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samedi 8 août 2020

BALI PULCHRAE*


BALI PULCHRAE*
La belle de Bali

Les algues enlacées sous la flore saline,
Émerveillaient encor la dame de Bali ;
Elle teintait ses lèvres purpurines,
Sur le moite satin de son immense lit.

J'ai croisé son regard opalin dans Paris,
Au matin d’octobre en décroît ;
A son passage, la Seine s'est tarie, 
Les jais d’eau animés prirent froid.

Son moiré aux œillets de dentelles,
Flottait au tumulte de  l'écho offensé
De n'être, des clameurs rebelles,
Douceur à naître de salves nuancées.

J’enviais de sa peau, les nuances de feu,
Les replis de la chair faisant pavoiser
Ceux qui voulaient de ses tendres yeux,
Roidir les volutes... sans jamais patoiser

En d'insipides mots de sabir kannara :
Idiome dravidien usité de sultanes ;
Ce slang empalait du flou de son aura,
Le majestueux profil, la hanche diaphane.

J'aimerais plonger en ses rêves salés,
Atteindre la cascade diluée des fièvres
Exsudées de sa moue, afin d'en empaler
La sanguine douceur de sa rétive lèvre.

Voudrais en l'éther, obombrer de son col,
L'ubac encor humide… puis, de l'adret,
Franchir chaque degré qu’accolent
Les rides de balèvre, ou le nimbe poudré.

Serions-nous, au cœur de Bagatelle
Rassurés en ce lieu où, l’amant craintif
N’ose dénouer les soyeuses dentelles
De la muse blessée de l’éphèbe rétif ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020