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jeudi 9 janvier 2020

VIX EIS*


VIX EIS*
Ourlet de cicatrices

Il évoquait ton nom, décrivait tes humeurs,
Tes rengaines… puis, à sa dernière heure,
Confessait sans sourire, cette étrange pâleur
Dont la peau absorbait l'insipide fadeur.

De la lente agonie, aux virtuelles sensations,
S'éteignaient peu à peu, les mornes pulsions ;
Peuplé de folles rondes, de récréations,
Son cœur, du passé, déliait les passions.


Il se souvînt, qu'assise dans l'herbe folle,
Tu nouais des bouquets l'étrange auréole_
Parhélie, brefs éclats, reflets de lucioles:
Enchanteresses spires posées en alvéoles.

Je souffrais en silence de vos conciliabules,
Votre complicité, quand, au soir, déambulent
Les mots donnant ton aux clausules
Enchâssées aux rimes sevrées de préambule.


Sur ta peau de lascive amante, d'égérie,
Nagent en des matins cuivrés, les tons de féerie,
Harmonieux pigments dont le vieil ahuri
Absorbe sans retenue, la fantasmagorie.

Je voudrais en l'absence de vos désirs fanés,
Retoucher des rides, les cicatricules_ tanner
Du licol en ce harnachement, et sans le profaner,
Le pastel ; le rehausser d'un lavis buriné.


                                  Hélas! 


Sous l'arceau de tes jambes, s'allument
Les feux du plaisir que nos rêves assument,
Les vêtant d'ascétisme… à l'aube, ils enfument
De nos soifs, la pépie encloîtrée d'amertume.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 8 janvier 2020

LUBINS FUERIS EXPLETAS*

LUBINS FUERIS EXPLETAS*
Insatiables Lubin(s)

Offrez-leur des avions, appontez des bateaux !
Qu'ils aient emplies de victuailles, navires,
Aérodynes, et autres charters… aussitôt,
Qu'ils embarqueront, et si les vents chavirent,


Renieront des flots comme des airs_ constants,
Cette Divine Grâce, Ce Vrai Don du Ciel !
Regardez-les se repaître de stupre, s'accotant,
Alourdis de ripaille, d'opium, d'artificiel !

Ils torturent la couche où leur profil grimé
S'arc-boute, se froisse, aux apathiques lunes ;
N'ont, en ces dévoiements de reîtres désarmés,
D'attentes possibles… dolente infortune !


Quand fondent en reptation, les vipères_
Cérastes d'outre-lieu, troquent sans attritions,
L'anatomie de l'ego ventru ; puis, du repaire
Blindant les fous, font montre de contrition,

Solennisent l'ivresse du noceur, l'alacrité
D'amants grisés d'éthylique brandevin,
Empuantis de bistouille, de schnick éventés ;
Ils rivent à la haine, roidis en taste-vin,

La trame de la déconvenue… ils sont mous,
Larvaires, misérables… n'ont de la vie,
En de piètres mesures, ni frissons, ni remous ;
Étranglés, s'asphyxient au cœur du long parvis

Maculé du sang de dévotes empreintes ;
Ils tournent de l'œil, aux fugaces matines ;
Un cureton hardi, lesté de mille plaintes,
S'avance, et, d'onction_ patiemment, tartine

Ces olibrius, ces rigaudons de cour ;
Les voilà fin prêt… leur doublure de loup
Échauffe de la dégaine, en ce labile parcours,
Le miteux bâti_ miséreuse poche qu'enclouent

Les rides du corps étiolé, molle exuvie
De gamètes en chue… pauvres hères !
Vous aurez beau dire: _ rythmez de votre vie,
La cadence certaine ! De fiel, de propos délétères,

Ennuageront l'ordalie informelle, brouilleront
Des ondes, l'abstraite péréquation… infatués,
En un fin délayage, cosmétiqueront
L'expressive sémiotique… avant de la huer.

