SOLVE
METUS ;*
N’aie craintes aucunes !
Ne t’en fais pas fillette, il faut savoir sourire
Aux années qui s’effeuillent, au printemps
Qui s’étire… bousculé par l’autan ;
Ici, l’amour se gausse du malheur à venir !
Garde-toi aux heures fugaces, aux saisons
Dont la terre écale les cycles, où les ides
Traversent du miroir écaillé, les rides
Grimaçant aux portes des maisons !
N’oublie jamais fillette, les premières blessures !
Elles te font connaître la violence des hommes,
Enjôlent tes rêves, tes songes économes,
Aux nuits épandues, quand l’envie te ceinture.
Ne fais jamais chagrin aux amants de passage !
Ces noceurs affligés du vil sybaritisme,
N’en valent pas la peine… du fol hédonisme,
Naissent des promesses peu sages
Dont l’infante insupporte l’engagement premier ;
Il te faut retenir ! Il est des jours de pluies,
Des matins d’orage qui, en gorge de puits,
Aspirent de l’enfance, et pour l’humilier,
L’éphémère jeunesse, la précaire jouvence ;
De la nubilité percent des dissonances folles
Sarclées d’incohérences, et que souvent raffole
Cet antagonisme balayant l’innocence.
Ne serre pas, nymphette, de poings vengeurs
Sur la haine dressée en offertoire ! L’acrimonie
Enfielle le tendron boudé d’enharmonie ;
Ses notes se délacent d'accords majeurs,
Et du beau clavecin, les touches se détellent,
Absorbent des symphonies, le motus,
Constantiam
vocis équilibrant l’hiatus ;
La théorie en spolie la pratique d'un rappel
Qu'accentue fillette, l'ivresse de la soif
Du lendemain où tout n’est que musique,
Cantilènes, eurythmies basiques ;
Là, de l’adolescence dessertie de coiffe,
La vie pose des ombres aux pas malhabiles,
En distord des besoins, l’immutabilité,
De la vertu, l’improbable virginité,
Celle que le poète vêt d’iambes labiles.
Armand Mando
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