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dimanche 23 août 2020

ADISPISCING FAUCIBUS GELIDA*


ADISPISCING FAUCIBUS GELIDA*
Aquarelle figée

Penchée à la rambarde des souvenirs,
Elle regarde passer les clichés d’autrefois,
Ces flous cosmétiqués, coagulés au froid
D’intempéries que l’on voudrait honnir.

Sous l’étole mitée du temps désaccordé,
Épie du sillon de ses rides, l’entaille
Faite aux reines dont les entrailles
Débordent d’accessibles cordées.

Étirée sur la couche d’insolubles amours,
L’empreinte des nuits blanches vacille
Des jouissances... inutile coquille,
Chabraque d’un fougueux troubadour

Tonnant en héraut à l’heure où perce
De la béance, l’influx de solitude, débit
De diamantines larmes, et qui de l’éphébie,
Sermonne le soldat isolé sous l’averse.

Son espace aluné est un vieil accessoire ;
Y grondent de brèves discordances
Au clavecin prémuni d’allégeances,
A la protase d'un lever d’ostensoir…

Flagornant en de molles pirouettes,
Dresse réquisitoire, pour du deuil affecté,
Éteindre noirceur, scrupules éjectés
De cognitives bornes de silhouettes

Dressées au parvis des réminiscences ;
Là, flottent les béguines encavées
De doutes, vilenies vite bavées
A l’ouïe d’abbés repus d’indifférence,

Pleure secrètes perles d’humiliation ;
Les mâles l’ont défaite de sa retenue :
Offrandes premières écalées du nu...
Plaintive chair privée de mutation ;

S’y confinent en de craintifs tressauts,
Maladroites manœuvres, menées
Dont abuse la gent la voulant ramener
Au corridor des serves en sursaut…

Égrène chapelet devant l’icône bleue
D’une madone que les ans patinent,
Supplie au soir l’image byzantine,
De quérir pour elle, quelque dieu

De promesses de catéchuménat,
Déité de réserve où l’esprit s’intoxique
D’insidieuses feintes d’apraxiques,
De rituel de riches mécénats.
                                                   *
Qu’ai-je à retenir de ces absences
Dont parle le poète déçu de la catilinaire
Posée à la balèvre du preste missionnaire
Et qu’enclouent les frasques d’abondance !

Je prendrai, moi aussi, le chemin cahoté
De sentiments contraires… les rires dilués
M’égratignant le dos ne peuvent influer
De ma mue, l’imprécise beauté…


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020