TRISTIS
IDEAS*
Mélancoliques ides
L'automne a dénudé des forêts d'outre-lieu,
Les allées où abondent les pas du solitaire ;
Il a déraciné de nos plus belles terres,
Le précieux bourgeon ridé en son milieu.
L'automne a fait pleurer sur l'épaule du temps,
Les dernières rosées, les diaphanes gangues
Clarifiant du matin, la brumaille exsangue,
Soulevée des nuits, quand l'astre voile l'étang.
J'ai vu dans son miroir, aux revêches saisons,
Mourir les lendemains sevrés de renaissance,
Sombrer les boréales privées de radiance,
Aux jours estropiés de moites lunaisons.
L'automne a converti des solstices d'hier,
Les lointains hémisphères, transmuter les calottes
Gélifiées en l'espace noueux, les tendres psalliotes
Aux volves racornies, poudrées de précoces hivers.
Je l'écoute gémir du long couloir venteux,
L'entends troubler de disharmonieux râles,
Les ultimes poussées de phonies binaurales
Reprises da capo, de
l'aquilon quinteux.
L'automne a effeuillé de mes rêves de gosse,
Les primes incartades, insufflant à ma gourme
De garnement rompu, le cran de la chiourme
De l'étrange galiote que les typhons désossent.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019


