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samedi 22 août 2020

ALIUM*


ALIUM*
Autre part


Le bourgeon, du hallier l’enserrant,
Boit la rosée, aux premiers matins
Des semences, sous l’œil adamantin
Du radieux soleil aux rais exubérants.

Papillons devenues, les chenilles déploient
En l'aube, leurs chétives ailes ;
L’apex redessine les costales, belles
Feuilles discales solennisant l’exploit.

Le vent semble crisper l’aciculaire tige,
Le fuseau, sur les berges lacustres ;
Le fier roseau, le lierre en incruste
Protègent le barbican aux nobles rémiges.


S’éveille au cri de l’aigrette garzette,
Au chant de bondrées apivores,
De buse, l’insecte frugivore
Retenu aux spinules de gariguettes,

Juteuse fragaria fluée sur la lippe
En suçons de sucs appréciables,
Sous ridule médiane... agréable
Lie tanisée de philtre, d’où ripent

Des sécrétoires, la glotte bruyante…
Le pollen, des pixels, vient poudrer
La nature, d’exine, d’intine, à l’adret
Du long col champlevé, et qu’enfante

Aux printemps d’amoureux en liesse,
La douce aubade… souvent, elle séduit
L'âme, le cœur conquis… j’en déduis,
Qu’elle enivre de fidèles promesses.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 21 août 2020

EMPYREUMS NAUSEAM*


EMPYREUMS NAUSEAM*
Empyreumes nausées

Il est déjà matin ; voilée de nébuleuse,
La plaine s’en vient couver au ventre
De vallées creusées du barycentre
D’ombres aux vapeurs argileuses.

S’étendent, les relents de mofette,
Acidifiants gaz de flux nitriques ;
Déliée de l’arche concentrique,
La faune s’affaire, dépitée, stupéfaite.


L’océan vrillé aux corallines vagues,
Danse sur les flots parés de friselis,
Et qu’enroule la lame ointe de parhélie
Rehaussée du ton vif de reflets en zigzag.

Les marées fauchées de tempêtes, bavent
Aux équinoxes, sur la cuve flottante ;
S’y effeuillent les algues, aux battantes,
Quand la baille dissoute délave

Des fonds gris, le limon bacillaire,
Alluvion lésée de vertes puntarelles
Irradiées de sel marin… aquarelle
Placée au cuvier de flore fritillaire.


Dérivent des courants, les grises battitures
De l’ancre des bateaux… miasmes rivés
Aux écailles... peu à peu, dérivées
De madrépores voilés de la mâture

De navires… trop loin du Miquelon
Des précieuses pêches ; les morutiers
En domptent les filets de grutiers,
L’appareillage traîné de son long

Sur la masse ingrate, l’onde furieuse 
Soignée des vents de la côte saline,
A l’heure où le fretin dessille la résine
D’un mât terne survolé des rieuses,

Insipides mouettes, à contre sens
Des cerces lagunaires… battent des tapées,
Les sirènes goulues défaites du drapé
De sargasses cloquées d'indécence.


Nauséeuses soufflés de contrées,
Ne jetez _ je vous prie_ des déconvenues,
L’insuccès piétiné de vos parvenus
En mal d’affection, polluant, décentrés,

Les rivages soignés de nos palmeraies,
Les berges moulées où s’allongent, l’été,
Les nymphettes, quand l’écume bleutée
Frôle les jouvencelles aux rires efflorés !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 20 août 2020

SPECIE SOLA APPARENTES RATIONES CATARACTA*




Illusoire cascade


Ton amour est pour moi,

Aux nuits, illusoire cascade ;

Parfois, tes piètres émois

Ceints de sentiments fades,


Attisent les braises de rancœur,

Pénétrant au son de l’hallali

Le venin de l’âme, le fiel du cœur

Où surnage l’imparable folie...


Il y a tant de mots, de discours,

Chaque jour, à nos lèvres bavardes ;

Sont-ce en de vains parcours,

De routes empruntées de bardes


Que l’espoir décélère du temps,

En l’aurore sans teinte, minutes

Et secondes, derrière les battants

Où nos corps nus chahutent ?


Les épis de ta gerbe fanée

 S’égrènent des froids matins,

A l’aube des jours tannés

Emportés des vagues du destin.


Elles roulent en cascade, puis, glissent

De la hanche du remords effloré,

Brisant de la rocade, l'éclisse

Soutenue, la voulant emmurer.

