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mardi 25 août 2020

CERTAMEN IRRITUM*


CERTAMEN IRRITUM*
Inefficaces luttes



Après avoir vécu en de lointains déserts,
Déraciné des terres, amertume, vice ;
Couché nu sous l'arche des solstices,
Ai vu s'évaporer l'infidèle univers.

Après avoir purgé des yeux, les sanglots,
Vidé des palpébrales l'itératif reflux,
Mon cœur fit un bruit de grelots,
Au soir où flottent les profils joufflus.

Après avoir aux ides, nuancé des nuits
L'équivoque  noirceur, sans espoir, 
Du caveau où les spectres s'ennuient,
Ai allongé au seuil du désespoir,

Les joutes du conteur immature,
Brèves de copiste… sans doute ;
Du slang conspué, aux ratures,
Mon verbe su harnacher la fatale déroute.

Après avoir des solitudes, lié silence
En cette thébaïde, futiles pensées,
Ai, aux gorges du puits de science,
Bu ; s'y abreuve le rhéteur insensé.

Quand s'étire matin, de l'errance
Aux égarements sombres,
La pérambulation, des manigances,
Busquent les fuites sans nombre.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 24 août 2020

IMPUGNATAE SENTENTIAE EMENDATIONEM SURGERE ?


IMPUGNATAE SENTENTIAE EMENDATIONEM SURGERE ?
Récusés, levez-vous !


Récusés, levez-vous ! Ne soyez-point soumis
Aux dictats d’arrogants au raglan de kaiser !
Ces pontifiants allument en vos déserts,
De vieux fumigènes, des pétards endormis

Sans charge explosive, de vulgaires amorces
Dont l’enfant fait chahut, quand l’ennui
Bague de la jeunesse, les ténébreuses nuits
Profanées d’obsessions anamorphes…   


Soyez habiles, sans ronds de jambe !
Les silènes trompeurs du monde sociétal,
De trop viles manœuvres létales,
Endorment les plus sages, et qu’enjambent

De vains codicilles d’interversions
Dressées en réquisitoires… ces armes
Pourtant fallacieuses, font du charme
Aux rigoristes nimbés de prétention :

Légalistes, suppôts de coterie, castes
Boursouflées, sans âme, gonfaloniers
De bombance, altiers bâtonniers
Purgés du raisonnable, pleins de faste,

Grandiloquences… sires d’apadana
Aux belles tentures moirées…
Réveillez-vous avant la marée,
Quand s’ouvre le portail du capitanat !


L’homme a de l’idoine, écorché convenance ;
Se peut-il qu’il en vienne au soir, dépité,
Lacérer les remords égrenés d’impiété
Effeuillé de sanglots déliés d’accointance !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 23 août 2020

ADISPISCING FAUCIBUS GELIDA*


ADISPISCING FAUCIBUS GELIDA*
Aquarelle figée

Penchée à la rambarde des souvenirs,
Elle regarde passer les clichés d’autrefois,
Ces flous cosmétiqués, coagulés au froid
D’intempéries que l’on voudrait honnir.

Sous l’étole mitée du temps désaccordé,
Épie du sillon de ses rides, l’entaille
Faite aux reines dont les entrailles
Débordent d’accessibles cordées.

Étirée sur la couche d’insolubles amours,
L’empreinte des nuits blanches vacille
Des jouissances... inutile coquille,
Chabraque d’un fougueux troubadour

Tonnant en héraut à l’heure où perce
De la béance, l’influx de solitude, débit
De diamantines larmes, et qui de l’éphébie,
Sermonne le soldat isolé sous l’averse.

Son espace aluné est un vieil accessoire ;
Y grondent de brèves discordances
Au clavecin prémuni d’allégeances,
A la protase d'un lever d’ostensoir…

Flagornant en de molles pirouettes,
Dresse réquisitoire, pour du deuil affecté,
Éteindre noirceur, scrupules éjectés
De cognitives bornes de silhouettes

Dressées au parvis des réminiscences ;
Là, flottent les béguines encavées
De doutes, vilenies vite bavées
A l’ouïe d’abbés repus d’indifférence,

Pleure secrètes perles d’humiliation ;
Les mâles l’ont défaite de sa retenue :
Offrandes premières écalées du nu...
Plaintive chair privée de mutation ;

S’y confinent en de craintifs tressauts,
Maladroites manœuvres, menées
Dont abuse la gent la voulant ramener
Au corridor des serves en sursaut…

Égrène chapelet devant l’icône bleue
D’une madone que les ans patinent,
Supplie au soir l’image byzantine,
De quérir pour elle, quelque dieu

De promesses de catéchuménat,
Déité de réserve où l’esprit s’intoxique
D’insidieuses feintes d’apraxiques,
De rituel de riches mécénats.
                                                   *
Qu’ai-je à retenir de ces absences
Dont parle le poète déçu de la catilinaire
Posée à la balèvre du preste missionnaire
Et qu’enclouent les frasques d’abondance !

Je prendrai, moi aussi, le chemin cahoté
De sentiments contraires… les rires dilués
M’égratignant le dos ne peuvent influer
De ma mue, l’imprécise beauté…


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 22 août 2020

ALIUM*


ALIUM*
Autre part


Le bourgeon, du hallier l’enserrant,
Boit la rosée, aux premiers matins
Des semences, sous l’œil adamantin
Du radieux soleil aux rais exubérants.

Papillons devenues, les chenilles déploient
En l'aube, leurs chétives ailes ;
L’apex redessine les costales, belles
Feuilles discales solennisant l’exploit.

