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dimanche 4 octobre 2020

MACROCOSMICO GRADUS*

 

MACROCOSMICO GRADUS*

Macrocosmiques degrés

 

Les oiseaux ont trouvé au nid de la jouvence,

En l'air pur et léger, un mouron appréciable…

Comme eux, je veux me mettre à table,

Me délecter de l’orge vanné de Provence.

 

L'abeille fore de l’alvéole pleine, sans mal,

Les cireuses cellules, sans en extraire

La goûteuse ambroisie ; puis, de l’aciculaire

Apex, au pollen d’étamine, le noyau proximal.

 

L’avifaune a migré ; le mistral moqueur

L’a poussée vers de lointaines sphères, au sud

D’atolls, où l’océan chavire de l'amplitude...

La mer s'y délie des grincheux remorqueurs.

 



On voit pousser au pied des grises citadelles,

De polyamides formes grimant le paysage ;

Bâillent des fenêtres alourdies de maillages,

Les volets écaillés suspendues en archelles.

 

J’aimerais retrouver les jardins de l’enfance,

Boire à la source claire, mes premières années,

Savourer le nectar épandu du philtre raffiné

D’amours en éclosion, apprêtées d’insolences.

 

L’irascibilité acte de chaque chimère,

L’achalandage du ventru, ce chineur ;

Elle mord aux degrés du triste suborneur

Se voulant récuser; reniant père et mère.

 


Alors, pour dégorger du hideux mélange,

La mixture, me suis désobstrué de facto,

Du scientisme, drapé du long manteau,

Du scepticisme… le dogmatique dérange,

Autant qu’il déblaie, l’âme percée d’alfange...

En opportuniste lesté d’horribles fardeaux,

Rend grâces aux contradictions… en l’étrange.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 3 octobre 2020

OCTOBRIS*

 

OCTOBRIS*

Octobre

 

Au clair de lunes bleues, octobre achève

De la sphère poudrée d’inutiles frimas,

Les miasmes sidéraux, puis, du venteux climat,

Les frémissantes brèches, les effilures brèves.


Octobre s’est revêtu à l’orée des solstices,

D’un moiré automnal, d’une grise mante ;

Parcourt des fétuques que la ventée aimante,

Des frêles pédicelles, le soyeux orifice…


Repu de tant d’inflexions, s’allonge serein,

Bercé par la moiteur du souffle vaporeux

De l’arrière-saison, dont les sillons poreux

Ondoient sur la buttée épiée du marin.


Octobre a délacé du support des prairies,

Le hallier coupant, broussaille et fourré ;

Y traînent les marmottes au long poil ajouré,

L’albinos Wiarton des rustres boiseries.

 

Octobre est un chemin emprunté de galants

Battant seuls la campagne, avançant à pas lents.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

ORATIO NECESSARIA DEBEBIT*

 

ORATIO NECESSARIA DEBEBIT*

Irréfragable rhétorique

 

Éventrez du silence la pesante accalmie,

Cette trompeuse pause, ce fictif armistice !

Faites crier les morts, entre les interstices

Du sommeil racoleur ; ils seront insoumis,

 

Loin  d’ouateuses bermes, d’illusoires travées,

Quand du jour à venir, spectres du devenir,

Marcheront sur les pas ne pouvant retenir

Du temps aseptisé, les heures encavées

 

Aux cycles calendaires, et que broient les années

Chues de consomptibles ides ! Déçues des rogues,

Les âmes dépitées quitteront de la sorgue,

L’évidente noirceur, pour du songe mort-né,

 

Au son de clavicole, s'allier aux musiques,

Arpèges de piano forte, au temps vrai

D'harmonies pincées de la viole enivrée

De l’antecantatio, en l’acmé d’acoustique.

 

Venez mordre au noyau de sapience,

Pacotille de jésuitiques ascètes !

Verrez du leurre de cristal, les facettes

Cosmétiquées de rites d’obédience !…

 

Sous les dentelles de putains en résille,

La blessure du bas-ventre des chiennes,

Frissonnent des plaisirs ; l’épicurienne

Les presse de phalanges ridées ; ces esquilles

 

S’émiettent en l’interdit, quand l’humeur

Résorbe de la manœuvre, avant que de muer,

Les rudes entrelacs, peu à peu, commués

En béats geignements… on en vit… on en meurt.

 

Quand l’homme verra au glas s’en venant naître,

Le Ciel, souffler Le Feu Du Divin Jugement,

Sa Colère, au barycentre de l’égarement...

L’Agneau crucifié éconduira le traître,

 

Pétri de glossolalie ; il priera Le Seigneur,

Mon Créateur béni, L'Unique Messie-Roi,

Dans la dolence de sa voix en désarroi,

Verbe nasillard ; en vain ! Qu’en est-il du cogneur

 

Qui, porte close, se soumettra, perdu

A jamais aux méandres de l’autosuffisance ?

