Il salue la prouesse, en simple débonnaire.


De mes rires sans sève, mes joies dévaluées,

S’égrènent des sanglots, de colériques pointes ;

J’aimerais voir danser, aux aurores ointes

De munificence, loin des cycles pollués,

Les spires enchâssées au faîte de la bohème,

Le circonvolutif du dispendieux affect :

Pulsatile vigueur dont le sage s’humecte.

 


Je glisse entre les ombres clivées au bitume,

Que foulent les forces revendicatrices,

L’adepte du désordre, la mue adaptatrice

Pochée de l’exuvie lui servant de costume.

 

Mon regard fait faillite en ces fauves nuances,

Pour se poser ailleurs… quelle affaire, ce drame

Joué en la coulisse, où les revêches flammes

Carbonisent du temps desserti de muance,

La masse en déshérence, et qu’enclouent

Les chagrins de la désespérance, ce spleen

Prisonnier d’entrelacs, et qui au soir, décline,

Pour trépasser au vide que le mal renfloue !

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020