DRIFTS CAPTIONEM*
Le piège des dérives
Je suis de nulle-part, mes fièvres sont d’ailleurs ;
J’escalade les ruches d’éphémères abeilles
Butinant de mon nard_ moi, de leurs fleurs,
Les sucs de convenance à l'arôme vermeil.
Piégé du ressac de l’onde sans tumulte ;
Vidé de turgescence, las, je m’époumone
Hurlant à la lune, tel celui dont le culte
Affadit de sa foi les rites monotones.
Je croyais miennes, les lubies attractives,
Des filles nues de mes primes audaces
Elles ont du patois aux saveurs olfactives,
Agressé le tissu… que faut-il que j’y fasse ?
Hors des routes, j’atteins du noir intense,
La laideur du plaisir piégé de déraison ;
Devrais-je jouir du mal en sa paissance,
Paver son deuil, d’étranges oraisons ?
J’ai fait le tour des terres sans enclaves,
Ces pôles désorbités du sordide cosmos ;
La chienne, en l’aube, s’y étire, puis bave
Une putride lie, quand son corps se désosse.
Me voilà sur la mer au milieu de corsaires,
De pirates meurtris d'inutiles rumeurs ;
Ils se veulent estourbir sous l’estuaire
Où la lame s'éveille, se déchaîne... et meurt.
Dans un square,en décembre, sur un banc,
Deux profils simiesques, meurtris de solitude,
M’interpellent… j’avance sous les flocons blancs
D'une neige drapant les chemins rudes,
Pour ne plus revenir au seuil de ces matins
Assombris de jours gris, de cycles incertains.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020


