SIC
CAERULEAE*
Céruléenne voie
Je regarde du miroir alizéen,
Se refléter sur l’arche coraline,
Du majestueux profil, la muance saline
Tonnant aux vents légers, puis, du méridien,
Flotter en doux roulis comme l’amphibien
Bercé d’embruns, de perles coralines.
Je soupire, puis, guette de la marée,
Le roulement des flots bleus en cacarde ;
Il y a au ventre de l’onde furibarde,
Le minuscule fretin, l’alevin égaré
Et qu’encercle la spumescente masse,
Fuse d’aquatiques renflements de cuve ;
S’y meuvent les froids coraux de l’étuve
Où s’agitent les algues qui s’enlacent
Sous la blanchâtre voûte océane…
Des berges azurées, à deux lieues du quai,
S’enrouent les brises déloquées
De solstices hués de graciles tartanes.
La mer allaite d’un sein mélancolique,
La lame distordue des tempêtes,
Couve la baille que les flux émiettent,
L’anguleuse ligne aux branles acycliques,
Puis pose à son bossoir, avant de s’amollir,
Les frisures d’iodiques coulures ;
S’en évaporent les peccantes moulures
Ressac effréné que l’auster va polir.
Armand Mando
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