Agonie de turbellariés
Dorment à l’ombre des faubourgs,
Sous les porches d’église... au soir :
Hommes spoliés d’accessoires,
Carencés d’indulgence, à rebours
D’altruisme… ils rêvent, cœur à nu,
De pain, d’eau, de clémence… le temps
Nous laissant intestats, calme pourtant
De leurs travers, les fièvres soutenues ;
Taraudante ardeur, ce mal en devenir,
Ce venin qu’inocule l’adiaphorie :
Indifférence du peuple dont l’euphorie
Anime du mésaise le bât, sans bannir
De l’affect sclérosé de lourdeur,
Béotisme de fat sans ouverture :
Rusticité dont la littérature
En de subtiles joutes, entaille la roideur.
S’étirent encor, telle la gent médusée,
L'âme, cul serré, gorge pleine,
Débordant d'une irascible haine,
Lors que le cœur, en finaud, ce rusé
Aux morgues empanachées d’emphase,
D'outrecuidance, si la misère l'écale
D'un stoïcisme en draine de mescal ;
Son âcreté céans, dégorge d'amylase.
De ces turbellariés sans attaches,
Ai beaucoup à apprendre… voudrais
De leur soif, en l'espoir, à l’adret
De leurs cimes, défait de sabretache,
Atteindre l’exacte dimension, voir
Pousser du devenir, heureux,
Fier, Le Ciel dont le peureux
Admoneste L’Aura… y verrai-je pleuvoir
Du Divin Créateur, Les Promesses ?
Serai-je à même d’en jouir ? Sans contredit,
Le Bonheur est d’En-Haut ! Je le dis : _
Rien de plus beau, au col de la détresse,
Que psalmodie d’anges en l’allégresse
Du Chœur tonnant du Paradis !
Armand Mando
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