EXSPECTATIONE*
Attentes
De
l'absence aux peurs, se durcissent les âmes,
S'écalent
les blessures de nos funérailles ;
Les morts
viennent combler de leurs frêles entrailles,
Les artères
nouées, en deçà des écailles
Placées en
entrelacs ; parfois, le cœur s'y pâme.
Et les
hommes confessent en des mots sans vertu,
La haine,
la rancœur… enfiellées de folie ;
Trépassent
les éclats fardés de nitescence, l'embellie
D'un espoir
brocardé… que nous n'aurions point tu.
Et les
femmes avouent en des pauses coupables,
Avoir
séduit le mâle sevré de parénèse… ce pleutre
Dont
l'arrogance atténue de nos maximes neutres,
Le style
désenchanté du couard indomptable ;
Flaccide,
le pusillanime s'y vêt avec constance _
Larvaire
sans audace, minable velléitaire
D'un coït
bâclé, dont les nerfs pituitaires
Vomissent
de l'alcool, le reflux d'abondance.
L'enfant nu sirote ce breuvage malsain :
Étrange
mixture aux empyreumes baves ;
Qu'aurait-il,
en ces mondes lardés d'entraves,
Si ce n'est
du raisonnable, en un bruit de tocsin,
Le ressac
d'adultères que balaieront plus tard,
Les lames
d'un océan de vices, de lubricité…
Il
n'est du passionnel, nulle duplicité…
Triste
panorama de stupre, dont le fêtard,
A l'aube
d'un jour de pluie, au cri de son bâtard,
Niera l'évidence; cette boue, doit-elle subsister ?
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019


