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mardi 1 décembre 2020

ET DE PARIETE FEINTS* Le canevas des feintes

 

ET DE PARIETE FEINTS*

Le canevas des feintes

 

Et s’effacent nos pas sur la grève mouillée,

Les dernières traces talées des promeneurs ;

Plus personne aux fenêtres bâillées,

Ni d’échos aux palabres du sermonneur.

Mes yeux se sont usés à pleurer des chimères

Mordues de prétentions, de vaines doléances

Rythmées de cet orgueil, et que toujours vénère

Le hautain, ce rogue pétri de suffisance…

 

S’abâtardissent nos quêtes premières,

Au jour voilé de doutes, de controverses,

De sophisme, d’arguties coutumières

Aux amants que les feintes bouleversent.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 30 novembre 2020

IN LECTULO MEO* Mon lit

 

IN LECTULO MEO*

Mon lit

 

Mon lit à la mémoire d’un vieillard blessé,

Qui au soir, agonise dans la chambre moite

Dont les lézardes mutilent du passé,

Les sombres souvenirs, et qu’hydratent

Les suées de corps hissés en acrobates

Au pal du baldaquin d’amants entrelacés.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 29 novembre 2020

PUER MEUS* Mon enfant

 

PUER MEUS*

Mon enfant

 

Mon enfant, vois la nuit envelopper les astres

De l’azur en partance ! Sais-tu à quel désastre,

Ils échappent au matin à venir, au renouveau,

Quand il pleut sur les monts, à l’ombre des vaux ?

Mon enfant, écoute les vents chanter au soir,

Des belles ritournelles, des refrains illusoires,

Et qu’entonnent aux  froids, les blizzards,

Tourmentés, l’onde aux râlements bizarres !

Mon enfant, les saisons ont de nos cicatrices,

Balayé l’écorchure, l'éraflure adaptatrice

Ajustée à la chair plaintive, quand des larmes,

Chuintent des rivières, qui parfois, désarment.

Mon enfant, mûrissent sur l’horizon de feu,

Les vagues ballottées de cyclones suiffeux ;

Elles drapent les marées sous la houle,

S’enfuient, quand les frimas blackboulent.

Mon enfant, laisse danser les ombres éreintées,

Aux primes angélus, quand la belle effrontée

Fuyant les vespérales, s’acoquine, l’été,

Aux marins sur le port, ces bateliers fourbus,

Dont la lèvre susurre, en des thèses imbues,

De mielleuses poussées, de séductrices onces

Déflorant la candeur égratignée de ronces.

 

Garde-toi, mon enfant, de te laisser séduire

De fiers damoiseaux dont miroite le cuir !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

SAGUM AERIUM NIVEI* Rideau neigeux

 

SAGUM AERIUM NIVEI*

Rideau neigeux

 

Des cimes embrumées, on aperçoit au loin,

Au matin frissonnant, la prairie ébarbée,

Poudrée de flocons, peu à peu embourbés,

Avant de disparaître, piégés du sainfoin.

 

L’hiver vient se poser au cœur de la vallée ;

Y blêmissent au soir, ses neigeuses masses…

Ses congères ont fondu sur nos traces ;

Elles se semblent dissoudre des mausolées.

 

Il fait froid, jusques aux fenêtres des chambres ;

Il n’y a plus d’espace en ce flou devenir…

Aurais-je su dompter, sans plus t’appartenir,

Les frissons égrenés dont s’offense décembre,

 

Et qu’aspire ta peau défaite de soupirs ?

Pourrais-je des gangues calamistrées, à l’aube,

Percer l’éclosion, si les vents nus l’enrobent

D’un grésil dont les bruines se veulent tapir,

 

Quand grondent les tempêtes hivernales,

Bougonnent les maelströms dévrillés de la nue ?

Je pourrais de ta chair exempte de retenue,

Débrider le cylindre, en ces mues atonales…

 

Hélas, aux aurores feutrées, tes plaintes

Font rétention de désirs en berne ; j’immole

De la polymorphie, les degrés dont ta geôle

Encloue, in extenso, les ardeurs mal éteintes.

 

Pourquoi toujours courir, délacés de foucades,

Les chemins à l’étroit, les bermes profanées ;

De la thébaïde, s’essouffle le germe mort-né

D’amours désenclavées d'envies maussades ?

 

L’hiver, au pied du mur, entoile de grimaces,

Et les jours, et les nuits, chevillés à mon mal ;

Il s’amuse à flétrir de la pulpe animale,

Le bâti emmuré d’inaltérables glaces.

 

Je dois m’en sortir seul... c’est vrai !

