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mardi 23 juin 2020

RUDIA VENEREUM*


RUDIA VENEREUM*
Romanesques ébauches


Rêve-moi, en ces lieux où l’amour
Pénètre la moiteur du petit matin !
Laisse-moi me griser du satin
De ta peau, qu’emperle la rosée du jour !

Imagine ma soif au désert de tes reins,
Mon souhait, au col de tes ardeurs !
Suppose l’odalisque épuisée de fadeurs,
Quand la mer azurée emporte le marin !

Me veux-tu sur toile d’aquafortiste,
Péon d’un Sertao aux portes de Mata ?
Dois-je enfreindre des lois du tiers-état,
L’ordalique semonce ânonnée de déistes ?


Devine-moi archonte au fief du plaisir,
Suffète d’une armée sans garde, ni soldats !
Tu pourrais t’épuiser quand je pose barda,
A dépouiller ma chair, avant que de gésir.

Mes muscles froissés en l’étreinte farouche
Bouderaient l’acrotère du monument
Escaladé d’amants estourbis de serments ;
Y fuiteraient des joies engluées à ta bouche.

Me veux-tu vassal de tes nuits bleues,
Esclave de ton nu au tertre de mon lit ?
Je veux là, et en reptation, aux roulis
De ces riches fièvres, attiser de ton feu,

Les braises de lasciveté, torrides tisons
Qui de mes nerfs, aux tiens ligaments,
Enquillent d’euphorie, le linéament
Au pastel d’accrétion de cette floraison.


Geôlier de ton bas-ventre, l’âme nue,
Confesserai sans crainte, mes tares…
S’il venait à pousser en nos souffles bavards
D’autres concupiscences, cela, sans retenue,

Je dirai en ce deuil flouté d’eudémonisme : _
Les songes qu’il m’en souvienne encor,
N’ont de mon retenir, figé sous le décor,
Que l’oaristys d’un style sans angélisme.

Alors, se fermeront les artères d’ascèse,
Bâilleront les volets de la résipiscence ;
Mando ne sera, desserti d’indulgences,
Qu’un ménestrel gangué de diaphorèse.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020