Et puis tes joies m'enquillent…
Grisée d'arômes, de parfums, d'essences,
Tu te laisses séduire belle indomptable,
Captive du désir enjôlant la constance
Et qu'étoilent tes rêves inabordables.
De ta lèvre grenat, se défroissent des rires
Dont l'éclat confisque à ma quémande
Le presque raisonnable, les douteux délires
Arrimés au cordage de subtiles offrandes.
En mon for ruiné de désespoir,
L'âme égrène encor, et malgré moi
Le vieux chapelet de l'égrappoir
Dont ma peau alimente l'émoi.
Tu isoles des peccantes fièvres,
Le venin séducteur, la toxique bile ;
Ai-je de ces apprêts rivés à ta balèvre,
Émoussé ridules, bouderie habile ?
Inassouvie, tes grelots chahutent
Au soir de mes fantasmes creux…
Te veux vaincue au ressort de luttes,
Dérivées en l'enceinte de l’œil ocreux.
À ta boudeuse moue, sans m'en plaindre
Jamais, dénude du clair des chimères,
L'irréfragable aveu, t'écoutant geindre,
Nue au baldaquin de pancraces amers.
Nos corps en étau, meurtris d'impéritie,
Naviguent hors du libertinage,
Sous la lame de rythmes imprécis
Du hunier de la chair en tangage.
Nous avons fait l'amour en l'adynamie
Forant du mésaise, l'impudence notoire.
Serais-je vent debout, si l'enharmonie
Confisquait à ma soif l'appel dilatoire ?
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020


