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dimanche 7 juin 2020

STATIM WOMEN*


STATIM WOMEN*
Femmes de naguère


Femmes de naguère, en de suaves moues,
Déclinaient l'invite de l'amant empressé,
Se perdant, quand le cœur oppressé
Accentue avec grâce, l'illusoire remous.

Aux bises éthérées de primes estivales,
Portaient toilette serties de ganses ;
Du port altier, pinçaient de l'offense,
Le culmen, l'espoir conjectural.

Elles éveillaient de nos rires éteints,
L'exhalaison, profanant des discrétions,
Retenue dont la dame, avec attention,
Encloître aménité du sublime teint.


Avaient la douceur des portraits de Clouet,
Beauté des gouaches de Marie Laurencin ;
Angelica Kauffman en ses dessins,
Donnait à leur regard, sans le renflouer,

L'intrigue des maîtresses séduites 
Dont le talent loue le circonstancié,
Faisant commerce, sans se supplicier,
Du charme allusif de l'esprit émérite.

Accusant, en de vains soubresauts,  
D'espiègles pirouettes, la rouerie…
Les femmes de naguère me sourient,
Puis se meurent, déliées du sursaut
Enjôleur de mes stances marries.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 6 juin 2020

BEGUINARUM SERVIENTES*


BEGUINARUM SERVIENTES*
Béguines asservies


Je bois à tes silences, par lampées,
A l'asymbolie, l’incompréhension ;
Je fais, sans me jamais tromper_
Le tour de l'insomnie, de l'affliction.

J’aurais pu emprunter raccourcis,
Amputer le tracé, m’étendre
Sur la rive où ton corps indécis 
S'aiguise, sans en pourfendre

Les flots ; là, tu fais paissance,
Jouissance dont la serve féale
Grand bien lui fasse !... tance
L'absconse fièvre de l'âme létale!

Tu aimes les femmes de gabier ;
L'ironiste semble tacler ton vice ;
Saphique Mélisande d'un gerbier
Que Pelléas égrène ; s'immiscent

Des tiges par trop malmenées,
D’intrusives risées d’aube tiédie ;
S'y égarent en l’œil illusionné,
Lesté de grimaces, la palinodie.

Tu maquilles sans peine l'histoire, 
L’espèce spoliée de confort…
Y dois-je céans placer offertoire,
Abouter cet affront, sans efforts ?

Ce cautère brûle l'âme, l'asservissant 
Parfois, en des luttes fouillées
D'acolytes aux thrènes blessants,
Déviance de none agenouillée

Devant la couche fardée d’adultisme,
Ce satin froissé, ce sinueux détroit
D'imprécatoires larmes d’atavisme:
Hérédité conspuée du matois.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020


vendredi 5 juin 2020

ORATIONES FRUSTRA*


ORATIONES FRUSTRA*
Vaines prières


Avions de larmes, inondé le parvis
De chapelles où l'homme-poussière
Déverse sur le nonce asservi
A l'obédience, de vaines prières.

De mots lourds, du verbe menteur,
D'ordalies, emmurions la constance…
N'est des chemins enchanteurs,
Qu'ésopique prosopopée d'enfance.

De combien de peccavi, panthéisme,
Protocolaires dogmes de liturgie,
L'âme s'égare, ivre du syncrétisme
Des messes colorées de magie ?…

N'ont de Dieu, que vision sectaire,
Sataniques pompes, les fourbes
Liant celui que le malheur atterre
Quand déçu, la religion l'embourbe.

Avions du temps des prophéties,
Accepté Textus, machinalement…
Est de bon ton d'annihiler l'hérésie,
Ce purgatif ; l'on doit inéluctablement

S'en défaire, Du Seigneur, accepter
Souffrances… Le Calvaire en anime
Le précieux douzil ; rien n'en obstrue
La coulée excentrant la butée !

Sur elle, se cogne le sectaire,
Aux flots déportés aux aurores
De pleurs tapis en l'aube claire,
Percés du long dard de la mort.

Au matin renaissant, au seuil
De la vie, La Céleste Trompette
Du cœur sénescent, de son deuil
Drapera le crayeux squelette.

Je dirai confiant: _ Je m'en vais
Me griser du parfum de L'Éden,
Heureux, sans craintes, de l'ivraie
Me saurai défaire, et sans peine.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 4 juin 2020

ET QUOD NATUS…


ET QUOD NATUS…
Avoir été et… naître

La pensée ruinée refoule du présent,
Riches idées, subtiles pirouettes
Du temps qui peu à peu, s'émiette
Du cœur piégé de l'être méprisant.

