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lundi 15 juin 2020

MARE*


MARE*
La mer

La mer est un miroir où les ventées
Égarent leur profil, délaissent encor
Des cristaux, quand nage l’albacore,
Ce germon, reste de fretin éventé.

C’est un boulevard, aquatique baille,
Coraline étendue de fiers nourrains
Dont la fraie alimente sirènes et marins
Aux lames gondolées, lorsque bâillent

Les flots de l’océan, ce fief azuré
Empli à ras de spumescentes
Perles sodiques, rides flottantes,
Pulsations d’intrépides marées.

C'est un jardin où poussent de concert,
Minérales géloses, animales blanchailles
Dérivant de vagues et qu’entaille
L'algue dessertie de l’ajour d'insert.    


C’est la nappe du lointain Miquelon,
Maritime asphalte pour bateaux
En l’estuaire crénelé en râteau,
Navires, conques, épiés du vallon.

C'est un silence posé à flanc de côte ;
Ceux qui la prennent, subissent
Algarade, tumulte, qu’affaiblissent
Les vents taillés de l’aliquote.

Elle prend en otage mes rêves fardés,
En enserre le mucus volontaire ;
Éveille parfois les comas réfractaires
Dont j’aspire cuvée avant de musarder.


La mer m’a fait naître cendre et feu,
En l'espace où s’éteignent les mots ;
Ma plume les ravive des cycles hiémaux,
Libérant de la rime, le phonème suiffeux.    



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020