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dimanche 10 novembre 2019

INEDIBLE LIGAT*



INEDIBLE LIGAT*
Inconsommable lie

Poseriez-vous jalons aux salutaires actes ?
Ouvririez-vous la boîte de pandore…vous,
Dont les crises s'apparentent aux pactes
De conventions ? Qui, céans, se dévoue

A votre vilenie de jouissif autocrate ? Qui,
En ces subterfuges, ces obliquités, défient
De vos ambages, en de denses maquis,
Les rustres aliénés dont les âmes font fi ?

De l'anfractuosité de vos égarements, aux fiefs
Érigés hors cette pénéplaine, ne poussent _
Je le crains _ que d'avariantes greffes
Isolées du confort que l'intellect repousse.



Les hommes vous encensent en de folles cuvées
Semblables aux agapes de Bacchus, l'orgiaque ;
Amputent de l'abordable, en deçà des travées
Piégeant l'amphithéâtre, le majestueux abaque.

On y voit_ en des soirs d'illusoires promesses,
De molles silhouettes assujetties aux rites
Du cérémonial ; y tonnent, bronzes de kermesse,
Clarines de faux bétail noyé sous la gunite

D'édifices dont la plèbe fautive inonde
D'hypocrites larmes, le majestueux parvis…
On aperçoit, en de brumeux matins, l'immonde
De margaille, la déviergée… ravies

D'être des dionysies, indispensables maillons,
Des fastueuses laudes, impérieux légats
S'y venant compromettre, attifés de haillons
Accrochés au raglan de curés-renégats.


Vous boirez à la lie, le vin de vos débauches,
Sifflerez du nectar des succubes, l'âcreté !
Puis, irez rejoindre l'exuvie de vos proches ;
L'enfer vous saluera… chatonné d'âpreté.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

vendredi 8 novembre 2019

LINTEAS VENTUS*


LINTEAS VENTUS*
Voiles au vent

Déchirant le silence des flots, la birème
Avançait, le ventre chargé d’or, de victuailles,
Lui lestant un peu plus les entrailles,
De trésors, de somptueux diadèmes.

Le magistral souffle des mers démontées
Se perdait sous la houle de l'étrange galère
Piégée des fonds, des crevasses enflées d’air ;
S’y mouvaient les cauris aux reflets argentés.



Claquaient aux vents salés, les voiles du gréement ;
Soulevaient l’azur au lointain Miquelon
Traçaient sous les frisures avec un bel aplomb,
Un horizon de feu, plus riche… évidemment.

La peur embrigadait les hommes,
Ces fidèles marins aux muscles d’aciers ;
S’en venait la tempête voulant émacier
Les éléments, ces trombes qui assomment ;

L’imprudent défiait les marées, l’orgueilleux,
Lui, affrontait des cyclones, la rage destructrice.
Accroché au hunier, le moussaillon heureux
S'apprêtait à combattre la masse prédatrice

Des fléaux maritimes... rougissait de plaisir,
A l’idée de toucher en sa pulvérulence,
L’océan déchaîné, repu des violences...
L'écume s'émoussait du rostre, pour enfin gésir.


Un homme à la mer_ s’écria le vieux capitaine ;
L’enfant blafard, en la matrice de l’eau,
Acheva son voyage… l'œil torve, le regard pâlot,
Dans l’abîme où les courants l’entraînent.

Un lourd silence empesa l’atmosphère… ici-bas
Les ténèbres endeuillent de l’absence, le vide
Remorqué de l’âme, en l’aube humide,
Dénervée des matins au noduleux rabat.

Perdus dans le brouillard adorné d’impudeur,
Des pères de famille œuvrent avec constance,
Puis, se laissent mourir au rythme des cadences
De maupiteux déluges dévoilant leur humeur.



Du sang de ma plume, je trouble l’anagnoste,
Enjugue la raison, d'un style déclamatoire
Dissolvant pour la forme, le slang ostentatoire
Dupant le pisse-copy… en dois-je attendre riposte ?

