UNDAM INTERPELLAVERIT*
Ondoiement
Flottent en mon cœur en un jour de douleurs,
Mots inadéquats et sentences livresques,
Jours fanés, pleurs, homélies grotesques
Semblables à la harangue d'horribles sermonneurs.
Débordent de mon mal, rivières de larmes,
Chutes torrentielles de fleuves inhibitifs
Enflant encor de mes sourires furtifs,
L'émotion drapée d'un mécanique charme.
Il gronde en mon sommeil, de nuisibles orages,
Diluvienne drache emperlée d'impudeur ;
Au soir, elle cacarde sur l'exsangue candeur
De mon profil amorphe de disciple sans âge.
Sous la pulvérulence des chagrins d'enfant,
Le temps vient en ressac, cogner à des lubies
Confortées par l'aisance de joies ébaubies
Stimulées de rires dont l'âme se défend.
Sur les ruines d'un temps à peine consommé,
Chutent des pluies d'orage essartées de la nue,
Hyalines gangues d'un Ciel si méconnu,
Qu'il faille_ pour l'atteindre, la puissance d'aimer.
Entre les insomnies engainées aux fuites,
L'agrypnie du froid somnambulisme,
Dérive de mon double flagellé d'ascétisme,
Au bâti de servant dont la peau déconstruite
Aimante à escient, la revêche charpente…
Je me laisse couler, sans me jamais résoudre
A fuir les ultimes semonces de la foudre,
La colère des lois que le malheur enfante.
Je vois pâlir les feux de la prime jeunesse
Au halo de victoires en l'excuse du paraître ;
N'est d'autre découple, en l'armure de reître,
Que la lourde fronce de mes loques épaisses.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019



