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vendredi 16 octobre 2020

ET SPONSA*

 

ET SPONSA*

La fiancée

 

L'amour l'éraflait de contraintes...

Pauvre âme démunie, sans idéal, risée

De galants se gaussant de ses plaintes ;

L’espoir ne sied_ c'est vrai _ qu’aux méprisés.

 

La noblesse du lord protégeait son amant

Naïf, sans expérience, de mesquines,

Folles désinences, de balbutiements

Enfantées au soir, de formules badines.

 

Elle se voyait reine, au bras de ce garçon

Attentionné, fidèle… voyait de l’esquisse,

D'autres teintes attouchées de prémices

 

Fuses de ce tableau aux reflets arcanson :

Douce aquatinte séduisant la mutine,

Calmant de l’attente, l'âpreté clandestine.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

 

jeudi 15 octobre 2020

TAMEN ILLIC ES TU ?

 


TAMEN ILLIC ES TU ?

Etes-vous encor là ?

 

Madame, j’ai trouvé en mes secrets tiroirs,

Vos lettres d’amoureuse : désuètes épistoles

Dont les mots surannés éveillent du boudoir,

Les rires affectés de damoiselles folles, folles

 

D’avoir en de troublants baisers, accordé

Au preste damoiseau, sans retenue aucune,

Ce corps pourtant rétif aux caresses fardées

De godelureaux attisant les braises de rancune.

 

D’une main malhabile, vous me narriez,

Avec la candeur dont s’entichent sans mal,

Les prétendues vierges, les biches mal mariées,

Me narriez_ disais-je_  en l’aube subliminale,

 

Peines et joies du quotidien vôtre ; épuisée,

La constance livrait, en montre de colère,

Les regrets, l’angoisse voulant amenuiser

De vos gestes graciles placés en jugulaire,

 

L'écrin de la vraie liberté ; cette topaze

Auréole la femme défaite de liens, reine

Au trône du désir dont malgré soi, s'efface

Le souffle du galant que le plaisir entraîne,

 

Avant que de gésir, au faîte de l'hédonisme ;

Il encage la muse callipyge, repue,

Entrailles pleines, en ce sybaritisme

Aux fiévreuses coulées de reflux corrompus.

 

Madame, vous souvient-il en l’aurore, seuls

Amants sous les ponts de Paris ? Sombrait

La Seine, son lit dévié du moite linceul

Du canal aux écluses cambrées…

 

Nos lèvres s’aimantaient, s’oubliaient,

Avant que de renaître du deuil de l’absence…

Vous étiez jeune et belle, rebelle… déliée

De contraintes… Qui dirait que l’offense,

 

Un jour, ramènerait vos pas désaccordés

Au seuil de mon chagrin !… femme devenue,

Vous prîtes mon bonheur, pour mieux l’émonder

De la solitude, ce cloître, où le cœur ingénu

 

Foule de l’apparence, chaque métamorphose…

Vous l’avez épousé ; lui, vous a juste séduite,

Pour fuir de la vieillesse, la mue d’anamorphose ;

De fallacieux serments, vous fûtes enduite.

 

Ai vu s’évanouir les heures du passé,

Foulant du devenir, le bancal trépied…

Vos missives donnent ton aux rêves trépassés

Dont l’ivresse me lie, et sans y perdre pied.

 

Chahutaient les grelots de la félicité,

Tintinnabulait la cloche de l’extase ; allions,

Amoureux, au lit de la paresse… excités,

Poser au froid satin, en subtils trublions,

 

Les fatales étreintes, plaintifs geignements

D’énamourés vainqueurs de la parénèse,

Ecclésiales semonces... en garnements

Défiant les clauses d'ordalie ; l’anamnèse,

Pour armure; haubert, rude diagenèse

Au revers du possible… et sans linéaments…

 

Avions pris le chemin du désordre, altiers,

Sans comprendre que tout se paye... tout ;

Du moindre cillement, à la belle amitié

D’enfants captifs de l’interdit, ce fourre-tout

Où s’entassent rires et pleurs, que tatoue

La pensée quand on s’offre… entier.

 

Au tombeau des regrets, se côtoieront nos ombres ;

Il fait si froid en ce corridor sombre

   

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 14 octobre 2020

DISSIMULIDO*

 

DISSIMULIDO*

Dissemblance

 

Ouaté en la paresse d’un rêve en devenir,

Je me voyais, grisé de vapeurs telluriques,

Atteindre de l’Ether, avant que d’en honnir,

Le col de l’indécence, son ajour chimérique...


