
SINUNT ARCANA ;*
Léthargiques secrets
Le saviez-vous ? Nos insomnies
Naissent de songes révélateurs ;
Ils impulsent en nous, des signes salvateurs
Qui souvent animent l'angoisse du déni ;
Elles roidissent l’éveil du nouveau-né,
Les lallations du gosse en l’allaitement ;
L’inconscient annihile du raisonnement,
Les puérils besoins, les caprices bornés.
L’âge, cet accusateur, affaiblit le sujet,
Il le veut rassurer aux aubes premières ;
Mande parfois en plénipotentiaire,
L'exécuteur voulant préempter les projets.
L’adolescent_ peut-être, par ignorance,
Dénoue, en maugréant, les arcanes du temps ;
Il bat de l’aile aux ides d'un printemps
Éclos au cœur de la reviviscence.
Des secrets teintés de vantardise,
Avions de nos pensées_ sans remords,
Défloré la constance, puis du mort,
Lacéré le suaire... ma foi, sans couardise ;
En sommes-nous conscients ?
Peut-on de la lucidité, aspirer convenance,
Sans vomir le fiel d'intolérance ?
Cet imposant ego lubrifie l’escient...
Je brise de l'orgueil, le superbe fronton,
Ce majestueux rostre, ce stylet de gloire...
Les punitives rides immolent l’illusoire
De la face poudrée _ puis, dilatent le ton
D'années aux sénescentes croûtes
Pendouillant du derme en lambeaux ;
Puis, la chair passe le flambeau
Au mourant écrasé de remords, et de doutes.
Léthargiques secrets, que n’aurais-je donné
Pour ranimer les brandons du passé !
Nos ivresses côtoient l’ombre des trépassés
Encavés de soupirs, de cris désordonnés.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019


