FALLAX
EBRIETATEM*
Trompeuses ivresses
Et puis… ai fait de mes terres conquises,
Un réceptacle au bonheur permanent
D'où chavirent les rêves débordés de la lise
Du sommeil d'enfants aux rites aliénants.
Puis… me suis reposé au centre d'un ailleurs ;
Y cacardait en un sabir moqueur, l'agouant
Dont l'agueusie malmène du railleur,
L'éloquence primaire, tout en la déjouant.
Me suis grisé, à tort_ du parfum des sultanes,
D'obsédantes fragrances, du musc désenchanté ;
Le profil de ce double que les souvenirs tannent
Échappe à ces inordations qui nous semblent hanter.
De folles entropies, j'eusse aimé, par principes,
Me défaire avec grâce, puisque piégé, sans mal,
De l'éréthisme cru dont les vapeurs dissipent
Du derme dénervé, toute l'ardeur animale.
Et puis… des ritournelles animées de Florence,
Aux suaves tarentelles des salons de Vérone,
Me suis laissé drosser, certes, sans manigances,
De replètes marquises, ou d'habiles amazones.
Les fenêtres bâillaient en ces glauques tierces,
Éventaient de mon être dupé de discordances,
Le malléable box-calf… l'angoisse le transperce
Au noir de mortes nuits épurées d'insolences.
Et puis… s'éteignent les riches flamboiements
De la coruscation… me voilà seul, endeuillé
D'amertume, à deux lieues de ce beau firmament
Irradié de promesses, peu à peu effeuillées.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019


