AMOR,
HOC ARTIFICIUM*
L’amour, cet artefact
L’amour est un chemin pavé d’illusion,
Un sentier où s'égare la raison ;
C’est aussi un chenal délaissé des saisons,
Canal d’où chavirent les mortes passions.
L’amour est l'esquisse d’un aquafortiste,
Ébauche privée de ses belles couleurs,
Un croquis dont les tons isolent la fadeur,
L’exsangue prétention dupant l’artiste,
Une allée pentue ; s’y perdent les amants,
En l'accès emprunté de béjaunes surpris
D’être en l’inconscient, vil mépris
De béguines encloses de tourments.
L’amour est semence de jachères,
Sève culturale de jardins de bohème ;
Longés aux clameurs que l’on sème,
De déçus feintés du halo de torchères…
C’est un tableau, sculpturale empreinte,
Œuvre statuaire dévoilée avec grâce,
Prodige sublimé de subtiles traces ;
L'éconduit en flatte les criardes teintes.
Pour l’avoir côtoyé aux décans de septembre,
Je peux, sans montre de réserve, affirmer : _
C’est
un bouquet repu des fragrances de mai,
Sur
tombe chaulée, ou sépulture d’ambre ;
D’anonymes
pensées; l'audace en démembre
L’escorte, au petit jour, avant de l’essaimer.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020

