pinterest

mercredi 5 août 2020

PRINCIPES ET PROCACIS*


PRINCIPES ET PROCACIS*
Impudique noblesse

Les rois sont à ce point, férus d’autorité,
Qu’ils tancent sans vergogne la plèbe,
Avant de la soumettre, avec alacrité,
Aux folles pitreries approuvées de l’éphèbe,

Ce gracieux dauphin du royaume envié
D’impériale caste dont la noblesse attise
En de secrets desseins, sans jamais obvier,
Le feu des scissions chatonné de feintises.  

Les reines soulignent du libertinage,
Fatale dérive d’amantes clandestines
Au boudoir où au soir, surnage
La candide d’un couvent de béguines.

En brocard de soie, les marquises poudrées,
Au preste damoiseau, confient sans amertume,
Espérer du dynaste, en des nuits cendrées,
Avoir de la couronne, quand le vice bitume

La catin de cour, nobiliaire titre, aveu
Semblables au serment d’épousailles ;
Là, au seuil de la vieillesse, faire vœu
Aux moniaux éclusant les sombres funérailles.

La suivante humiliée au cortège des serves,
Voit s’écrouler le fief de son désir de naître
En ces lieux où la gentilhommerie réserve
Aux pâles caméristes, ces gouges, fenêtre

Sur le monde… oasis en un désert de luttes,
D’avilissement… s’y perdent les soubrettes
Pelotées de disgrâces, que chahute
Le bourgeois épanoui en ces brettes.

Impudique noblesse, confite en la lie
Du vil sybaritisme, sans retenue aucune…
Émargée d’outre-lieu, outrée de l’hallali
Éveillant  la putain du roi qui, aux lunes,

Voit Le Jugement Divin fondre sur le sérail…
Point d’habeas corpus pour enclore de l’âme
Le repentir… vois la mort qui te raille !
Tu n’es en ce bas monde, que semence agame.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020