AETERNUM VALE !*
Adieu pour
l’éternité !
Mes yeux voient l'espoir agoniser,
Attisé peu à peu, sous le feu de la peau...
Je bondis ahuri au salut du drapeau
Dont on vêt quelquefois le reître médusé ;
Ils tangue du malaise l’amputant ;
Louvoie, avant d'être immolé
Au bûcher du supplice, s'il arde le mutant
Prisonnier volontaire d'atroces barbelés.
Lacéré, le frusquin puni du podestat,
En scombridé, baigne dans l’opulence ;
Pour lui, le sang des manigances
Agrée de l'impétrant, les brigues de l'état ;
En guaglione, il rythme du bel canto,
Les frasques du servant soumis
Aux suffisances de ministres-amis ;
Il berne, sans aggiornamento,
Le plébéien, ce vieux soudard séduit
Par la prébende... jamais, n'en jouiront,
Les futurs spectres du caveau, enduits
De solitude ; en silence, ils mourront…
Pas de fleur au fusil pour le vaillant héros !
Juste l’horrible épitaphe d’un mausolée
Sur lequel pissent les chiens... désolé !
La rime vaut-elle moins que zéro ?
Regardez l'homme enfumer la Cosette !
Jean Valjean tuera t-il Madeleine ?
Qui sont ces ventripotents silènes,
Ces récipiendaires arborant la rosette ?
Fiers, ils séduisent sagement l’élisant,
Le naïf électeur délivré de sa cage ;
Il place sur le trône, un faux sage
Lesté d'importuns et factices présents.
Adieu pour l’éternité, braves gens aliénés !
Ignorez les promesses faites aux méprisés !
Le pétun qu'au matin vous prisez,
Est un vil accessoire, un projet mort-né
Dont vous récolterez l’horrible vilenie…
Absents, désarmés, éventrés, démunis !!!
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020