Sous gravats et déblais se meurent
Les cris adolescents, nos quinze ans
Dont l'adulte trouvait fort déplaisants
Les accords insufflés de rumeurs.


J'escalade d'abruptes parois, la nuit,
En somnambule, en piètre écrivain
Grisé du cépage ennobli de son vin
Bouchonné de miasme de suie.

Je cours, affublé d'indécence,
D'impudeur ; mes lubies ont fondues
En l'âtre de vains sous-entendus,
De piques encartées à l'enfance.


Je voudrais calter, fuir le temps,
Pour le vaincre plus tard… rien n'y fait !
En ce monde_ hélas! _ rien n'est parfait…
Encor moins mon double hésitant !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 3 juin 2020

INSANIS SACRIS*


INSANIS SACRIS*
Rituel de fous

Au bout du long tunnel sans fin
Dont la mort alimente la niche,
L'âme, l'esprit, le corps, en friche
S'étiolent, se débilitent… ont faim,

Faim de ce renouveau, ce réveil
Vécu des prophètes d'En-haut;
A-t-on de l'espèce, ce cerneau,
Retenu aux mâtines vermeilles,

L'ultime office dont l'ascèse
Enjolive le cultuel sacrement,
Triomphal jubilé ceint d'ornements
Dont l'icône entoile la catéchèse ?


Damnés de Sodome et ribauds
Suçotent des mamelles orgiaques,
L'aréole ; se verront sous l'abaque
Des spectres, des plus beaux

Ectoplasmes, chus de la superbe,
En zombis d'une crypte chaulée...
Les femmes dompteront le piolet
Perçant du bas-ventre, la gerbe:

Gloriole pubienne dont la fente rosie
Absolve du séminal mucus, à tort,
Spermatique glaire, qu'en retors,
Le finaud farde d'un germe moisi.


L'homme, cet incivil, plantera solitaire,
Sa dégaine au centre d'un espace
Où s'ébrouent les gardes de Candace,
Saphiques serves, piètres larvaires.

Au couloir embué de débauche,
De bacchanales, louves, putains,
Cérastes anamorphes, catins
Du froid bitume, sous ébauche

D'un préraphaélite à l'étoupe fripée,
Balaieront de l'aquarelle floue
Les écailles que renflouent
Le maillet d'ornemaniste drapé

D'un raglan de riche épanneleur
Dont le ciseau entaille du galbe nu,
L'étrange traverse, si menue
Puisse-t-elle paraître au ciseleur.


Le temps taira des promesses
Cristallomanciennes, les redites,
Et de la resucée, moiteur confite ;
L’Éternité trônera au cœur qu'oppressent

Les fables catholiques, mensonges
Dont le pape auréole les nonces,
Ces pédérastes, et qui poncent
Du jeune sacristain, s'il s'allonge,

Vaincu du démon ensoutané,
Cet abbé, ce curé de confesse
Faisant ripaille de la fesse
D'angelots rivés au mâle tanné.

Demain sera amour, nitescence,
Déversés en bouquet de douceur
En l'Arche dont le noceur
N'aura plus_ je le crains_  jouissance !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 1 juin 2020

PROLEGOMENA NOVAE RHETORIS*


PROLEGOMENA NOVAE RHETORIS*
Prolégomènes de rhéteur


Arguties de sophistes, cavillations,
Rhétorique, avez tant piégé
D'historiographes, puis, assiégé
Cérébralité, présuppositions

Du savoir: ressources et science,
Dont le profane honnit l'érudition
Bercée d'ignobles prétentions
De vils déclamateurs, la sapience,

Prodrome, didascalie dont l'orateur
Couve de paradoxes le libelle
Qu'il défend seul, l'œuvre rebelle,
Réfractaire aux notes d'éditeur.


Souvent, par des mots écorchés
De graphèmes, le scribe trace
La circonlocution, puis, place 
L'ouvrage tristement amoché 

Au linéaire d'un style détergé
De poncifs, truisme de prosateurs,
Tautologie de gazetiers conteurs
A la sortie d'un tabloïd ennuagé.  

Ce monde sans liens, trop fardé,
Est un média à lui seul, registre
De gongorisme, prêches de ministres,
Simulacres de plénipotentiaires ardés   

D'arrogance, consumés des flammes
De l'orgueil, brasier que ne peuvent
Calmer les tatillonnes preuves
De coadjuteurs au filin du drame.


S'il y a un semblant d'avenir,
Resteront d'incandescentes braises
D’esbroufe ; bien fol qui du malaise,
Matera l'imposture, ce menhir !




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020