Dans le froid de l’oubli, la moiteur du temps,

J’absorbais des fumigations, les miasmes

D’une vie en dégénérescence ; pourtant

Des soleils volages, toujours, sans marasme,


Je floutais de l’histoire, en l'appréciable,

Époques, épopées, écalées de schismes,

Impartiales pensées, peut-être allouables,

Lors que la gent en capte, sans sophisme,

Les moindres volontés, quitte, du syncrétisme

Répudier l’âme, dont céans, d’inavouables

Vœux, écorchent en l’idoine, l’angélisme.

 

En dépeçant du rêve, les sombres retenues,

Je voyais, au clair du fantasme, poindre,

De la stratosphère, des astres ténus,

Infimes réceptacles, de fioles, pour oindre


Le fidèle en quête de Ciel… suis-je celui-là,

Victorieux soldat de La Croix du Calvaire,

Que Le Seigneur couronnera ? Lui, qui scella

De Son Sang, au pied des larvaires,

Ses plus belles Promesses… j’en acte, avec foi,

Heureux croyant, sans m’en faire jamais,

Les Béatitudes ; passés, les craintes d'autrefois,

Moqueries et crachats… désormais décimés...


L'être nouveau se vide d’incongruités, réarmé.

Ce qui de l'orgueil d'hier, soufflait le froid,

S’évente ici, des rêves, d'idées... parfois ;

Démembrée, l'inconscience jadis sublimée !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 13 octobre 2020

SPECIOSUS EST IN CAELO*

 

SPECIOSUS EST IN CAELO*

Au ciel superbe

 

Épiez les palombes de l’azur idéal,

Les pigeons-voyageurs aux ailes déployées !

Laissez les mouettes, ces rieuses banales,

Nager au ciel d’été, quand  s’en vient louvoyer

L’albatros, superbe laridé de la matutinale,

Qu’un zéphyr rêve un jour de côtoyer !  

 

Les moites limicoles abandonnent la vase,

Quand, sternes, guifettes, s’élancent avec aisance ;

Majestueusement, leurs rémiges évasent

Des cotonneux nuages, la crayeuse panse.

 


Je veux fuir des matins, avant les jours d’automne,

Les brumes de tourmente ; tous ces blizzards

Boulochent aux branches, puis, tourbillonnent,

Au-dessus des cols où nichent les busards.

 

Je veux voir s’immerger en la mer de corail,

Cingle plongeur, gracieux cormoran,

Fou de Bassan, rayonnante sterne ; bâille,

Aux vents légers, la frégate s'y affairant.

 

De mon île étoilée de spires, le noddi

Virevolte en l’air marin, grisé d’embruns,

D’insolentes bruines… la brise qui l’alourdit,

Soulève des marées, quelques miasmes bruns

De l’océan cuivré dont vagues hardies

Éclosent sous la houle dont l’onde fait emprunt.

 


Je reste, en ces mirages, rivé à la barlongue

D’une belle terrasse, capturant de ces vues,

D’admirables clichés aux figures oblongues ;

Ici, le couchant berce l’horizon dépourvu

De remous, en l’étendue des canaux de Khlong.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

QUA MELIUS HABUERIT*

 

QUA MELIUS HABUERIT*

Pour s’amender

 

Ecrire, pour voyager au-delà de la nue,

Atteindre des monts neigeux, le faîte ;

Ecrire, pour modeler de l’odalisque nue,

La hanche de porphyre, en un matin de fête,

La gorge parfumée, quand l’amante s’apprête

A plisser de la lèvre, en boudeuse ingénue,

Les secrètes ridules, les profondes fossettes

Animées du mafflu, dont le vent émiette

En la risée superbe, les rires soutenus.

 


Ecrire, avant de naître de plaisirs, de luttes

Encordés au filin de l’offense… inassouvie,

La plume, de guerre lasse, fait encor culbute,

Avant que de griffer des possibles envies,

La ténuité, en la délicatesse, que ravit

Le phonème, en l’abstrait que rebute

La polyphonie... en rebelle haquebute

Ronflant sourdes salves, sans vie.

