VILLARUM
FLANDRENSIUM GETAWAY*
Escapades flamandes
Il a plu ce jour, au nord de Tirlemont…
La province flamande est en ce gris matin,
Sur la grande Gette, en l’aube qui l’atteint,
Semblable aux Cornouailles qui, des monts,
Se détachent des bruines de septembre,
Puis ravivent des vents chauds de Brabant,
L’opiniâtre soufflée, l’artefact débourbant
Reflux, de l’étang de Bambois ; s’y cambre
Le pédicelle peu à peu décroché
De la vase au remugle tenace…
La pluie a délavé de ce col, les traces
Enfouies en la lise maculant les rochers.
Des riches armoiries où trône L’Agnus Dei
A la fasce d’argent en bannière d’écu,
Trabes d’or et bocquets d’argent, ont vécu
Au tertre de sinople… ces symboles vieillis,
Noués en ralingue de l’historiographie,
Enchevêtrés aux lubies d’annalistes
Purgés du raisonnable… ces sophistes
Emperlent de doutes enchâssés de défis,
Napoléoniennes dérives au panonceau
D’archives limées de scribes infatués,
D’insolences tristement accentuées
D’aristarques adoubés jadis à Chenonceau.
*
Il pleut encor au bourg de Gossoncourt ;
Les marchandes s’affairent, amusées de voir
Sur la place mouillée, s’allonger le bavoir
Du prélart ruché de l’immense pourtour.
La ville de Van Den Bossche reprend des couleurs ;
Les jardins s’ouvrent au clair de la rosée ;
S’en viennent alors, finement posées
Sur l’amaryllis, pour farder leur pâleur,
Cochenilles en paissance forcée,
Sveltes libellules encellulées de bises,
Mutines avettes dont le pollen grise
La flore pincée de tons désamorcés.
Estourbi en ces frondes passives, j’écale
De la nature, le liquoreux nanan, fier
De connaître de ces flous aquifères,
La rythmique perlée, et que la nue étale
Au ventre meurtri de rives ensablées
Où mes pas ajustent de la mue pérégrine,
L'empreinte dont la marche butine
Les talures injustement râblées.
A deux pas d'Hautem-Sainte-Marguerite,
Me suis laissé séduire par Zeven Zillen ;
La guerre jadis, courant à perdre haleine,
En s’épongeant le front, su donner à Magritte,
D’ostensibles pochades ; que ne puis-je céans,
Moi, l’inculte d’une France lointaine,
Absorber de l’attrait
serpenté des fontaines,
L’itératif débit purgé du douzil béant !
Armand Mando
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