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mardi 7 janvier 2020

NE EA VIVET ?*


                                  

                      NE EA VIVET ?*
              Laissez-les vivre !

Ils restent nos amours: père et mère
Rescapés d’une guerre sans armes ;
La souffrance et la mort embaumèrent
Jadis, le flot clair de leurs larmes.

Laissez-les simplement implorer du Ciel,
Les réelles Promesses du Sauveur Éternel !
L’existence, ce leurre fade, artificiel
Est un salmigondis de haine, de fiel.

J’aime de leur regard, la beauté de l’instant
Où poussent des yeux, de sublimes fontaines
Coulant en abondance à l’aube d’un printemps
Dont ils aspirent encor le flux galactogène.


Dans un parc dénudé, un jardin frissonnant,
Délacent l’écheveau de tristes souvenirs,
La folie du cosmos évidé du nanan
De leurs jeunes années… qui s'en peut prémunir ?

Mon cœur garde empreinte de leurs caresses,
Affection de mère-grand, estime de grand-père ;
Où êtes-vous ? L’absence ici, m’oppresse…
Je vis loin des cités, éventré de repaires

Habile prosimien, je vaque de liane, en liane,
En quête de branches… j'émiette parfois,
Pour en faire brindilles, noduleux organes
De stolons gélifiés des grands froids.


La vieillesse vient cogner à mon corps orphelin,
A ma peau métissée de poète sans muse…
Trouverai-je en l’iris, le pigment opalin
De l’ultime compagne… sans finesse, ni ruses ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020