Laissez-les avancer aux portes du Shéol ! Seuls,
Affranchis des lois souveraines, unifiés
En l'étrange, ils pourront s'ajuster au linceul
Drapant d'inconfort le vice magnifié.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 7 janvier 2020

NE EA VIVET ?*


                                  

                      NE EA VIVET ?*
              Laissez-les vivre !

Ils restent nos amours: père et mère
Rescapés d’une guerre sans armes ;
La souffrance et la mort embaumèrent
Jadis, le flot clair de leurs larmes.

Laissez-les simplement implorer du Ciel,
Les réelles Promesses du Sauveur Éternel !
L’existence, ce leurre fade, artificiel
Est un salmigondis de haine, de fiel.

J’aime de leur regard, la beauté de l’instant
Où poussent des yeux, de sublimes fontaines
Coulant en abondance à l’aube d’un printemps
Dont ils aspirent encor le flux galactogène.


Dans un parc dénudé, un jardin frissonnant,
Délacent l’écheveau de tristes souvenirs,
La folie du cosmos évidé du nanan
De leurs jeunes années… qui s'en peut prémunir ?

Mon cœur garde empreinte de leurs caresses,
Affection de mère-grand, estime de grand-père ;
Où êtes-vous ? L’absence ici, m’oppresse…
Je vis loin des cités, éventré de repaires

Habile prosimien, je vaque de liane, en liane,
En quête de branches… j'émiette parfois,
Pour en faire brindilles, noduleux organes
De stolons gélifiés des grands froids.


La vieillesse vient cogner à mon corps orphelin,
A ma peau métissée de poète sans muse…
Trouverai-je en l’iris, le pigment opalin
De l’ultime compagne… sans finesse, ni ruses ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

AETERNUM VALE !*


AETERNUM VALE !*
Adieu pour l’éternité !

Mes yeux voient l'espoir agoniser,
Attisé peu à peu, sous le feu de la peau...
Je bondis ahuri au salut du drapeau
Dont on vêt quelquefois le reître médusé ;

Ils tangue du malaise l’amputant ;
Louvoie, avant d'être immolé
Au bûcher du supplice, s'il arde le mutant
Prisonnier volontaire d'atroces barbelés.

Lacéré, le frusquin puni du podestat,
En scombridé, baigne dans l’opulence ;
Pour lui, le sang des manigances
Agrée de l'impétrant, les brigues de l'état ;


En guaglione, il rythme du bel canto,
Les frasques du servant soumis
Aux suffisances de ministres-amis ;
Il berne, sans aggiornamento,

Le plébéien, ce vieux soudard séduit
Par la prébende... jamais, n'en jouiront,
Les futurs spectres du caveau, enduits
De solitude ; en silence, ils mourront…

Pas de fleur au fusil pour le vaillant héros !
Juste l’horrible épitaphe d’un mausolée
Sur lequel pissent les chiens...  désolé !
La rime vaut-elle moins que zéro ?

Regardez l'homme enfumer la Cosette !
Jean Valjean tuera t-il Madeleine ?
Qui sont ces ventripotents silènes,
Ces récipiendaires arborant la rosette ?


Fiers, ils séduisent sagement l’élisant,
Le naïf électeur délivré de sa cage ;
Il place sur le trône, un faux sage
Lesté d'importuns et factices présents.

Adieu pour l’éternité, braves gens aliénés !
Ignorez les promesses faites aux méprisés !
Le pétun qu'au matin vous prisez,
Est un vil accessoire, un projet mort-né

Dont vous récolterez l’horrible vilenie…
Absents, désarmés, éventrés, démunis !!!


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020




mercredi 1 janvier 2020

2020... ET APRES ?

                                             
               2020... ET APRES ?

UNE NOUVELLE ANNÉE, UN TEMPS EN DEVENIR
DONT LES HEURES PLAINTIVES ACCENTUENT
LES PROMESSES D'UN POSSIBLE AVENIR
EN TOUT CE QUI NOUS HANTE, PEU A PEU... NOUS TUE.



