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lundi 22 juin 2020

PERTURBATIO LIGAT*


PERTURBATIO LIGAT*
Troublante lie


De l’histoire, éteignons les mensonges ;
Des sciences, le principe... faut de l’envie,
Résorber la lie, renaître à la vie,
Fuir le répulsif orgueil qui ronge !

Des bornes franchies, aux barrières,
Les gémonies ralentissent la marche
En ce mal fleuré des patriarches
Lavant nos vieux cœurs de pierre.

Caïnite sans âme, l’homme égrène
De l’espoir, la silhouette du mal
Sous le pont du monde animal
Tisonné de colère, de folie, de haine.

Sommes devenus de rites trompeurs,
Les rigaudons du sinistre théâtre
Où se joue sous les spires albâtres,
L’ultime acte enkysté de torpeur.

Quand je pourrai annihiler du double,
La crête cossue, en des joutes banales,
Le sénescent profil, l’ombre bancale
Purgée du nanan au liquoreux trouble,

En pauvre néophyte salué du naïf,
Ce lâche niquedouille aux portes
D’un futur sans sève, et qu’emportent
Les vents consomptifs écrasés au récif

J’irai taire les mots de l’homo erectus  
Échoué sur la rive de ce cimetière
Aux gestalts oblongues, altières,  
En l’écho d’un fastueux angélus.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 21 juin 2020

CONVERTI ?


CONVERTI ?
Reviens-moi !
                                                    Aux heures trépassées…

Reviens-moi en l’été manifeste !
Apporte-moi l’enfance contrite,
L’adolescence meurtrie, funeste,
Les brimades pourtant illicites,

Que j’aie de l’assurance quant à
Mon devenir ! Je veux dès l’aube,
Ensevelir le temps qui me hanta
Aux premières mâtines, qu’englobe

La colère de fuyants concepteurs
Profanant l’existence, pour placer
Au faîte de l’orgueil adducteur,
Un conduit lentement délacé.


Reviens-moi, mon passé dépassé,
Ma triste anamnèse, mon oubli !
J’ai peur d’avoir compris, lassé,
La cruauté des hommes ; affaibli,

J’avance à reculons, le cœur noué,
L’âme au bord de l’abîme, blessée
De part en part, ne pouvant louer
Comme elle le devrait, oppressée,

Le Divin Rédempteur, mon Dieu ;
Écorché par les ronces moqueuses,
Mon derme fuit des baisers odieux,
Le moite enjôlement de pieuses

Ou prétendues telles, ces béguines
Coincées entre deux stalles, chattes
D’insanes laudes où déclinent
Les vêpres, au vol de l’effarvatte.


Reviens-moi offensante complainte,
Blessante cantilène ! Ne suis plus,
Cravaché de dolentes plaintes,
A même d’allégir le subéreux surplus,

Le rustre bâti de l’inconfort tressé
De rebouteuses mailles de lamento…
Mes songes violacés ont peu à peu tracé
D’indélébiles pointes d’aggiornamento.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 20 juin 2020

SERO… MAYBE*


SERO… MAYBE*
Trop tard… peut-être.
                                                                                                                

Ne plus courir sur les grands boulevards,
Voir les dentelles des chattes bafouées,
Oublier des principes, la morale-buvard
Inspirer du respect, les règles sous huées.

Donner parfois raison aux fallacieux
Manigançant en de sombres impasses ;
Avaler du profil l’engobe chassieux,
Bouloché, et que les larmes tracent. 

Se laisser prendre aux tempêtes
Figées des flots ; y ondule la lame
Plissée au roulis de l'eau ; s’en émiettent
De baveuses giclées sous rames.


Louer les mots vidés de quintessence,
Épenthétique sève sur toile dressée,
Pléthore d’images feutrées d’indécence ;
Arc-boutant Rimbaud, Verlaine, blessés

Du derme effecteur, pour le démettre
De ses fonctions … pauvre littérature
Asexuée ; ne peut de l'idiome, permettre
D’en exclure les bourbeuses ratures !

En gérontes aigries, le vieux cénacle
D'héliastes du temps désordonné,
Scelle du style baudelairien, débâcle
Concentrée du rhéteur condamné

A errer, amputé de sophismes,
De métaphores grisée de chimères,
Glossolalie riche de syncrétisme,
Prélature ointe de dons éphémères.


Je vomis des fervents interdits,
L'hypocrisie aseptisée de vices
Liés à l’inconscient ; l’âme en affadit,
Le liquoreux, les poreux artifices

De l’animal sous ma peau métissée,
Au confort dont les vierges sifflaient
L’uvale embrocation du poil hérissé,
Imprégné d'insolences, l’habitacle enflé.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 18 juin 2020

LIBERO EU DOLOR*


LIBERO EU DOLOR*
Fuites


Aux ruelles sombres, sombrent l'amour,
La vie alimentée de rires, fêtes ;
Ai du raccourci, emprunté, est-ce bête(?)
L’infranchissable, au cœur du petit jour !

