pinterest

lundi 18 novembre 2019

ARGUMENTUM IMPUDICITIAE HABENDA HABITU*


ARGUMENTUM IMPUDICITIAE HABENDA HABITU*
Immodeste parure

L'automne a déployé sa fuligineuse mante,
Son sibyllin drapé, sous la voûte roidie…
Çà et là, épars, en des heures alarmantes,
Se meurent les soleils de ce temps affadi.

Les vents froids vitrifient l'atmosphère,
Tétanisent les flots, avant de s'évanouir
En novembre embruiné, chu de la stratosphère,
Au matin où la nue s'y semble  épanouir.


Plombé d'oppressantes tornades, de noroîts,
Le ciel s'est voilé aux heures les plus sombres,
Dérivant du nord d'Adirondacks, pousse au désarroi,
Au faîte d'Appalaches, le mont Marcy, où sombrent

Des notus, d'humides tempêtes dont les cris effarés
Éveillent sarabande de mouettes en partance,
Raniment le goéland au-dessus des marées,
De houleuses crevasses, de cuvettes immenses.

L'automne s'est dressé au milieu des prairies,
Agitant sa moiteur sans retenues aucunes…
Il s'est offert parure hors des sentes fleuries,
Piétinées de marcheurs en-deçà de nos dunes.


Ses yeux se sont emplis de larmes de faïence,
De diaphanes pleurs, de flots adamantins ;
Ne reste en ces affectations pour le moins intenses,
Que l'hétérogénie soufflée de nos frileux matins.

L'automne a posé sur ma page de garde, au soir,
Bouquet de feuilles mortes, immobiles bourgeons ;
Je les vois savourer du douzil du pressoir,
Les dernières gouttes enflant mon badigeon.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019