QUAE
EGO FACIO*
Je fais ce que je veux
Je fais ce que je veux ! Tant pis si je déroge
Aux lois aseptisées, aux règles étatiques ;
Mes envies sont des masses eustatiques,
Mes besoins rebutent l'eucologe
De vos paroisses : chapelles mortes,
Cathédrales sans vie dont le mariolâtre
Accuse sous nef de mausolée albâtre,
Prépotence… à l’ouverture des portes.
Je fais ce que je veux, c’est ainsi !!!
La vie, ce cylindre, aspire du présent,
Avant que de renaître en l’affect suffisant,
Piètres rogatons déviés de raccourcis
Dont je me fais fort d’écobuer
Du sol amodiable, les traverses butées,
Tertres jouxtés de spacieuses jetées ;
S’y entrelacent des formes embuées,
Sous étole, quand la maréchaussée
Admoneste l’ivrogne de guingois,
La catin au souffle en décroît,
Aux nuits troublées de relents alliacés.
Je fais ce que je veux ! Me peut-on soumettre
Aux tatillonnes clauses, fussent rédhibitoires ?
Ai-je les pieds palmés aux remblais de trottoir
Écailles sur le dos ? Me le puis-je permettre ?
Hier, faquin en vos salons, céans podestat
A la cour où siègent les plus grands ;
Me fais, sans lunes, ni rustre bougran,
Autocrate d’empire, sublime potentat
De monarchie… celle dont parle encor
Le silène ventru d’un triumvirat,
Cacochyme devancier au verbe scélérat
A la toge mitée, sans baccalaureus,
ni corps
Assez souple pour parader confiant,
Quand la plèbe en salves salue,
Riche d’orgueil, le tout nouvel élu
Au souverain trône… démiurge pontifiant,
Le voilà !… que dis-je, le… me voilà, fier,
Au faîte de la gloriole, sous oriflamme
D'affranchis que las, au soir, réclame
Le citadin repu de jésuitisme tiers !…
Je fais ce que je veux ! Seulement, très chers,
De vous, à moi, mes rêves sont en toc…
Suis, plus que jamais,
sous les loques,
Palefrenier de bercail, devant l’archère
Percé de flèches d’inconsidération ;
Suis seul en cette thébaïde ; tant pis !
Mes luttes avariées accotent par dépit,
L’espoir de voir d’En-haut, La Rédemption.
Armand Mando
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