 

Ecrire, au matin blême, aux ombres figées,

Éveillées d’humeur, d’acariâtres poussées ;

Ecrire, pour bannir les amours mitigées,

Unions sans grâces dont on veut repousser,

Avant qu’elles fondent, les désirs impulsés:

Obsédantes visées de l’amativité négligée

Du galant prétendu libre, quitte à s’infliger,

En cette perspective, sans s’oppresser,

De concises règles, d’évolutives pensées.

 


Ecrire :  j’ai dix ans ; ma bohème est un champ

Au bord de la rigole, enclos, sous ciel ivoire ;

Je joue, pour enfreindre la peur, et au couchant,

A n’être plus moi… comment le concevoir ?

Hélas !... Ceux qui peuvent me voir,

Disent que je m'égare, effarouchant

Ma silhouette floue,  profil qui, en cachant,

Frôle en l’air cendré, à deux lieues du lavoir,

L'elfe de mes contes livresques, attouchant

De ma mue d'enfant, tout en les détachant,

Les rides... elles semblent s'en émouvoir…

Jeunesse, mon empire, ma crayeuse lie,

Toi qui pourfends de mes larmes bleues,

Le rideau, défaits-moi de ce parhélie

M'enserrant l'âme, ce mirage suiffeux !

Dessine-moi l’espace où l'astre de feu

Allume mon regard !… de la pareidolie,

Les orbes semblent réels, du dôme d’enfeus 

Posés entre les niches du petit-bois-joli.

 

Je dirai aux amis… quand vous verrez

L’enfant sous ma peau, ce poupard

Qui de tout, s’émerveille, vous saurez

A mes mots... sagement, prendre part !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 12 octobre 2020

VITAE*

 

VITAE*

Vivant

 

Vivant, jusqu’au sommet des dunes,

Vivant, arraché à la mort sur trépied,

Vivant, quand l’angoisse ne cesse d’épier,

Et l’âme et le cœur évidés de rancunes.

Vivant, loin d'hommes décidés, pugnaces,

Ces êtres sans remords, ces vils concepteurs,

Mesquines formes, ignobles contempteurs

D’un monde éthérifié que le présent efface…

*

Je resterai vivant en ce nouvel Eden !

Ne point accorderai aux fallacieux propos,

Inaliénable quitus… jouirai d’un vrai Repos,

Au Ciel de ma naissance, sans aversion, ni haine !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

OBLIVISCATUR EIUS*

 

OBLIVISCATUR EIUS*

Oublie

 

Oublie que mes matins s’affolent, s’engourdissent

Au creux de ce grand lit que tu as déserté !

Oublie l’adolescence ; il faut que je grandisse

Dans les vapeurs de nuits autrefois essartées

D’amants qui, des rives, aux couches d’infortune,

Ont conjugué de fiévreuses étreintes, captifs

De lunes griffant les bordures falunes,

Berges du littoral jouxtées de vieux récifs !

 

Oublie les premières neiges, la trace des sabots

De vieilles carnes éreintées en l’hiver :

Pauvres haridelles escortées de cabots,

Sous les soyeux flocons d’un ciel à découvert !

Oublie les mots d’amour étranglés en ma gorge,

Les niaiseries sucrées du maladroit béjaune

Soupirant au revers de ma peau, cette forge

Où s’empilent aux rêves, des vues monotones !

 

Oublie les rendez-vous manqués, les larmes

De marins sur un océan d’encre, les pleurs

En déversoir, quand s’évente le charme,

Se meurent les rires épandant de l’humeur,

En quelques ritournelles, l’extase du galant

Prêt à faire siennes, les plus belles romances,

Les suaves élégies soufflées d’un cœur brûlant !

 

Oublie de la tendresse, les ultimes percées !

Il te faut revenir au temps des amours mortes,

Effacer sans rougir, de l’ivresse bercée

De fades souvenirs, les sillons que déportent

Les premières caresses, les langoureux frissons,

Les chœurs de cathédrale, chantant à l'unisson!


***


A ta porte, un matin, quand il fera soleil,

Des silhouettes d’amants arborant écussons,

D’exsangues profils émargés du sommeil,

Te viendront annoncer, ces hésitants bessons  : _

*


S’en est allé voir de l’autre côté, les couleurs

Du bel arc-en ciel que tutoient les enfants,

A déposé sa gerbe de peines, de douleurs,

Afin, du Divin Créateur, au son de l’olifant,

Recevoir la couronne bénie… glorifiant

Le Père, louant Le Fils… L’Agneau Rédempteur.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020