Accointées aux mâles sevrés de résilience,

De prestes maritornes aux entraves ardues,

 

Au parvis d’immenses cathédrales, boiront

Avant de choir du tableau de Soutine,

Naïve, l'obombrée de la curie latine

Offrira au graveur, d’incommodes jurons…

 

Venez danser au marbre de ce mausolée,

Celui que Rome a sis au ventre du mouroir,

Ce froid catholicisme de prônes de dortoir,

De mercuriales dont les sermons balaient

 

Pour s’en mieux repaître, les capucinades

De curés engrossés de litanies glaireuses,

Gras majordomes, qui de béguines pieuses,

Aspirent de la tétée, la cavité laiteuse

 

Au flou du théodolite modifiant l’espèce,

Replète sous la chair d’atonales phonies

Jabotées de chaisières de cérémonie,

En des coulpes que le malheur dépèce.

 

Martelez le sol des prévaricateurs, ces profils

Avachis, et sans cœur: tristes silhouettes,

Par trop endimanchés ! Dans leurs habits de fête,

Paradent au pied du maître-autel… y défilent

 

Les servants d’outre-lieu_ chafouins aspergés

D’eau bénite, ou prétendue telle ; ces cauteleux,

Friands de catéchèse, tancent le sabouleux

Dont la bave maquille, au tonal du clergé,

La frémissante lippe souvent ennuagée

De mensonges exsangues, balèvre chargée

De profanations du catéchisme mielleux,

 

Alors que ces bigots dont le pape s’entiche,

Déversent sans vergogne, à l’ouïe attractive,

De fielleux boniments, sous des braises qu’avive

Le souffle court de morbides prêtrises, riches

D’alacrité, pour lier l’innocent qui s’en fiche,

La rosière d’un bal de quartier… elle affiche

De sa croupe, quand d’autres défrichent

Des péronnelles, le réceptif hymen, la vive

Encoignure devant laquelle salivent

Les amants de bandaison, altiers convives

De bombance,entre les cuisses de biches

Délacées du cordon de morale, en l’aguiche

D’accortes odalisques aux mues adaptatives

 

Voyez ! Rien, non rien, de plus navrant céans,

Que l’ivresse du doute, de la controverse !

S’en faudra de peu, pour enclore sous l’averse,

La charmille de nos pas… loin de cet océan

Dont la baille sublime de soubresauts géants,

L’ondulatoire fréquence ; les remous les dispersent

Au renouveau des larmes, quand les sourires gercent.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 2 octobre 2020

HORTOS MOLLITUDINIS*

 

HORTOS MOLLITUDINIS*

Jardins de séduction

 

Venez voir refleurir les jardins de Suzhou,

Le Nong Nooch de Thaïlande ; à Majorelle,

Les fleurs de Marocco aux teintes aquarelles,

Le beau genévrier s’enchevêtrer au houx !…

 

Qu'est-il de plus beau aux sillons d’Alhambra,

Aux portes de Villandry, au déversoir pavé !

Au cœur de Keukenhof, la Hollande se vêt

De chaudes radiances, en nous ouvrant les bras.

 

Kyoto, au temple de Kinkaku-ji, redessine l'allée

Où poussent à foison, d’aquatiques tubules

Semblables à l’alerte bambou agrafé en fibule

Au col de la nature fardée de mausolées.   

 

Tivoli, l’aguicheuse, anime de senteurs,

De fragrances, le dôme de Renaissance,

L'architecture de la Villa d’Este, l’aisance

Du manoir retenu au matin enchanteur.

 

Au nord de Brentwood bay, éclosent

Sous la neige, quelques bourgeons percés

Du froid chinook ; les pluies l'ont bercé

Au rideau de coulées, de musiques encloses.

 


Des cuprifères tropiques, chez moi,

La Martinique cloue des brandons au regard

De tendres néophytes, qui, l’œil hagard,

Découvrent Balata, son royaume où larmoient

 

La rosée de décembre, les perles parfumées

Dont la flore superbe entaille les verts semis,

Au rythme de l’écho de ces tam-tams soumis

A l’ombrageux Kwoca y venant parsemer

 

De fondantes biguines, de prestes mazurkas…

Les filles aux hanches pleines, fleur aux dents,

Entoilent nos jardins de tressauts discordants,

Qui, du Mont Périnelle mordu du paroka,

 

Aux plaines de Plaisance, enserrent le bedon

De ces terres bénies où les ombres s’effacent

Au chaud Phébus embué de mille traces

Émargées de la plage posée en édredon

Sur la rive aux spumescentes bailles, dont

L'écumes balaie les géloses tenaces.

 

 


Prenez de ces jardins défaits de noires gerbes,

Ces belles closeries ceintes de munificence,

Les renoncules aux pointes de faïence,

Voilant à l’aube, l'humidité de l'herbe !   

 

Venez aux tortilles poudrées de sel marin,

Féeriques couloirs de romances floutées

Aux amours pénétrées de la suave beauté !

