ORATIO
NECESSARIA DEBEBIT*
Irréfragable rhétorique
Éventrez du silence la pesante accalmie,
Cette trompeuse pause, ce fictif armistice !
Faites crier les morts, entre les interstices
Du sommeil racoleur ; ils seront insoumis,
Loin d’ouateuses
bermes, d’illusoires travées,
Quand du jour à venir, spectres du devenir,
Marcheront sur les pas ne pouvant retenir
Du temps aseptisé, les heures encavées
Aux cycles calendaires, et que broient les années
Chues de consomptibles ides ! Déçues des rogues,
Les âmes dépitées quitteront de la sorgue,
L’évidente noirceur, pour du songe mort-né,
Au son de clavicole, s'allier aux musiques,
Arpèges de piano
forte, au temps vrai
D'harmonies pincées de la viole enivrée
De l’antecantatio, en l’acmé d’acoustique.
Venez mordre au noyau de sapience,
Pacotille de jésuitiques ascètes !
Verrez du leurre de cristal, les facettes
Cosmétiquées de rites d’obédience !…
Sous les dentelles de putains en résille,
La blessure du bas-ventre des chiennes,
Frissonnent des plaisirs ; l’épicurienne
Les presse de phalanges ridées ; ces esquilles
S’émiettent en l’interdit, quand l’humeur
Résorbe de la manœuvre, avant que de muer,
Les rudes entrelacs, peu à peu, commués
En béats geignements… on en vit… on en meurt.
Quand l’homme verra au glas s’en venant naître,
Le Ciel, souffler Le Feu Du Divin Jugement,
Sa Colère, au barycentre de l’égarement...
L’Agneau crucifié éconduira le traître,
Pétri de glossolalie ; il priera Le Seigneur,
Mon Créateur béni, L'Unique Messie-Roi,
Dans la dolence de sa voix en désarroi,
Verbe nasillard ; en vain ! Qu’en est-il du cogneur
Qui, porte close, se soumettra, perdu
A jamais aux méandres de l’autosuffisance ?
Accointées aux mâles sevrés de résilience,
De prestes maritornes aux entraves ardues,
Au parvis d’immenses cathédrales, boiront
Avant de choir du tableau de Soutine,
Naïve, l'obombrée de la curie latine
Offrira au graveur, d’incommodes jurons…
Venez danser au marbre de ce mausolée,
Celui que Rome a sis au ventre du mouroir,
Ce froid catholicisme de prônes de dortoir,
De mercuriales dont les sermons balaient
Pour s’en mieux repaître, les capucinades
De curés engrossés de litanies glaireuses,
Gras majordomes, qui de béguines pieuses,
Aspirent de la tétée, la cavité laiteuse
Au flou du théodolite modifiant l’espèce,
Replète sous la chair d’atonales phonies
Jabotées de chaisières de cérémonie,
En des coulpes que le malheur dépèce.
Martelez le sol des prévaricateurs, ces profils
Avachis, et sans cœur: tristes silhouettes,
Par trop endimanchés ! Dans leurs habits de fête,
Paradent au pied du maître-autel… y défilent
Les servants d’outre-lieu_ chafouins aspergés
D’eau bénite, ou prétendue telle ; ces cauteleux,
Friands de catéchèse, tancent le sabouleux
Dont la bave maquille, au tonal du clergé,
La frémissante lippe souvent ennuagée
De mensonges exsangues, balèvre chargée
De profanations du catéchisme mielleux,
Alors que ces bigots dont le pape s’entiche,
Déversent sans vergogne, à l’ouïe attractive,
De fielleux boniments, sous des braises qu’avive
Le souffle court de morbides prêtrises, riches
D’alacrité, pour lier l’innocent qui s’en fiche,
La rosière d’un bal de quartier… elle affiche
De sa croupe, quand d’autres défrichent
Des péronnelles, le réceptif hymen, la vive
Encoignure devant laquelle salivent
Les amants de bandaison, altiers convives
De bombance,entre les cuisses de biches
Délacées du cordon de morale, en l’aguiche
D’accortes odalisques aux mues adaptatives
Voyez !
Rien, non rien, de plus navrant céans,
Que l’ivresse
du doute, de la controverse !
S’en
faudra de peu, pour enclore sous l’averse,
La charmille de nos pas… loin de cet océan
Dont la
baille sublime de soubresauts géants,
L’ondulatoire
fréquence ; les remous les dispersent
Au renouveau
des larmes, quand les sourires gercent.
Armand Mando
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