J’avais, de
mémoire, remisé mon enfance :
Douloureuses années sans espoir de survie ;
Jamais _ hélas ! _ n'en parlent en l’absence,
Les adultes
replets, et qui vous l’ont ravie.
Je me voyais
longer le caniveau du temps ;
S'en émiettaient les rires, l’innocence ;
Je suivais, aux
jours sombres, l’étang
De mes nuits
blanches ; la souffrance
Donnait à ma
faconde de fragiles besoins
Au soir où la soif
agresse du plaisir,
Chaque souhait
enfermé dans les poings,
Laissant
l'homme déçu, altéré de désirs.
L'errance mienne dupait du vrai confort
Tenaillé de
gênes, d’altérables vacances ;
Chahutaient en
mes gènes, puis, en mon for,
D'ancestrales
défaites, de nuisibles carences ;
Ma peau décolorée,
ce subéreux chiffon,
En faisait
quémande, niant de l’angoisse
Forcie de
l’incivil, l’entrave ; s’y défont _
Dit-on, les sages… la
souffrance les poisse.
Mes yeux flous sublimaient sous la sève,
Les
précognitions: cette prescience
Bradée sans
mal, voire, sans trêve,
Souvent huée d'experte sapience.
Le spleen
traîne en mes tares butées,
S’apitoie du
deuil de mon double laptot,
Navigue sur le
flanc d’une mer voûtée
D’autres
vagues trochées de vibratos.
Je grandirai, sevré de mésaventures,
Peut-être, _ qui sait ! _ cosmétiqué d’aveux
Vidés de
quintessence… en ma villégiature,
Tous les rêves
seront insufflés du verveux
D’un fugitif
brisé de plates plaintes ;
Tailladé de
l’alfange d'un reître :
Aliéné, inféodé, à
la soluble empreinte
Peu à peu, déliée du sang l'ayant vu naître.
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