Le vent arrimé à nos pas incertains,
Éthérés... figés au nord de Bagatelle,
Caressait, toujours en ribambelle,
Les couvées voulant quitter matin.

Je te soufflais des mots inadéquats,
Minauderies dont parle l'éphèbe,
Ces chatteries pubères, sous glèbe,
Que piétine le juvénile narquois.

Je souffrais en l’été vieillissant,
De quitter le fronton de tes reins,
Disant que partir est un mal de marin,
Un venin dilué de veines rouge-sang.

Je me croyais au-dessus des peurs
Dont la moiteur accuse l'évidence ;
Nos yeux en quête d’indulgence,
Cernaient l’espoir violenté de pleurs.

A fuir de l’amour les principes,
Avons des blessures oint la béance ;
Faut renaître sans autre allégeance,
Tancer le mal auquel on s’agrippe !





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 17 juin 2020

AQUATILES AUTEM DRIFTS*


AQUATILES AUTEM DRIFTS*
Aquatiques dérives

Quand chavire la barque brimbalée
Aux tempêtes tonnant sur l’océan,
Se meurent au flot, en saignant,
L’âme, le cœur ici-bas empalés,

Demeure sur la rive, l’empreinte
De nos corps soudés au désordre
De rancunes voulant mordre
Au fruit de la lasciveté, et qu’éreintent

Les vents de la désespérance, crachins
De déferlantes ou cruelle saucée
De nappe prestement rehaussée
De la baille aux remugles fraîchins.


La plaine dégarnie, la berge piétinée
D’amants illusionnés, en ces transes,
Sont d’étroites sentes sous l’anse
Où les pêcheurs remaillent, obstinés,

Les filets accrochés aux nasses ;
Quand décline l’hélianthe fané,
Le soleil en poudroie le col buriné...
Les filles suivent les moites traces

Du galant maniéré… sa gentilhommière,
Ce nid de badinage, accueillant hôtel
Sis, pour qui délie dentelles,
En boudoir baigné de lumière.

Quand tangue sur l'eau le navire,
Oscille la bélandre, aux canaux,
Nos amours foulées de pics quinauds
Vacillent à l’orée d’envies à assouvir.


Je reviens empaler mon audace
Au centre de fiévreuses lies,
Au ciboire de possibles délits
A la balèvre d'une exquise Candace.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 15 juin 2020

MARE*


MARE*
La mer

La mer est un miroir où les ventées
Égarent leur profil, délaissent encor
Des cristaux, quand nage l’albacore,
Ce germon, reste de fretin éventé.

C’est un boulevard, aquatique baille,
Coraline étendue de fiers nourrains
Dont la fraie alimente sirènes et marins
Aux lames gondolées, lorsque bâillent

Les flots de l’océan, ce fief azuré
Empli à ras de spumescentes
Perles sodiques, rides flottantes,
Pulsations d’intrépides marées.

C'est un jardin où poussent de concert,
Minérales géloses, animales blanchailles
Dérivant de vagues et qu’entaille
L'algue dessertie de l’ajour d'insert.    


C’est la nappe du lointain Miquelon,
Maritime asphalte pour bateaux
En l’estuaire crénelé en râteau,
Navires, conques, épiés du vallon.

C'est un silence posé à flanc de côte ;
Ceux qui la prennent, subissent
Algarade, tumulte, qu’affaiblissent
Les vents taillés de l’aliquote.

Elle prend en otage mes rêves fardés,
En enserre le mucus volontaire ;
Éveille parfois les comas réfractaires
Dont j’aspire cuvée avant de musarder.


La mer m’a fait naître cendre et feu,
En l'espace où s’éteignent les mots ;
Ma plume les ravive des cycles hiémaux,
Libérant de la rime, le phonème suiffeux.    



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 14 juin 2020

MIROR*


MIROR*
Émerveillement


Ultimes pluies, dernières ventées ;
Le soleil agonise au ventre du lac ;
S'y éveillent flore et faune hébétées,
Grisées d’embruns de sodiques plaques.

Aux prés, paissent les daines alourdies
De fruits ; y rampent les orvets repus
De poussières, des fourmis assourdies
De l’écho des savanes au silence rompu.


S’ouvrent les printanières roses ;
Leurs épines rehaussent la superbe
De collerettes à peine écloses,
Et qu’arrose la nue chue sur l'herbe.

Le soleil point de son sommeil,
Vidé de rais désaccordés
Dont l’oisillon, en l’aube vermeille,
Inhale du matin, la moiteur émondée.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020