CONVERTI ?
Reviens-moi !
Aux heures trépassées…
Reviens-moi en l’été manifeste !
Apporte-moi l’enfance contrite,
L’adolescence meurtrie, funeste,
Les brimades pourtant illicites,
Que j’aie de l’assurance quant à
Mon devenir ! Je veux dès l’aube,
Ensevelir le temps qui me hanta
Aux premières mâtines, qu’englobe
La colère de fuyants concepteurs
Profanant l’existence, pour placer
Au faîte de l’orgueil adducteur,
Un conduit lentement délacé.
Reviens-moi, mon passé dépassé,
Ma triste anamnèse, mon oubli !
J’ai peur d’avoir compris, lassé,
La cruauté des hommes ; affaibli,
J’avance à reculons, le cœur noué,
L’âme au bord de l’abîme, blessée
De part en part, ne pouvant louer
Comme elle le devrait, oppressée,
Le Divin Rédempteur, mon Dieu ;
Écorché par les ronces moqueuses,
Mon derme fuit des baisers odieux,
Le moite enjôlement de pieuses
Ou prétendues telles, ces béguines
Coincées entre deux stalles, chattes
D’insanes laudes où déclinent
Les vêpres, au vol de l’effarvatte.
Reviens-moi offensante complainte,
Blessante cantilène ! Ne suis plus,
Cravaché de dolentes plaintes,
A même d’allégir le subéreux surplus,
Le rustre bâti de l’inconfort tressé
De rebouteuses mailles de lamento…
Mes songes violacés ont peu à peu tracé
D’indélébiles pointes d’aggiornamento.
Armand Mando
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