  

Armand Mando ESPARTERO© Copyright 2020

mardi 18 août 2020

NIHIL MINUS QUAM…*


NIHIL MINUS QUAM…*
Moins que rien…


J’étais comme elle, un gamin délaissé
Jouant chiffons et balles, en silence,
Gosse cabossé, purgé de son enfance,
Vers l’ailleurs, au col des trépassés…

Mes rêves cloquaient  au vent des libertés,
La souffrance, les doutes compulsés ;
J’étais une œuvre morte rehaussée
D’une eau forte stridulant la beauté.

Je suis né sur une terre ingrate,
Sol piétiné de spadassins pugnaces ;
Aussi, ai-je des partitions, sans grâce,
Dompté l’eurythmie d’impossibles cantates.


Ai confessé des manques de tendresse,
Pinçant de l’affect, l’aréole superbe…
Délié de joutes, de propos acerbes,
Ai obvié des lois que l’on transgresse.

Ai vu Paris au rets des Cabochiens,
Soulever de la Seine, la dégaine flétrie ;
Mes envies de vomir sur l’immonde patrie,
Tuèrent du raisonnable, la vertu sans liens.


Ai dénudé des vices impromptus,
L’aguichante cambrure… me suis fait hédoniste,
Quand l’aplomb du béjaune l’éjecte des pistes ;
Y roulent des ombres par trop pentues.

Aux aurores, au point du renouveau,
Irai sur vos dépouilles, avec cérémonie,
Déposerai des gerbes… sans ironie,
Inénarrables lazzis ; l’amok murera du caveau,
L’entrée, dont la mort a su faire déni.



 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020 

dimanche 16 août 2020

REGREDIENS A NOBIS SUNT OMNIA?


REGREDIENS A NOBIS SUNT OMNIA?
Revenons-nous de tout ?

A rompre de la pensée idoine, l’enfance,
Premières récrés, marelles de craie ;
A dissoudre d’hier, les pénibles décrets,
Avions de l’entité, sans autre indulgence,

En de douteux grimages de stellionat,
D’improbables feintes de séducteur,
Troqué du destin, le conduit adducteur ;
S'en écroulent  les fiefs d’apadanas.


A supporter de l’autre, et sans la censurer,
La morale des pairs a terni du savoir,
Avant de l’embrumer, sans s'en apercevoir,
D’un suffocant nimbe, sans en emprésurer

La dive décoction… il en faudra, en ces mues,
Du temps pour voir naître l’embryon létal,
Ce fœtus aux traces incertaines, cet ovule
Bavé de l’intellect du censeur sous férule
D'un prude ; s'enorgueillit l'âme émue
Du scholiaste au génie sommital.

De l'ânonnement de la communale,
Au scientisme du pontifiant, ce loup ;
Du catéchuménat que les rites enclouent,
N’émanent_ je le crains !_ que banales

Resucées de scribes, fades allégories
De piteux doxographes dont la pensée
Civilise du style, en des tons nuancés,
Les propos soutenus d’hellénistes marris

De n’avoir su rompre de l’emphase,
Le déclamatoire, ce ruban de sophisme
Dont se pare l'Aristarque au tropisme
Simplet, sans bagage, car ruiné à sa base,


Déçu de la faconde du pitre d'hypokhâgne,
En lettré de Sorbonne, ce diafoirus
Inculte se prenant pour un docte_minus
Dont la harangue érige en cocagne,

Édits anathématisées, tronquées,
Grugées ; le sage en tacle l’idéogramme ;
Ce qui me pousse à dire, embaumé de dictame : _
Revenons-nous de tout ? Ces formules truquées,
Sont-elles pour nous plaire, pour masquer
De l’estive au pestilent ruclon, le profil agame ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 14 août 2020

QUI POSUIT EX NATURA MATRIS OCULO ?


QUI POSUIT EX NATURA MATRIS OCULO ?*
Qui a crevé l’œil de dame nature ?



Vois les volutes au point de l’horizon,
Les fugaces brouillards, la brume,
Les étoiles que chaque nuit bitume,
Les décans au faîte des saisons !...

La mer déroulée, s'est ici, noyée
Dans l’abysse emmuré de coraux ;
S’aplatissent les vagues en fourreaux ;
Sombrent les thallophytes broyées

Du courant plissant de l’estuaire
La cuvette de l’onde en décadence…
Plus de terre sous la pulvérulence
Du rengorgement ; meurent fières,

Les marées étarquées de l’esquif ;
Il s’en vient naviguer sans buter,
Où les tropiques, du crachin bluté,
Éparpillent des eaux, l’écume de récif.

