DIAPHANUM
EST SUBTRIBUTO*
Diaphane affluent
Coule, coule, rivière de l'enfance,
Toi, ma prime jeunesse, mon sublime bassin,
Doux ruisseau au canal abyssin,
Dont la gargue refoule les chutes d'abondance !
Apaise mes humeurs d'infidèle pèlerin,
Mes troubles de starets épuisé, sans espoir !
Je me vois dériver hors de l'agenouilloir
Du triste sycophante qu'absout le pérégrin.
Émissaire de mes tendres années, diaphane ravine,
Je viens m'abreuver en des soirs d'indigence,
Avant du long douzil, aspirer en confiance,
En ta claire coulure, cachée sous l'agneline,
Le flux de ta cuvette éventrée en l'aurore_
Translucide abondance de perles, de cailloux
Roulant sous le limon du généreux bayou
Et qu'inondent les bruines en de poussifs accords.
Farouche aquamanile, en
tes froides musiques,
S'évaporent les rêves de mes printemps figés,
Les songes dénudés de mes nuits affligées…
Dois-je abolir du temps, la nuisible rythmique,
Pincer de la viole, les sulfureux accords, pour en faire
Bouquet de remembrance, à l'heure où le badaud
Dépare du repos manifeste, l'encombrant fardeau
Accusant du passé, en ses vicissitudes, cet enfer
Où s'agitent de trompeurs ectoplasmes_
Poussiéreux spectres
de telluriques mânes
Chues avant d'être poussières d'organes
Repus de l'ego manifeste enjôlé de spasmes ?
Rivière miroitant au soleil d'outre-lieu,
Lagune serpentant entre les grises loches,
Tu me fais, avant de m'étourdir, reproches
De n'être aux sillons de ta moire, les yeux
Qui te contemplent, te dévêtent des brumes
Passablement floutées d'équinoxes précaires,
De l'ouate des matins dont le plâtreux calcaire
Affadit des flots harmonieux, sans écumes,
La sauvage frisure, quand s'en vient gondoler
La ventée de novembre cloquée de clapotis
Aux tièdes égouttures, et qui, de l'appentis,
Clarifie le grossier muret… avant de l'isoler.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2019



