
TRINUS ADMIRARI*
Incroyable virée
Quand s’enfoncent mes doigts sous ta peau,
Écorchant de la chair, les farouches replis,
S’enflent alors tes seins ; ils implorent sursis, emplis
Des sucs galactophores des muscles en repos.
Minuit sonne à l’horloge de ton ventre,
En dépèce les heures hissées à ton nombril ;
Lentement, s'entrouvre au faîte du baril,
La glaireuse semence rivée à l’épicentre
De l’amativité... invisible lie de la mue
Transie de plaisirs... secrètes pulsions
De corps inassouvis qu'éveille l'inaction...
Langoureux frissons dont le tétant transmue
L’ivresse passagère afin d’y mieux griser
Au plus fort de l’ébat, la serve abandonnée
A l’exacerbation du mâle, condamnée
De mortes topiques... en gouge méprisée.
De prolifiques pruines fardent de la chair,
Le col de la déconvenue… triste et pâle,
Ta face, dont la balèvre redessine l’ovale,
Absorbe quelque malsain transfert ;
J’y vois naître en ces floues d'escarmouches,
L'ithyphallique cellule d'impudence _
Cruelle désaffection d’amants en transe ;
Ils défroissent des plis chauds de la couche,
Les ombres en louvoiement, essartées à temps,
Du sol meuble, les miasmes coupables :
Bélinage d'hobereaux que peu à peu, ensablent
Les reflux d'hédonisme, ô combien tentants !
Las, je fais deuil de ces vices moqueurs...
Ma conscience confesse le vide catapulté
De l’esprit d'hommes, prêts à occulter
Le péché lesté du faix de la rancœur.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019


