Émerveillement
Ultimes pluies, dernières ventées ;
Le soleil agonise au ventre du lac ;
S'y éveillent flore et faune hébétées,
Grisées d’embruns de sodiques plaques.
Aux prés, paissent les daines alourdies
De fruits ; y rampent les orvets repus
De poussières, des fourmis assourdies
De l’écho des savanes au silence rompu.
S’ouvrent les printanières roses ;
Leurs épines rehaussent la superbe
De collerettes à peine écloses,
Et qu’arrose la nue chue sur l'herbe.
Le soleil point de son sommeil,
Vidé de rais désaccordés
Dont l’oisillon, en l’aube vermeille,
Inhale du matin, la moiteur émondée.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