A-t-on des pâles nuits, aspiré par remords,
Solsticiales, boréales défaites à jamais ?
Peut-on de la sorgue, encor animer
Du luminaire, le fougueux trémor,

Ce magma ? Il dévie, et sans mal,
Des minutes pérennes, des secondes
Diluées de plommées rubicondes
Perçant de l’âme, la fougue animale...

Aux tombes chaulées de nos cités,
La mort, en frasques d’apparat, balaie
D’un revers, l’inflexible remblai
Dont se pare l’être, pour du droit de citer,

Piéger en d’ordaliques chartes,
Sous férule d’ascètes, les zélateurs
De magistère, ces tastes amateurs
D’uvales potions ; ils écartent

Du réel, le sujet crédule, pour acter,
Conscients de la quémande, la foi
Habitée de La Grâce, quand le froid
Enroue l’affect d'accords préemptés.

Fait-on injure au Dieu Tout-puissant ?
Qui a dénaturé l'Eden, donné à Babylone
L'enkystée, d’imposantes colonnes ?
Pourquoi vouloir piétiner... au sang,

Son semblable, ce miroir de chair ?
De la couleur de peau, naît-il des géants
Riches du savoir ? Blancs rivés au néant,
Noirs refoulés du Ciel, qui, très chers,

Peut prétendre qu’il en sera ainsi ? Sont-ce
Des pensées moisies que Christ, mon Roi,
Prisera substance ? Que nenni !!! Le désarroi
Est un fief mutant, et que poncent

Les lois vitriolées du Vatican trompeur,
Ce mouroir où le pape fait courbette
En suppôt de Satan… déparé de sa brette
D'infernal substrat formolé de stupeur,

Boira de l'adepte repu de catéchisme,
L’irascible venin… la nature éborgnée
Épiera vent debout, l’innocent saigné,
Cœur brisé, foulé du syncrétisme

Aux visqueux entrelacs...tarentelle
Au parvis d’églises ointes de décorum :
Chapelles mortes ennoblies de Rome,
Éclairée de cierges du sacramentel.  

Qui a blessé la nature en peine ?
Ce cyclope défait de son armure ?
Père, détruis ces fats sans culture,
Grotesques silènes à l’auguste bedaine !

Noir ou blanc, l’homme devra payer,
Sans quitus de retour, ses fièvres exogènes…
Au reflet de mon profil nègre, et sans gène,
L’Amour du Seigneur s'y vient déployer...

Mes ailes d'enfant cuivré me vont bien !
Je suis heureux, en Élu de L’Agneau
Dont La Croix grave sous la peau,
Le Sacrifice du bonheur sans liens.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 12 août 2020

SOLVE METUS ;*


SOLVE METUS ;*
N’aie craintes aucunes !


Ne t’en fais pas fillette, il faut savoir sourire
Aux années qui s’effeuillent, au printemps
Qui s’étire… bousculé par l’autan ;
Ici, l’amour se gausse du malheur à venir !

Garde-toi aux heures fugaces, aux saisons
Dont la terre écale les cycles, où les ides
Traversent du miroir écaillé, les rides
Grimaçant aux portes des maisons !

N’oublie jamais fillette, les premières blessures !
Elles te font connaître la violence des hommes,
Enjôlent tes rêves, tes songes économes,
Aux nuits épandues, quand l’envie te ceinture.


Ne fais jamais chagrin aux amants de passage !
Ces noceurs affligés du vil sybaritisme,
N’en valent pas la peine… du fol hédonisme,
Naissent des promesses peu sages

Dont l’infante insupporte l’engagement premier ;
Il te faut retenir ! Il est des jours de pluies,
Des matins d’orage qui, en gorge de puits,
Aspirent de l’enfance, et pour l’humilier,

L’éphémère jeunesse, la précaire jouvence ;
De la nubilité percent des dissonances folles
Sarclées d’incohérences, et que souvent raffole
Cet antagonisme balayant l’innocence.


Ne serre pas, nymphette, de poings vengeurs
Sur la haine dressée en offertoire ! L’acrimonie
Enfielle le tendron boudé d’enharmonie ;
Ses notes se délacent d'accords majeurs,

Et du beau clavecin, les touches se détellent,
Absorbent des symphonies, le motus,
Constantiam vocis équilibrant l’hiatus ;
La théorie en spolie la pratique d'un rappel

Qu'accentue fillette, l'ivresse de la soif
Du lendemain où tout n’est que musique,
Cantilènes, eurythmies basiques ;
Là, de l’adolescence dessertie de coiffe,

La vie pose des ombres aux pas malhabiles,
En distord des besoins, l’immutabilité,
De la vertu, l’improbable virginité,
Celle que le poète vêt d’iambes labiles.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020