Le séducteur s'en musse, au halo ivoirin.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

AEMULATORES REPROBI*

 

AEMULATORES REPROBI*

Zélateurs déchus

 

Ventres pleins, pervers, ensoutanés romains,

Vous qui hissez la fesse au pinacle des mânes,

Voyez mourir au parvis d’âmes sans lendemain,

Les zélateurs séduits de vos rites insanes !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 1 octobre 2020

QUOD AUTEM RELIQUUM FUERIT NOBIS ?*

 

QUOD AUTEM RELIQUUM FUERIT NOBIS ?*

Que reste t-il de nous ?

 

Il est de gris matins où se ferment les portes,

En l'ouateuse aurore, où l’esprit s’envenime

De mensonges faciles, dont le pusillanime,

Sans montre de retenue, vers l’accorte,

 

S’avance, heureux d’en taire la mollesse  

Dont se vêtent, âme flaccide, cœur flasque,

Ceux qui de la curée, fuient le masque

Du retors engraissé de sophisme d’abbesses.

 

Il est d’autres chemins, en entrave du nôtre,

De routes pentues jouxtant de l’abandon,

Au plus fort de l’orage, la sente où le chardon

Effeuille la  bractée accotée à l’épeautre.

 

Quand il pleut sur la lande à découvert,

L’automne vient troubler des sauvages réserves,

Le tiède ensilage, et qu’égrappent les serves,

Avant de s’effondrer… en attendant l’hiver.

 

Nos confessions taclent de l’arbitraire,

Sans admonestation, probable jouissance…

S’éteignent, nos regards dissous de tolérance,  

De possibles accords agrémentés, pour plaire,

 

De factices mandorles de pénitents contrits,

D’exsangues auréoles clampées à l’illusoire…

L’envie en translate, et parfois, sans surseoir,  

L’acte compromissoire plein d'acidimétrie.

 

***

 

Que reste t-il de nous, cendreux anthropiens ?

Quelle fondue iconique embouche du réel

Dont nous sommes connexes, nous mortels,

La parfaite inhérence ? Serions-nous transcaspiens,

 

Loin de terres cuivrées où le soleil écale

De la lie de nos tares, avant que de se lier,

La replète stature ? Sommes-nous, piliers

D’un empire sans monarque, en  l’escale

 

D’un rêve étoilé de chimères, d’hallucinations ?

Des mortes prétentions du précaire suivisme,

Nos robes ont balayé du bâti, le civisme

Auquel s’assujettissent les beuglardes nations.

 

Il y a tant de haine chevillée à l’enfance,

Tant de joies altérées en nos feintes liesses ;

Nos mots d’amour s’éventent, par hardiesse ;

Nos soupirs talonnent en cette récréance,

 

Nos rétives passions… la peur a aiguisé

D’une fine claymore, puisque velléitaires,

Le subéreux tissage aux lacis réfractaires

Du riche devenir dont l’effroi s’est grisé

Avant de nous pousser, en reîtres méprisés,

Du pont du désespoir… en-deçà de l’Ether.

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 29 septembre 2020

OTIUM MILITIAE IGNOMINIA*

 

OTIUM MILITIAE IGNOMINIA*

Humiliante retraite

 

La solitude achève le mourant, inoculant

En ses veines malades, un venin d’infortune ;

La déréliction empoisonne chacune

De nos envies, puis… soulève d’un palan

 

Le minuscule espoir de voir un jour mourir

De la thébaïde, l’incommensurable vide

De l’existence tierce enchatonnée de rides,

L’entité asservie au feu ne la pouvant nourrir.

 

Aux mortes affections de cette déchéance,

Les longs râles s’insèrent, modulant de la peur,

La commotion transcendée de stupeur…

Donnera-t-on encor, quitus aux doléances ?

 

Porte close, déprécié du système sociétal,

Piégé du gestaltisme, le solitaire s’épuise

A raisonner de la claustration qu’amenuise

L’affect, l’apathique inflexion, cette bave létale.

 

Il y a au chaos de sa vie sans nuances, ni fard,

D’imperméables gangues préjudiciables

A sa cage d’ermite, d’inaltérables

Seings savamment incrustés au cocon blafard.

 

Il n’a plus de repères… sa terre est un désert,

Aride Sertao plongé en la mort manifeste ;

Se pourrait-il qu’il gommasse du palimpseste,

Et sans préfixion, en l’exil, le verbiage disert ?

 

S’il faut des lendemains en ces molles vacances,

Avenir clivé aux riches prophéties, donnerai

A sa soif de fuyard, malgré lui_ emmuré

Aux vindictes princières, la dive jouissance

 

Du mutin défait de l’ornière baguée à la visée

Enchâssant la raison du nouvel affranchi…

Sa joie sera mienne, quand l’angoisse avachit

Le sujet délié du licol l’ayant tant épuisé…

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020