Aussi, pour poser d’emphatiques barrières
Aux contes maritimes, ces folles hâbleries,
Ai fardé de mon style, l'ignoble afféterie
Dont s’empanachent les fables altières

Au graveleux son de musiques barbares,
Au langage sodé de sirènes vaincues,
Sans écailles... se peut-il de ces cycles vécus,
Que les carènes soient de sinistres gabares ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019





jeudi 7 novembre 2019

FALLAX EBRIETATEM*


FALLAX EBRIETATEM*
Trompeuses ivresses

Et puis… ai fait de mes terres conquises,
Un réceptacle au bonheur permanent
D'où chavirent les rêves débordés de la lise
Du sommeil d'enfants aux rites aliénants.

Puis… me suis reposé au centre d'un ailleurs ;
Y cacardait en un sabir moqueur, l'agouant
Dont l'agueusie malmène du railleur,
L'éloquence primaire, tout en la déjouant.


Me suis grisé, à tort_ du parfum des sultanes,
D'obsédantes fragrances, du musc désenchanté ;
Le profil de ce double que les souvenirs tannent
Échappe à ces inordations qui nous semblent hanter.

De folles entropies, j'eusse aimé, par principes,
Me défaire avec grâce, puisque piégé, sans mal,
De l'éréthisme cru dont les vapeurs dissipent
Du derme dénervé, toute l'ardeur animale.

Et puis… des ritournelles animées de Florence,
Aux suaves tarentelles des salons de Vérone,
Me suis laissé drosser, certes, sans manigances,
De replètes marquises, ou d'habiles amazones.


Les fenêtres bâillaient en ces glauques tierces,
Éventaient de mon être dupé de discordances,
Le malléable box-calf… l'angoisse le transperce
Au noir de mortes nuits épurées d'insolences.

Et puis… s'éteignent les riches flamboiements
De la coruscation… me voilà seul, endeuillé
D'amertume, à deux lieues de ce beau firmament
Irradié de promesses, peu à peu effeuillées.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

mercredi 6 novembre 2019

URBE TENUIUM VITRI LAMELLARUM*


URBE TENUIUM VITRI LAMELLARUM*
Ville de verre

J'aime aux soirs de novembre, avec mélancolie,
Ouïr les vents d'automne, les bises glaciales
S'agrippant aux branches ; peu à peu, s'y délient
Les rumeurs de la ville, les lueurs sidérales.

Des bistrots enfumés, montent d'étranges vapeurs,
De grisâtres volutes de pétun bon marché,
Empaumées aux moiteurs du lourd percolateur
Posé près du miroir aux teintes amochées.

Dans la ville de verre, se prélassent la nuit,
De furtives silhouettes, d'obscurs profils ridés
D'amants désabusés qui aux lunes, fuient
Les longues avenues, l'asphalte dessoudé

De pas désaccordés de ces grands boulevards
Où se heurtent au matin, les noceurs fatigués,
Les reines détrônées d'un théâtre bavard,
Épuisées, vaincues, se laissent élaguer

De mains sans retenue, fièrement émonder
D'hommes rencontrés à l'orée d'un vieux parc,
D'un séquoia dressé pour obombrer l'ondée
Déversant ses humeurs que le zéphyr emparque.


Dans la ville de verre, quand s'enroue le clairon
Du modeste orphéon épuisé de contraintes,
Les aubades caressent de l'aube, l'aileron
Déployée sous l'arche d'inépuisables plaintes

Soufflées de cérémonieux couples, épanouis
Sur la berge glissante d'un Paris estropié, blessé,
Et que souillent aux aurores, lâchement enfouies
Sous de vétustes porches, les ombres oppressées.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019




lundi 4 novembre 2019

NON ILOS, QUI PRAVIS*


NON ILOS, QUI PRAVIS*
Ces dieux qui n'en sont pas

Chassés du mont Olympe, vexés en ces malaises,
Les voilà, éteints sur ce pinacle où les dieux
Sont des sources taries, boutées à dix lieues
Du contrefort jouxtant la plus haute falaise

De l'âme dégarnie dont les funestes brèches
Sertissent la psyché dont les reflets maculent
Les vierges de Lysimaque, et qu'adulent
Parménion et Attale, en défenseurs revêches !  

Ils marchent sur les braises d'un feu équarri,
Piétinent des gris layons, la gorge étrécie, avant
De s'affaisser sur l'halitueuse sente… bavant
D'imprécatoires maximes, le regard ahuri.


