NON
ILOS, QUI PRAVIS*
Ces dieux qui n'en sont pas
Chassés du mont Olympe, vexés en ces malaises,
Les voilà, éteints sur ce pinacle où les dieux
Sont des sources taries, boutées à dix lieues
Du contrefort jouxtant la plus haute falaise
De l'âme dégarnie dont les funestes brèches
Sertissent la psyché dont les reflets maculent
Les vierges de Lysimaque, et qu'adulent
Parménion et Attale, en défenseurs revêches !
Ils marchent sur les braises d'un feu équarri,
Piétinent des gris layons, la gorge étrécie, avant
De s'affaisser sur l'halitueuse sente… bavant
D'imprécatoires maximes, le regard ahuri.
Jadis, ils sermonnaient sur de rudes travées,
Influençaient les sectateurs bouffis, suppôts
De l'archange déchu… ces disciples sans peau,
Ectoplasmes figés, hellénistes réprouvés,
Dont le Tintoret, Jacopo Comin retouche la superbe,
Égratigne l'aura, de couleurs abstraites, irréelles
Comme en ce monumental veau d'or_ cruelle
Enluminure commentée d'un soliloque terbe.
Sont-ce là, les dieux de l'amphictyonie,
Démiurges de Colophon, célicoles d'Honorius ?
Ces larvaires dépouilles de l'antique Egée, aux us
Réprimés de l'aède d'antan ; sont désormais honnis,
Voués à l'exécration… ne les relevez, pour en faire
Sculptures de retable… ex voto sous coupole !
Ils n'ont rien de divin, même s'ils mendient obole,
Déguisés en gueux aux portes de l'enfer.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019


