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vendredi 28 août 2020

SUBLIMIS FONS*


SUBLIMIS FONS*
Majestueuse fontaine

Fontaine ! Fontaine !... je boirai de ton eau,
Au  matin où pépie l’oisillon guilleret,
Aux jardins refleuris de frasques de juillet,
Aux prairies reverdies sous l’auguste falot.

Fontaine, ma jouissance, mon aubaine,
Ma claire cascatelle, abreuve mon gosier
Du reflux de larmes qui du vert rosier,
Écarte les épines, en l’aube souveraine.


Quand s’ébrouent les juments repues
Au souffle de l’éther, s’ébattent les daines,
Je vois baguenauder  d’inutiles fredaines
Au ventre de cités corrompues ;

Alors, penché au cuivre de ton canon froid,
Je pose la balèvre, sans m’en lasser jamais,
Pilleur aspirant du goulet élamé,  
Le filet hyalin, le ru... et par petites fois.

Fontaine sise sur la Grand-Place, l’acrotère
Croque de la pierre taillée, la moulure
Gravée à la saillie de l'architecture
Dont l’ornemaniste boute le fragmentaire.

L'arche cuprifère ennoblit ta constance ;
J’y vois naître de moites arabesques…
Rivées aux planchers gigantesques,
De longues bandes éclairent ta prestance ;


La pâleur ostéone de corps sénescents,
Quémande de ta décharge, en ce mal,
L’affluence, aux phases hiémales,
Atermoient, quand se meurent, indécents,

Les premiers notus, le généreux mistral
De la Provence sublimée du poète ;
A sa feuille, soupirent en flou d’anachorète,
D’ascétiques kyrielles reprises en chorale…

Moi, j’avance à ton lore, essoufflé,
Mais fier de partager de l'alternative,
Le fusionnement… en l’imaginative,
S’accotent des plaisirs déliés d’invectives
Et qu’enserrent les jets de ta cuve renflée.


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020