Jadis, ils sermonnaient sur de rudes travées,
Influençaient les sectateurs bouffis, suppôts
De l'archange déchu… ces disciples sans peau,
Ectoplasmes figés, hellénistes réprouvés,

Dont le Tintoret, Jacopo Comin retouche la superbe,
Égratigne l'aura, de couleurs abstraites, irréelles
Comme en ce monumental veau d'or_ cruelle
Enluminure commentée d'un soliloque terbe.


Sont-ce là, les dieux de l'amphictyonie,
Démiurges de Colophon, célicoles d'Honorius ?
Ces larvaires dépouilles de l'antique Egée, aux us
Réprimés de l'aède d'antan ; sont désormais honnis,

Voués à l'exécration… ne les relevez, pour en faire
Sculptures de retable… ex voto sous coupole !
Ils n'ont rien de divin, même s'ils mendient obole,
Déguisés en gueux aux portes de l'enfer.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

samedi 2 novembre 2019

TRISTIS IDEAS*


TRISTIS IDEAS*
Mélancoliques ides

L'automne a dénudé des forêts d'outre-lieu,
Les allées où abondent les pas du solitaire ;
Il a déraciné de nos plus belles terres,
Le précieux bourgeon ridé en son milieu.

L'automne a fait pleurer sur l'épaule du temps,
Les dernières rosées, les diaphanes gangues
Clarifiant du matin, la brumaille exsangue,
Soulevée des nuits, quand l'astre voile l'étang.

J'ai vu dans son miroir, aux revêches saisons,
Mourir les lendemains sevrés de renaissance,
Sombrer les boréales privées de radiance,
Aux jours estropiés de moites lunaisons.


L'automne a converti des solstices d'hier,
Les lointains hémisphères, transmuter les calottes
Gélifiées en l'espace noueux, les tendres psalliotes
Aux volves racornies, poudrées de précoces hivers.

Je l'écoute gémir du long couloir venteux,
L'entends troubler de disharmonieux râles,
Les ultimes poussées de phonies binaurales
Reprises da capo, de l'aquilon quinteux.

L'automne a effeuillé de mes rêves de gosse,
Les primes incartades, insufflant à ma gourme
De garnement rompu, le cran de la chiourme
De l'étrange galiote que les typhons désossent.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019




vendredi 1 novembre 2019

VICTUS SUBLIMES GLORIOSIQUE*


VICTUS SUBLIMES GLORIOSIQUE*
                          Noceurs vaincus


Revêtez de silence, les brèves impromptues !

Dans l’alcool, le bruit de l'irrévérencieux ;

Les mécènes aspirent des trompeuses vertus

Du satiné des muses, le khôl de leurs yeux.



Érodant l’édifice où lézardent les rites,

Les païens édulcorent l'esprit des bonimenteurs ;

Ils placent en servants, sous l’Ether azurite,

Les syncrétiques prêches d’impavides pasteurs.




Des noces de lupan s’entremêlant les pattes,

Au relent de répulsives sargasses,

L’océan engraisse de ses fonds iodés, sa jatte ;

Elle déborde de spumeuses baves, encrasse



Les marins éloignés du vieux port ;

Enivrés d’absinthe, ils arpentent des vagues,

Les frisures ; elles chatouillent du corps,

Chaque muscle ; le vent chaud les élaguent.



Les chiennes d'impasses_  nues, bestiales,

Aguichent les mâles en quête de luxure ;

Ils glissent sous leur jupe, une main radiale,

En électrifient du galbe, l’agressive moulure



Faisant monter la sève du fier silène ;

Il hurle à la lune, puis, déverse sa semence

Sur la peau satinée d'une belle Carmen

En entaille des cuisses, l’hoplite privé de lance.




Drapez d’ironies ceux qui bottent en touche

Les scribes de Thalès, ces fous de la géométrie !

Voyez-les nuancer, quand pleure la Nitouche,

Le delta de la face aux mimiques flétries !



Vous verrez naître des plumes, le talent,

Du langage, le verbe soutenu, admonestant

Le valet de cour s'il avance à pas lent

Sur un vieux catafalque_ la nuit, en tremblotant.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019