ORATIONES FRUSTRA*
Vaines prières
Avions de larmes, inondé le parvis
De chapelles où l'homme-poussière
Déverse sur le nonce asservi
A l'obédience, de vaines prières.
De mots lourds, du verbe menteur,
D'ordalies, emmurions la constance…
N'est des chemins enchanteurs,
Qu'ésopique prosopopée d'enfance.
De combien de peccavi, panthéisme,
Protocolaires dogmes de liturgie,
L'âme s'égare, ivre du syncrétisme
Des messes colorées de magie ?…
N'ont de Dieu, que vision sectaire,
Sataniques pompes, les fourbes
Liant celui que le malheur atterre
Quand déçu, la religion l'embourbe.
Avions du temps des prophéties,
Accepté Textus, machinalement…
Est de bon ton d'annihiler l'hérésie,
Ce purgatif ; l'on doit inéluctablement
S'en défaire, Du Seigneur, accepter
Souffrances… Le Calvaire en anime
Le précieux douzil ; rien n'en obstrue
La coulée excentrant la butée
!
Sur elle, se cogne le sectaire,
Aux flots déportés aux aurores
De pleurs tapis en l'aube claire,
Percés du long dard de la mort.
Au matin renaissant, au seuil
De la vie, La Céleste Trompette
Du cœur sénescent, de son deuil
Drapera le crayeux squelette.
Je dirai confiant: _ Je m'en vais
Me griser du parfum de L'Éden,
Heureux, sans craintes, de l'ivraie
Me saurai défaire, et sans peine.
Armand Mando
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