INSANIS
SACRIS*
Rituel de fous
Au bout du long tunnel sans fin
Dont la mort alimente la niche,
L'âme, l'esprit, le corps, en friche
S'étiolent, se débilitent… ont faim,
Faim de ce renouveau, ce réveil
Vécu des prophètes d'En-haut;
A-t-on de l'espèce, ce cerneau,
Retenu aux mâtines vermeilles,
L'ultime office dont l'ascèse
Enjolive le cultuel sacrement,
Triomphal jubilé ceint d'ornements
Dont l'icône entoile la catéchèse ?
Damnés de Sodome et ribauds
Suçotent des mamelles orgiaques,
L'aréole ; se verront sous l'abaque
Des spectres, des plus beaux
Ectoplasmes, chus de la superbe,
En zombis d'une crypte chaulée...
Les femmes dompteront le piolet
Perçant du bas-ventre, la gerbe:
Gloriole pubienne dont la fente rosie
Absolve du séminal mucus, à tort,
Spermatique glaire, qu'en retors,
Le finaud farde d'un germe moisi.
L'homme, cet incivil, plantera solitaire,
Sa dégaine au centre d'un espace
Où s'ébrouent les gardes de Candace,
Saphiques serves, piètres larvaires.
Au couloir embué de débauche,
De bacchanales, louves, putains,
Cérastes anamorphes, catins
Du froid bitume, sous ébauche
D'un préraphaélite à l'étoupe fripée,
Balaieront de l'aquarelle floue
Les écailles que renflouent
Le maillet d'ornemaniste drapé
D'un raglan de riche épanneleur
Dont le ciseau entaille du galbe nu,
L'étrange traverse, si menue
Puisse-t-elle paraître au ciseleur.
Le temps taira des promesses
Cristallomanciennes, les redites,
Et de la resucée, moiteur confite ;
L’Éternité trônera au cœur qu'oppressent
Les fables catholiques, mensonges
Dont le pape auréole les nonces,
Ces pédérastes, et qui poncent
Du jeune sacristain, s'il s'allonge,
Vaincu du démon ensoutané,
Cet abbé, ce curé de confesse
Faisant ripaille de la fesse
D'angelots rivés au mâle tanné.
Demain sera amour, nitescence,
Déversés en bouquet de douceur
En l'Arche dont le noceur
N'aura plus_ je le crains_ jouissance !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020