Le vent semble crisper l’aciculaire tige,
Le fuseau, sur les berges lacustres ;
Le fier roseau, le lierre en incruste
Protègent le barbican aux nobles rémiges.


S’éveille au cri de l’aigrette garzette,
Au chant de bondrées apivores,
De buse, l’insecte frugivore
Retenu aux spinules de gariguettes,

Juteuse fragaria fluée sur la lippe
En suçons de sucs appréciables,
Sous ridule médiane... agréable
Lie tanisée de philtre, d’où ripent

Des sécrétoires, la glotte bruyante…
Le pollen, des pixels, vient poudrer
La nature, d’exine, d’intine, à l’adret
Du long col champlevé, et qu’enfante

Aux printemps d’amoureux en liesse,
La douce aubade… souvent, elle séduit
L'âme, le cœur conquis… j’en déduis,
Qu’elle enivre de fidèles promesses.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 21 août 2020

EMPYREUMS NAUSEAM*


EMPYREUMS NAUSEAM*
Empyreumes nausées

Il est déjà matin ; voilée de nébuleuse,
La plaine s’en vient couver au ventre
De vallées creusées du barycentre
D’ombres aux vapeurs argileuses.

S’étendent, les relents de mofette,
Acidifiants gaz de flux nitriques ;
Déliée de l’arche concentrique,
La faune s’affaire, dépitée, stupéfaite.


L’océan vrillé aux corallines vagues,
Danse sur les flots parés de friselis,
Et qu’enroule la lame ointe de parhélie
Rehaussée du ton vif de reflets en zigzag.

Les marées fauchées de tempêtes, bavent
Aux équinoxes, sur la cuve flottante ;
S’y effeuillent les algues, aux battantes,
Quand la baille dissoute délave

Des fonds gris, le limon bacillaire,
Alluvion lésée de vertes puntarelles
Irradiées de sel marin… aquarelle
Placée au cuvier de flore fritillaire.


Dérivent des courants, les grises battitures
De l’ancre des bateaux… miasmes rivés
Aux écailles... peu à peu, dérivées
De madrépores voilés de la mâture

De navires… trop loin du Miquelon
Des précieuses pêches ; les morutiers
En domptent les filets de grutiers,
L’appareillage traîné de son long

Sur la masse ingrate, l’onde furieuse 
Soignée des vents de la côte saline,
A l’heure où le fretin dessille la résine
D’un mât terne survolé des rieuses,

Insipides mouettes, à contre sens
Des cerces lagunaires… battent des tapées,
Les sirènes goulues défaites du drapé
De sargasses cloquées d'indécence.


Nauséeuses soufflés de contrées,
Ne jetez _ je vous prie_ des déconvenues,
L’insuccès piétiné de vos parvenus
En mal d’affection, polluant, décentrés,

Les rivages soignés de nos palmeraies,
Les berges moulées où s’allongent, l’été,
Les nymphettes, quand l’écume bleutée
Frôle les jouvencelles aux rires efflorés !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 20 août 2020

SPECIE SOLA APPARENTES RATIONES CATARACTA*




Illusoire cascade


Ton amour est pour moi,

Aux nuits, illusoire cascade ;

Parfois, tes piètres émois

Ceints de sentiments fades,


Attisent les braises de rancœur,

Pénétrant au son de l’hallali

Le venin de l’âme, le fiel du cœur

Où surnage l’imparable folie...


Il y a tant de mots, de discours,

Chaque jour, à nos lèvres bavardes ;

Sont-ce en de vains parcours,

De routes empruntées de bardes


Que l’espoir décélère du temps,

En l’aurore sans teinte, minutes

Et secondes, derrière les battants

Où nos corps nus chahutent ?


Les épis de ta gerbe fanée

 S’égrènent des froids matins,

A l’aube des jours tannés

Emportés des vagues du destin.


Elles roulent en cascade, puis, glissent

De la hanche du remords effloré,

Brisant de la rocade, l'éclisse

Soutenue, la voulant emmurer.

  

Armand Mando ESPARTERO© Copyright 2020

mardi 18 août 2020

NIHIL MINUS QUAM…*


NIHIL MINUS QUAM…*
Moins que rien…


J’étais comme elle, un gamin délaissé
Jouant chiffons et balles, en silence,
Gosse cabossé, purgé de son enfance,
Vers l’ailleurs, au col des trépassés…

Mes rêves cloquaient  au vent des libertés,
La souffrance, les doutes compulsés ;
J’étais une œuvre morte rehaussée
D’une eau forte stridulant la beauté.

Je suis né sur une terre ingrate,
Sol piétiné de spadassins pugnaces ;
Aussi, ai-je des partitions, sans grâce,
Dompté l’eurythmie d’impossibles cantates.


Ai confessé des manques de tendresse,
Pinçant de l’affect, l’aréole superbe…
Délié de joutes, de propos acerbes,
Ai obvié des lois que l’on transgresse.

Ai vu Paris au rets des Cabochiens,
Soulever de la Seine, la dégaine flétrie ;
Mes envies de vomir sur l’immonde patrie,
Tuèrent du raisonnable, la vertu sans liens.


Ai dénudé des vices impromptus,
L’aguichante cambrure… me suis fait hédoniste,
Quand l’aplomb du béjaune l’éjecte des pistes ;
Y roulent des ombres par trop pentues.

Aux aurores, au point du renouveau,
Irai sur vos dépouilles, avec cérémonie,
Déposerai des gerbes… sans ironie,
Inénarrables lazzis ; l’amok murera du caveau,
L’entrée, dont la mort a su faire déni.



 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020