LUBINS
FUERIS EXPLETAS*
Insatiables Lubin(s)
Offrez-leur des avions, appontez des bateaux !
Qu'ils aient emplies de victuailles, navires,
Aérodynes, et autres charters… aussitôt,
Qu'ils embarqueront, et si les vents chavirent,
Renieront des flots comme des airs_ constants,
Cette Divine Grâce, Ce Vrai Don du Ciel !
Regardez-les se repaître de stupre, s'accotant,
Alourdis de ripaille, d'opium, d'artificiel !
Ils torturent la couche où leur profil grimé
S'arc-boute, se froisse, aux apathiques lunes ;
N'ont, en ces dévoiements de reîtres désarmés,
D'attentes possibles… dolente infortune !
Quand fondent en reptation, les vipères_
Cérastes d'outre-lieu, troquent sans attritions,
L'anatomie de l'ego ventru ; puis, du repaire
Blindant les fous, font montre de contrition,
Solennisent l'ivresse du noceur, l'alacrité
D'amants grisés d'éthylique brandevin,
Empuantis de bistouille, de schnick éventés ;
Ils rivent à la haine, roidis en taste-vin,
La trame de la déconvenue… ils sont mous,
Larvaires, misérables… n'ont de la vie,
En de piètres mesures, ni frissons, ni remous ;
Étranglés, s'asphyxient au cœur du long parvis
Maculé du sang de dévotes empreintes ;
Ils tournent de l'œil, aux fugaces matines ;
Un cureton hardi, lesté de mille plaintes,
S'avance, et, d'onction_ patiemment, tartine
Ces olibrius, ces rigaudons de cour ;
Les voilà fin prêt… leur doublure de loup
Échauffe de la dégaine, en ce labile parcours,
Le miteux bâti_ miséreuse poche qu'enclouent
Les rides du corps étiolé, molle exuvie
De gamètes en chue… pauvres hères !
Vous aurez beau dire: _ rythmez de votre vie,
La cadence certaine ! De fiel, de propos délétères,
Ennuageront l'ordalie informelle, brouilleront
Des ondes, l'abstraite péréquation… infatués,
En un fin délayage, cosmétiqueront
L'expressive sémiotique… avant de la huer.
Laissez-les avancer aux portes du Shéol ! Seuls,
Affranchis des lois souveraines, unifiés
En l'étrange, ils pourront s'ajuster au linceul
Drapant d'inconfort le vice magnifié.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

