SED RITHIMO*
Rime… ailleurs
Les neiges ont fondu... le poète s’endort
Devant la page d’un ouvrage sans vie
Dont les mots fuient l'éphémère décor,
L'élégiaque trame… en survie.
L’hiver rentoile les cimes dénudées,
Les cols dentelés ; s'y perdent les vents
Évanouis, pâmés, sur la
plaine vidée
De la faune étirant ses auvents.
Le printemps, comme on le
comprend !
Fleurit la colline, pollinise l'arbre
Du vallon endormi… il se prend
Au jeu du suborneur ; du socle de marbre,
Suintent des larmes, de folles chutes
Gelant les veinules de sépultures
Sises sur la Grand-Place ; y
chahutent
Les gosses rêvant d'armatures.
Vaque la communale, sous un soleil pâlot
Aspiré au soir, d’éphémères volutes…
Le clocher du village en un
lourd trémolo,
Éveille des
moinelles, la lutte
D'oisillons... ils font du nid douillet,
Confortable nichée pour
rémiges ;
S'y attarde parfois, le mistral
guilleret
Suspendu à d'altérables tiges.
Soupire le poète dont la plume,
Ce brandon, attise la scansion
De césures boudant l’amertume
Du cœur acrobate privé d'élision.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020