                  Bonne année 2020

mardi 24 décembre 2019

TURRIS EBURNEA*

TURRIS EBURNEA*
Tour d'ivoire
                                                                                     Sanctuaire de pédérastes

Votre tour d'ivoire, messieurs les prélats,
En un jour fini, sera dévastée ; il y aura des hommes,
Des femmes, des âmes; il y aura sûrement, là,
Des vieux en haillons asservis à Rome,
Des enfants blessés… regardez, et voyez comme
Vos mensonges sont mis à plat… oui, à plat !

Votre tour d'ivoire, votre pal de gloire, bientôt,
Sombrera; dogmes et schismes, en cette défaite,
Seront émiettés ;  il vous en coûtera ! Pris en l'étau,
Vos adeptes séduits, en des jours de fête,

Salueront sous la nef où traînent serves,
Et nonces bornés, les doctes, les savants ;
Il vous est possible, acolytes, en cette réserve,
De vous esbaudir… fera beau, au soleil levant,

C'est à n'y pas croire, comme au ciel d'avril…
Lors, la honte se fera réceptacle, éphémère abri
Piégeant du profane, le chyle, la bile fébrile,
Et du contempteur, miasmes et débris…


Votre tour d'ivoire: cathédrale, basilique,
De cardinaux fautifs, encagera des lunes
Haut perchées, du bâti, de l'épaisse relique,
Majestueux retable ex-voto de fortune

Du Vatican serti de lourds blasphèmes,
Prêches alambiqués, encycliques trompeurs…
La curie romaine lasse de ces anathèmes,
S'y viendra noyer d'eau bénite_ peur

Au ventre, yeux exorbités, cœur à vide ;
Les chaisières coincées de vos messes vêprées,
Feront génuflexion, le corps, l'esprit, livides,
Mutilées par le glaive enfoncé de trop près.


Votre tour d'ivoire sur laquelle pissent, la nuit,
De vieux vautours en quête d'apocryphes,
Ne sera plus que ruines, gravats, en ce puits
Maculé de braille, de sombres hiéroglyphes.

De vos eaux croupies, pointeront des formes
Semblables aux démons de votre catéchisme,
Aux incubes fourchus et qui ne jamais dorment,
Occupés à hanter du désir, le sybaritisme.  

Votre tour fardée de prétentions,
S'en viendra, au centre de la sorgue,
Buter sur l'épaisse courtine de bastions
Du parvis de cette noire morgue.

Cette morgue, cet hypogée, est la silhouette
Arc-boutée de l'orgueil, du pape de l'enfer:
Outrecuidant vautour_ céans, replète
Fatuité de votre gloriole… rien ne l'en peut défaire !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

vendredi 20 décembre 2019

PRINCIPEM DELECTANTQUE*


PRINCIPEM DELECTANTQUE*
Le prince charmant


Il vieillit devant l'âtre de décembre,
Agonise lentement en l’hiver, désarmé ;
Son cœur impénitent de pierre d’ambre_
Se déversait alors, en larmes périmées.

Séducteur de rosières blessées, d'amantes
Mouchoir au bord des lèvres, brisées d’incertitudes,
Il s'agrippait au pal de la déliquescence ; l’attente
Pour seul témoin… triste décrépitude ! 


Où est la vierge outrée, la pucelle
Accusant l’indécence ? dévoile t-elle de l’âme,
L'aveu contraire aux préceptes cruels,
S'il sophistique l’affect, et sublime la dame ?


Hier, il charmait l’altière odalisque,
Défroissait ses dentelles de sultane stressée,
Aveuglait la perverse sevrée de ces trochisques
Oignant d’embrocations son assaki blessé, 


Tombé du palefroi malade, chu, avant même
De longer l’estuaire pubien d’ingénues,
Dont il domptait de la gorge trop blême,
Gonflée d’excitation, le galbe de chair nu

Dont le corps en errance, trop plein
De frénésie faisait fuir du sang mort,
L'adultisme arc-bouté de ses reins
Ses hanches au roulement sonore,

Et qu'enivrent le vieux prince en disgrâce ;
Il ripe du remords salutaire, du regret,
Sous les plissures de l’impavide face
Du bretteur épié... peut-être de trop près. 





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019