Délaisser le baldaquin, ce vieux fleuve tari ;

Nos pancraces s’affaissent… j’en ferais pari !

Il me semble, en ces jeux qui effraient,

Voir liés, par mégarde, sous l’ivraie,

Le vice et la vertu pris à ton ableret…

Ému, je rentre penaud, l’âme marrie !

 

Aux gelées engluées au col de l'ivresse,

Ce sérac dressé à même l’émotion

Ductile _ ô combien ! Malgré l’érosion

De nos fantasmes embués de détresse,

Je chemine vainqueur, empli d’allégresses,

La contrescarpe d’euphories morbidesses,

Sans démesure, ivre de prétentions,

Le chenal où s’affaire l’amant ceint de caresses.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 28 novembre 2020

HOC MODO* C’est ainsi

 

HOC MODO*

C’est ainsi

 

Il est des pages que l’on ne peut écrire,

Au détour d’une vie, de tremblotante main ;

Enténébré de doutes, comme du parchemin,

Le récit perce l’âme, sans la jamais détruire.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 26 novembre 2020

ACCOMMODATUR TRIBULATIONIS* Accommodant trouble

 

ACCOMMODATUR TRIBULATIONIS*

Accommodant trouble

 

Quand s’éveille l’aurore, s’ouvre le bourgeon,

Ton regard fait pâlir les matins d’autrefois,

Quand l’hiver balbutiait des spirales de froid,

Et que les vents pinçaient les noueux drageons.

 

Quand pépie l’oisillon en l’azur magnifié,

Ton sourire fait promesses à mon regard perdu

Entre les nuits d’orages, et mes sommeils ardus

Suspendus au grelin d’absences chosifiées.  

 

Quand grondent les tempêtes, roulent les marées,

Ta main me fait invite, sans autre apparence ;

Rien ne peut nous contraindre à l’indifférence

Dont se targue l’ermite reclus en son faré.

 

Quand le quartanier s’éloigne des battues,

Le pécari, des meutes de chasse à courre,

Tes larmes redessinent du plaintif parcours,

Les pleurs en avalanche, la sodique étendue.

 

Alors, brisée en d’absconses coulpes d’ascèse,

De glossolalies de nécromanciennes,

Ma raison fait quitus aux lois cogniticiennes:

Spécieuses inférences, syllogismes, malaises,

Écartelant le docte exécré de fadaises,

De niaiserie de grime: itérative  fichaise,

Au flux fréquentatif ; les calques font siennes,

Les rumeurs fluctuées, ces froides braises.

 

Quand s’éventent les rires du replet drille:

Moqueries enchâssées de lazzis,

Désillusionné,  je cherche de notes choisies,

La douceur de ta voix, que l’affreuse étrille

D’insupportables loups, accastille

A ta fragile mue… huée des tifosis.

 

Je te reviens, sans fendre de mes joies,

L’éphémère rumen… faut-il que je t’arrime

Au ponton de mes trêves, en l’intime 

Du rêve où le féal s’affranchit des lois ?

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

NECESSE EST !...* Il faut !...

 

NECESSE EST !...*

Il faut !...

 

Il faut vivre d’amour, se laisser emporter

Des fièvres liquides de l’éréthisme clos !

Il nous faut de l’espoir, et sans jamais douter,

Priser tel un pétun, le déni du forclos !

Il faut boire à la source d’inéluctables soifs,

Se gorger du nectar de la prospérité !

Les rêves écrasés sont de hideuses coiffes

Posées au faîte des frustrations, avec célérité.

 

Il faut dépasser de son double meurtri… vite,

L’indistinct profil, la silhouette trop floue !

Les cahoteuses marches, les haltes qu’on évite,

Peu à peu, deviendront des nefs de renfloue ;

Si les autres se noient, nous devons résister

A la lame de fond, aux tumultueux remous…

De la survie de l’espèce pourtant redoutée,

Émanent des volutes bravées du tinamou.

 

Il faut guérir du mal enjuguant la jeunesse,

L’adolescence purgée du raisonnable ;

Peut-on embaumer l’imparable vieillesse,

Oindre l’affect aux pensées façonnables,

Sans craindre d’en pâtir ? Museler l’inconscient,

Pour masquer du réel, l'affreuse couvée ?

Doit-on, sans réserve, donner à l’inscient,

Connaissance souhaitée, capiteuse cuvée ?

 

Le bellâtre s’achemine sur sente pentue,

Chemin de traverse parsemé de spinelles

Dont l’éclat dessille du noble, la vertu,

Dont l’émerveillement trouble l’esprit charnel.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020